JUNGLE GIRL, C'EST CHO COMME LA BRAISE

L'autre soir, j'ai écouté un des récents podcasts diffusés sur le site Comicsblog. J'aime beaucoup ces émissions, je vous les recommande chaudement. Le sujet était le sexe dans les comic-books, sa représentation, l'hyper sexualisation des personnages, notamment les femmes. C'est vrai que c'est un problème apparent, car dans l'esprit de nombre d'ignorants de la chose super héroïque, nos lectures sont aussi celles de geeks frustrés qui passent leurs soirées à reluquer de grosses poitrines emballées dans des tenues latex. Certes, le physique de ces dames, chez Marvel et compagnie, est loin d'être désagréable, et on se demande où est l'avantage de participer à des combats corps à corps ou à voler dans l'espace avec deux énormes atouts mammaires en guise de balises. Mais ce n'est pas que ça, très loin de là. La richesse de nos Bd favorites est inépuisable. Et puis votre petite amie qui ne vous croit pas arrive, elle vous met sous le nez un album choisi au hasard, et là, paf, bonne pioche, elle sort Jungle Girl de Frank Cho et Doug Murray, et vous commencez à bredouiller...

Je ne l'avais jamais lu, et je me suis finalement résolu à le faire car on me l'a prêté en m'incitant à m'y plonger. Oui, certes. En gros, un avion s'écrase dans une sorte de contrée reculée, qui est restée à l'ère préhistorique (un peu comme la Terre Sauvage de Marvel), sans aucune attention particulière à la réalité géologique (les gros dinosaures, les guerriers de l'âge de pierre, tout ça se confond dans un joyeux bordel). Les passagers sont sains et sauf, mais ils ne feront pas de vieux os en territoire hostile. Sauf qu'une créature époustouflante va veiller sur eux. Une belle plante absolument canon, aux courbes généreuses et incendiaires. Frank Cho et Doug Murray ne s'embarrassent pas du scénario. Il n'y en a pas, ou plutôt si, un très mince synopsis, qui est un prétexte aux contorsions de leur créature, vu de dessous, de dessus, de coté, étirée, accroupie, etc... On peut la mater sous toutes les coutures, pendant que ceux qu'elle a sauvé se déchirent, pendant que des tribus sauvages passent à l'attaque... Mais rien n'a d'importance, hormis le trait souple et abondant d'Adriano Batista, qui malgré une mise en couleurs et un traitement digital souvent irritant, reste quand même de haute volée. Cho et Batista, c'est un hommage à la chair, à la volupté, engoncé dans un string et un soutien gorge minimaliste. Mais ça donne aussi raison aux détracteurs, du coup. Pourquoi acheter un truc comme Jungle Girl? Pour s'en mettre plein les yeux, avec une héroïne de papier? Pour lire du comic-book Marc Dorcel, version édulcorée, tout dans la suggestion? C'est beau, plastiquement élégant, mais creux, si creux, très creux, qu'on ne voit pas le fond de cette grossière imitation de Shanna la Diablesse...

Rating : OOOOO


Jungle Girl est publié en Vf aux éditions Milady

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Lorsque la fin de toute chose approche, vient également le moment de se retourner sur le passé, d'examiner ce qui a été, de reconsidérer...