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WOLF-MAN CHEZ DELCOURT : INTEGRALE VOLUME 1


Robert Kirkman, ce n'est pas que le type qui a conquis le monde grâce à des zombies ou aux aventures du jeune et irrésistible Invincible. Il a aussi un penchant pour la lycanthropie super-héroïque. Sur le papier, le concept paraissait étrange : Wolf-Man, un loup-garou qui se rapproche davantage du Tony Stark entrepreneurial que du monstre hurlant à la pleine lune. Et pourtant, contre toute attente, Kirkman tira de cette idée un récit étonnamment solide, oscillant entre drame familial, thriller surnaturel et petites piques satiriques glissées en douce. Chez nous, l’atterrissage fut plus chaotique. La première publication française, proposée par Merluche, accumula fautes d’orthographe, contresens et bévues éditoriales. L’ironie du sort voulut que son promoteur, Thomas Rivière, ait autrefois traîné la série dans la boue avant de l’encenser au moment d’en récupérer les droits. Heureusement, la nouvelle édition relevée et prolongée par Edmond Tourriol pour Glénat remit par la suite les choses à l’endroit, avant que le tout débarque sous la forme d'intégrales chez Delcourt, la maison mère du phénomène Invincible, donc, dont l'univers est la toile de fond de Wolf-Man. Mais venons-en à l’essentiel : Gary Hampton. Kirkman choisit un protagoniste presque banal : un entrepreneur prospère, bon père, bon mari, adepte du respect des règles. En d’autres termes, l’exact opposé de quelqu’un destiné à massacrer un jardinier ou des super-héros lors d’une crise nocturne. Le fait est qu'après une attaque sauvage en pleine nature, Gary se réveille miraculeusement en pleine forme… puis découvre que son corps a décidé d’intégrer un module optionnel : transformation lupine incontrôlée, ça hurle à la pleine Lune ! Et comme chez Kirkman rien ne se passe jamais simplement, c’est un vampire, Zechariah, qui vient jouer les guides spirituels et mentors. 



L’idée est délicieusement absurde mais fonctionne : là où d’autres scénaristes auraient fait sombrer leur héros dans la malédiction, Kirkman choisit la voie du mentorat surnaturel. Zechariah apprend à Gary comment canaliser ses pouvoirs hors cycles lunaires, ce qui est très pratique quand on doit gérer à la fois des réunions de fusion-acquisition et des patrouilles nocturnes. Gary décide alors de devenir super-héros, convaincu qu’un costume et un nom accrocheur (“Wolf-Man”, merci la presse) arrangeront le reste. Sauf que le statut de justicier ne gomme ni les tensions familiales ni les dilemmes moraux qui traversent le récit. L’auteur joue habilement de cette dualité : un héros tiraillé entre ses responsabilités d’homme d’affaires, ses devoirs de père, et un instinct animal que même la meilleure volonté du monde ne suffit pas toujours à contenir. Plusieurs choix s’avèrent lourds de conséquences, l’histoire en rappelle même brutalement le prix dans un crescendo sanglant que Kirkman maîtrise avec son sens habituel du coup de massue émotionnel. Le héros n'en est pas toujours un, et même s'il fait preuve de bonne volonté, il peut aussi tuer, ou passer aux yeux d'un tueur, même quand il n'a rien fait (avec le meurtre de sa femme qui lui est imputé à tort, et l'oblige à prendre le maquis et changer d'identité, pour ensuite comprendre l'origine de ses nouveaux pouvoirs). Graphiquement, Jason Howard soutient ce mélange des genres avec un style clair, vif, très lisible. Ses planches respirent, les scènes d’action trouvent un équilibre entre énergie et lisibilité, et les émotions des personnages passent avec une simplicité trompeuse. Le tout est sublimé par une mise en couleurs sobre mais efficace, qui renforce le ton mi-sombre mi-super-héroïque de la série. Certes, c'est plus du Picasso que du Michel-Ange, mais c'est surtout l'histoire qui prime, en réalité. En gros, Wolf-Man n’est ni un récit d’horreur classique ni une simple variation sur le super-héros. C’est un hybride malin, parfois naïf, souvent généreux, où Kirkman parvient à faire exister un personnage coincé entre deux mondes sans sombrer dans la parodie. La série ne révolutionne pas le genre, mais elle se révèle étonnamment attachante, portée par un duo auteur-dessinateur très en phase. Tout ça se laisse lire plutôt bien. Du comics (presque) mainstream pour le plaisir, baby !



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WOLF-MAN : Seconde chance chez Glénat Comics


Par l'auteur de Walking Dead. Voilà l'argument de vente imparable qui a servi de rampe de lancement à la série de Robert Kirkman, Wolf-man, tout du moins de par chez nous. Avec une première parution française proposée chez Merluche, truffée de fautes d'orthographe et de traduction. Puis une seconde version revue et corrigée par Edmond Tourriol pour les éditions Glénat, à paraître le 18 avril, et cette fois ce sont trois tomes qui vont débarquer en librairie. L'échec de Merluche n'est guère surprenant, et finalement assez moral, quand on sait que Thomas Rivière, dont l'égo disproportionné n'est plus à démontrer (tout comme les visées purement mercantiles de son site, Comicsplace, qui est une vaste dose de réclame quotidienne visant à pousser les lecteurs à réaliser des achats compulsifs sur Amazon, à travers des liens qui rapportent à leur auteur une commission sur chaque vente. On ne le dira jamais assez, si vous pouvez, achetez vos comics au comic shop de quartier, il faut les soutenir!) avait purement et simplement descendu en règle la série lors de sa parution Vo, avant de l'encenser et de prendre les lecteurs pour des quiches quand il en a obtenu les droits. La bonne blague.




Et sinon, de quoi ça parle, Wolf-Man? Gary Hampton n'a pas de chance : alors qu'il est en vacances avec sa femme et sa fille, il se fait sauvagement attaquer par une bête féroce (on pense tout d'abord à un ours) et se retrouve à l'hôpital pour un bon mois dans le coma. A son réveil, Gary ne tarde guère à se remettre sur pieds, et il est même très vite dans une forme éclatante. Le seul hic, c'est que durant la nuit suivant son réveil, il se métamorphose en un loup garou sanguinaire qui s'en va déchiqueter un pauvre jardinier. Une fois rentré chez lui, Gary (qui est au passage un riche entrepreneur ambitionnant une fusion avec des concurrents japonais) retrouve les plaisirs de la vie de famille, jusqu'à ce qu'un mois plus tard la transformation surgisse à nouveau. Cette fois le phénomène n'échappe pas à sa femme, qui reconnaît le caleçon de son mari sur la bête en liberté. Caleçon étrangement lacéré au réveil de Gary, sans que ça ne surprenne les deux époux plus que cela, par ailleurs (si je me réveille dans cet état je vous assure que je me pose des questions). Le mystère plane, mais voilà que tout à coup, un certain Zechariah sort de nul part, prétendant être un vampire pouvant apporter de l'aide au nouveau Loup-Garou, et lui enseigner à user de ce que nous devons bien nommer ses nouveaux pouvoirs. Pour Gary, c'est l'opportunité de commencer une nouvelle carrière à la nuit tombée, au service du bien commun, avec uniforme et gadget, sous l'identité de "Wolf-man" comme le surnomme très vite la presse. Mais peut-on vraiment maîtriser sa destinée quand on est atteint de lycanthropie? Là est la question (entre autres).






Après les zombies, le loup-garou. Reste une histoire de vampire, et Kirkman aura puisé à pleines mains dans l'imaginaire collectif le plus éculé (mais au fait, il y en a des vampires ici aussi...). Sauf que son approche est souvent novatrice, percutante. Souvent, mais pas forcément. Ici, la mise en place expédiée de l'intrigue, la  rapide vocation de Gary pour ses nouvelles activités (il n'a plus besoin de dormir la nuit, être sous sa forme de loup-garou le rend frais comme un gardon chaque matin) ont quand même bien du mal à convaincre pleinement le lecteur. C'est un peu forcé, pas forcément bien amené, et surtout, nous avons du mal à nous attacher à la famille du héros (pas vraiment de caractérisation) et à ses motivations (Mon dieu je suis un loup-garou désormais. Cool, allons défendre la veuve et l'orphelin). Coté dessins il faut apprécier le style cartoonesque de Jason Howard et ses figures taillées à la hache, anguleuses. Même si mon avis semble particulièrement peu engageant, je voudrais toutefois souligner qu'une fois ces défauts évoqués (qui rebuteront les lecteurs exigeants avides de véritables caractérisation réussie, comme ce que fait Jeff Lemire sur Animal Man, par exemple, ou Kirkman lui même sur Walking Dead) le coté fun et juvénil de Wolf-Man plaira sans aucun doute à ceux qui veulent juste un comic-book sympathique et sans grande prétention, formaté pour le plaisir du moment. Tant qu'on en reste là et qu'on n'essaie pas de me vendre ce titre comme une oeuvre majeure de Kirkman (les élucubrations de Rivière durant l'ère Merluche) je pourrais même la recommander à certains d'entre vous, ne serait-ce que parce que Glénat vient d'arriver sur le marché du comic-book en France, et qu'il faut toujours donner leur chance aux nouveaux acteurs, pour le plus grand bien collectif du lectorat. Et tant pis si Rivière collabore dans ce projet: que l'amour de notre média favori ne soit pas (trop) entaché par l'aversion éprouvée envers ce que je nommerai une sangsue du système.


Rating : OOOOO


Dans les commentaires, la réponse de Thomas Rivière, qui a lu ces lignes et ne semble pas très content... Bigre, je n'avais pas autant ri depuis ... le sortie Vf de Wolf-Man tome 1 chez Merluche, je crois. 

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