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BLACK HAMMER TOME 2 : L'INCIDENT

(FAST REVIEW VF)
BLACK HAMMER TOME 2 L'INCIDENT
(Urban Comics, 184 pages, 17,50 euros
Juste pour vous rafraîchir la mémoire. Nous avions tout bonnement élu le premier tome album de l'année, en 2017. Voilà, c'est fait.
Black Hammer est déjà de retour, et il est indiscutable que nous avons craqué pour ce titre. Alors certes, la suite baisse d'un cran, désormais que les enjeux sont installés, établis, mais l'ensemble reste fort pertinent, avec de continuels clins d'oeil à l'univers Dc Comics (parfois aussi à Marvel), et une famille bigarrée et dysfonctionnelle comme couverture, pour un groupe de héros perdus et "prisonniers" d'une ville étrange et presque carcérale.
Abraham Slam est les siens ont vaincu l'Anti Dieu, mais en retour, ils sont condamnés à une existence aussi monotone qu'inexpliquable, dans un village inconnu, probablement sur un autre plan d'existence. Aucun moyen de s'enfuir, et la seule vraie tentative s'est soldée par un drame, puisque Black Hammer, un des leurs, s'est retrouvée foudroyé et décomposé en tentant d'outrepasser la barrière invisible qui les sépare du reste du monde. Pour autant, bien des années plus tard, Lucy Weber, la fille de la victime, à la recherche du paternel, parvient à pénétrer dans l'univers des rescapés, où elle ne peut fournir aucune indication sur ce qui s'est produit, car elle se fait rapidement et subrepticement laver le cerveau! Les trahisons se succèdent, avec aussi le Colonel Weird, qui est contraint de mettre hors d'état de nuire le robot Walkie-Talkie, malgré une relation fort complice entre ces deux-là... Lucy cependant persiste à mener l'enquête, et ce qu'elle apprend peu à peu donne froid dans le dos. le spectacle d'une ville factice, d'un théâtre de marionnettes, où chacun ne fait que vivre un simulacre...
Bref, Jeff Lemire reste égal à lui-même. avec une galerie de personnages tous excellemment brossés, pris au piège de leurs failles, des attentes trompés, e t des rêves avortés. le trait "indie" et faussement simpliste de Dean Ormston donne vie avec conviction à ce qui est un vrai univers narratif nouveau et plein d'un potentiel incroyable. Attendez-vous, dans les prochains tomes, à explorer d'avantage certains héros, et leurs amis/ennemis. On attend cela avec impatience, Black Hammer est délicieux. 



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BLACK HAMMER TOME 1 : LES SUPER-HEROS BUCOLIQUES DE JEFF LEMIRE

Conséquences au combien méritées d'un talent et d'une prolixité remarquables, Jeff Lemire est actuellement partout. Chez Marvel Comics, chez DC Comics, chez Image... et désormais chez Dark Horse, avec une nouvelle série qui débarque enfin en France. Il s'agit de Black Hammer, qui met en scène un groupe de personnages à super-pouvoirs, qui a dû prendre par la force des choses une retraite de toutes activités héroïques il y a une dizaine d'années de cela. Depuis ils vivent tous ensemble dans une ferme, dans un patelin paumé des États-Unis. Il est évident que ces personnages sont tous plus ou moins des caricatures de héros que nous connaissons bien... nous trouvons ainsi un avatar de Superman, une sorte de Martian Manhunter -croisé avec une version loquace et triste de Groot- ou encore un pseudo Adam Strange et une version de Madame Xanadu et de Mary Marvel. Mais finalement les pouvoirs de ces types là, ce qu'ils savent faire, ce qu'ils ont fait, tout cela n'est pas si important; d'ailleurs Lemire ne prend pas le temps, au départ, de nous expliquer pourquoi ils en sont là, pour quelle raison ils ont dû décrocher (une dernière bataille contre l'Anti-Dieu, mais fournie sans mode d'emploi). Il se contente en introduction de nous montrer comment réagissent toutes les individualités, face à une sorte de réclusion bucolique, une vie hors du temps et de la société, passée à traire les vaches où aller boire un café au bar miteux de la ville voisine. Certains le vivent très bien et finalement c'est pour eux une bénédiction, surtout pour le "chef" Abraham Slam (le seul à ne pas avoir de vrais pouvoirs)... les autres par contre ont bien du mal à gérer tout cela, comme par exemple la petite Gail qui se retrouve enfermée dans le corps d'une fillette de 9 ans (là aussi nous n'avons pas les explications immédiatement) et qui n'apprécie pas du tout le nouveau statu quo. Bref c'est du Jeff Lemire, un monde super-héroïque est créé de toutes pièces devant nous, mais le plus important c'est le caractère humain, l'attachement viscéral et honnête aux qualités et défauts des uns et des autres, aux forces, aux attentes et aux rêves, qui permet au lecteur de se plonger dans ce Black Hammer. D'ailleurs certains épisodes s'arrêtent particulièrement sur la destinée, les origines, la personnalité d'un des membres de cette équipe, et ça en est touchant, brillant.


L'hommage au golden age est appuyé, et le contraste est fort entre les super-pouvoirs au repos forcé, et la banalité d'une existence qui ne contemple plus l'extraordinaire, quitte a devoir parfois (et ça en devient hilarant) feindre d'être une famille normale pour ne pas dérouter les visiteurs de passage, lorsque Abraham invite sa dulcinée pour un diner de famille mouvementé. Certes j'adore Jeff Lemire, donc il est possible que je ne sois pas la personne la plus objective du monde, mais nous tenons là une nouvelle série particulièrement sensible et agréable à lire, qui parvient avec ce premier tome à emporter l'adhésion, parce que les personnages sont amenés avec grâce et naturel, et qu'ils possèdent une vraie profondeur mélancolique, voire tragique. Le dessin est confié à Dean Ormston, son trait volontairement caricatural et sale colle bien avec l'ambiance poisseuse du petit village de campagne. Ce spécialiste du label Vertigo a toutefois tenté avec succès de standardiser un poil son style, tout en gardant une empreinte personnelle forte. Parfois certaines scènes nous ramènent à l'époque où ces héros étaient actifs, dans un pur esprit Golden Age qui ajoute encore à la saveur de l'ensemble. Lemire avait ce projet dans ses cartons depuis la grande époque de Essex County (son grand chef d'oeuvre) et il attendait le moment opportun où il pourrait développer cette histoire qui est l'héritière de son amour pour le genre, mais infusée à sa sauce. Une sacrée cuisine, régalez-vous!



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BLACK HAMMER : NOUVELLE SERIE POUR JEFF LEMIRE CHEZ DARK HORSE

Conséquences au combien méritées d'un talent et d'une prolixité remarquables, Jeff Lemire est actuellement partout. Chez Marvel Comics, chez DC Comics, chez Image... et désormais chez Dark Horse, avec une nouvelle série qui vient de voir le jour. Il s'agit de Black Hammer, qui met en scène un groupe de personnages à super-pouvoirs, qui a dû prendre par la force des choses une retraite de tout activités héroïques il y a une dizaine d'années de cela. Depuis ils vivent tous ensemble dans une ferme, dans un patelin paumé des États-Unis. Il est évident que ces personnages sont tous plus ou moins des caricatures de héros que nous connaissons bien... nous trouvons ainsi un avatar de Superman, une sorte de Martian Manhunter -croisé avec une version loquace et triste de Groot- ou encore un pseudo Adam Strange. Mais finalement les pouvoirs de ces types là, ce qu'ils savent faire, ce qu'ils ont fait, tout cela n'est pas si important; d'ailleurs Lemire ne prend pas le temps de nous expliquer pourquoi ils en sont là, pour quelle raison ils ont dû décrocher. Il se contente pour le moment de nous montrer comment réagissent toutes les individualités, face à une sorte de réclusion bucolique, une vie hors du temps et de la société, passée à traire les vaches où aller boire un café au bar miteux de la ville voisine. Certains le vivent très bien et finalement c'est pour eux une bénédiction, surtout pour le "chef" Abraham Slam... les autres par contre ont bien du mal à gérer tout cela, comme par exemple la petite Barbalien qui se retrouve enfermée dans le corps d'une fillette de 9 ans (là aussi nous n'avons pas les explications) et qui n'apprécie pas du tout le nouveau statu quo. Bref c'est du Jeff Lemire, un monde super-héroïque est créé de toutes pièces devant nous, mais le plus important c'est le caractère humain, l'attachement viscéral et honnête aux qualités et défauts des uns et des autres, aux forces, aux attentes et aux rêves, qui permet au lecteur de se plonger dans ce Black Hammer. Certes j'adore ce scénariste, donc il est possible que je ne sois pas la personne la plus objective du monde, mais nous tenons là une nouvelle série particulièrement sensible et agréable à lire, qui parvient en une vingtaine de pages à emporter l'adhésion, dès lors que les personnages sont amenés avec grâce et naturel. Le dessin est confié à Dean Ormston, son trait volontairement caricatural et sale colle bien avec l'ambiance poisseuse du petit village de campagne. Parfois certaines scènes nous ramènent à l'époque où ces héros étaient actifs, dans un pur esprit Golden Age qui ajoute encore à la mélancolie de l'ensemble. Voilà donc notre lecture inattendue de l'été. Oubliés l'espace d'un instant Rebirth ou la seconde Civil War et plongez-vous dans Black Hammer, nouvelle petite trouvaille ingénieuse d'un Jeff Lemire décidément brillant.


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