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SUPERMAN ORIGINES SECRÈTES EN DC PAPERBACK CHEZ URBAN COMICS


 Les origines de Superman ont déjà servi de prétexte à de nombreux récits, tous proposant des variations sur le même thème, avec à chaque fois une version subtilement différente des moments fondateurs du plus grand héros de l’univers DC Comics. Mais c’est peut-être Geoff Johns qui livre ici la version la plus accessible et la plus naturelle, avec ses Origines Secrètes, republiées chez Urban Comics dans la nouvelle collection DC Paperback. Personne, en effet, n’ignore la genèse de Superman. Même ceux qui ne lisent jamais de comic books savent que le petit Kal-El a atterri sur notre planète à bord d’une fusée, dernier survivant de la planète Krypton, et qu’il a été recueilli par une famille d’Américains moyens du Kansas, les Kent. Geoff Johns, qui avait déjà signé un Green Lantern : Secret Origins au cours de sa prolifique carrière, s’amuse ici avec le personnage le plus iconique de toute la bande dessinée super-héroïque. Le cahier des charges est respecté à la lettre : de l’émotion, de bons sentiments (les parents adoptifs et l’amour inconditionnel qu’ils transmettent à leur fils), les figures incontournables de la série (Lex Luthor, la première romance avec Lana Lang, suivie de Loïs Lane), et tous les piliers qui soutiendront ensuite la légende du héros. C’est aussi un récit initiatique, dans lequel le jeune Clark découvre peu à peu ses incroyables pouvoirs — invulnérabilité, vol, vision thermique, entre autres. John Byrne avait déjà raconté à merveille à peu près la même histoire juste après Crisis on Infinite Earths, avec Man of Steel, un titre qui avait permis de remettre un peu d’ordre et de cohérence dans le panthéon parfois chaotique de Superman. Vingt ans de récits et de continuité malmenée ont sans doute justifié cette nouvelle relecture. Et soit dit en passant, elle constitue un excellent point d’entrée pour les nouveaux lecteurs. Elle propose en effet une version claire et définitive des événements ayant précédé les aventures modernes de Superman, du moins pour la période classique de l’univers DC. Depuis, les New 52 et toute une série de nouvelles "époques" sont passés par là, et la donne a encore changé. Pas forcément pour le mieux, si vous voulez mon avis.



Il faut aussi dire que l’ensemble est raconté avec beaucoup de justesse, et même une certaine légèreté. Certaines scènes font sourire, comme celle où le jeune Kent, encore novice, embrasse pour la première fois la douce Lana — ce qui déclenche au passage sa vision thermique. Une jolie parabole qu’il est inutile de vous expliquer davantage… (Dans le même registre, on pense à Peter Parker, ado frustré, s’entraînant seul dans sa chambre à projeter une toile d’araignée gluante.) Clark Kent devra aussi apprendre ce qu’est l’amitié, ou du moins tenter de l’approcher, face à un génie arrogant et retors comme Lex Luthor. L’écueil d’une relation ambiguë, saturée de bons sentiments (on pense à Smallville, par exemple), est ici évité avec brio. Ce Luthor-là est un véritable salaud, qu’on prend un malin plaisir à détester. Clark devra aussi trouver les bons stratagèmes pour préserver son identité secrète — ce qui, rétrospectivement, fait sourire quand on se rappelle qu’il y parvient depuis des décennies avec un peu de gel et une vieille paire de lunettes. Johns nous entraîne également dans le futur, aux côtés des Légionnaires de Brainiac ou de Saturn Girl, histoire de revisiter avec habileté la période Superboy du personnage. Les nouveaux lecteurs de l’univers DC qui souhaitent en apprendre davantage sur le plus célèbre des Kryptoniens, tout comme les nostalgiques qui ont apprécié à sa juste valeur Superman for All Seasons de Loeb et Sale, ne passeront pas à côté de cet album simple, efficace et sincère. Le tout est sublimé par le trait pur, clair et rassurant d’un Gary Frank très inspiré. Une maîtrise graphique qui suinte l’émotion, la retenue, et surtout l’amour du personnage et de son univers délicieusement rétro.


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GEIGER : LES DÉBUTS NUCLÉAIRES DE "THE UNNAMED" DE GEOFF JOHNS


 On croyait l'hypothèse d'un conflit nucléaire réservée aux pires heures du passé, cette longue et étrange période que l'on nomme aujourd'hui la Guerre Froide. Les derniers événements internationaux nous prouvent qu'il convient tout de même de faire attention, car l'impossible pourrait bien un jour devenir réalité. C'est en tout cas ce qui s'est produit dans cet album que propose Urban Comics, intitulé Geiger. Le feu nucléaire s'est déchaîné sans que l'on comprenne bien pourquoi; d'ailleurs, la seule alternative possible pour les citoyens du monde est de se réfugier dans des abris, des bunker dans lesquels attendre la fin de l'effet des radiations. Oui mais voilà, les places sont chères et tout le monde ne possède pas ce genre de ressources. Par exemple ce n'est pas le cas des voisins de Tariq Geiger. Lorsque ce dernier (qui porte un nom de famille assez prédestiné)  décide de mettre sa famille à l'abri, il est sauvagement agressé par ceux qui habitent à côté de chez lui et qui désirent s'emparer de son bunker. Tarik parvient à mettre sa famille hors de danger mais pour lui, il est trop tard. Lorsque la bombe explose, il est investi par son souffle et ses effets; à partir de là, le lecteur se rend compte que ce n'est pas la mort atroce qui est au bout du chemin, mais au contraire, une transformation particulièrement étonnante. Tarik avait un cancer avant que les faits se produisent, peut-être est-ce pour cela… toujours est-il que son organisme a subi une étrange mutation, au point qu'il devienne un surhomme dans un monde où la loi n'existe plus, où la civilisation s'est effondrée. Il y a donc un guerrier phosphorescent qui intervient dans certaines situations désespérées. Certains voient en lui une légende, mais tôt ou tard, ils ont affaire à l'étonnante réalité de l'existence de ce type, dont l'obsession est la protection d'un abri antiatomique, qui contient… bon inutile que je rentre dans les détails, vous avez vu le début de cet article et vous avez compris. Geoff Johns a un talent inné pour créer un univers et des histoires à partir de pas grand-chose et cette fois encore, même si le sujet a déjà été maintes fois abordé, croyez-moi, il fait preuve d'un savoir-faire évident.




Geiger, c'est un peu une centrale nucléaire ambulante. Il est obligé de s'insérer deux barres de bore dans le dos pour maîtriser sa formidable puissance, à l'instar du noyau de la centrale qui autrement atteint son point critique de fusion. Un personnage solitaire et tragique, qui a perdu sa famille donc, mais qui va récupérer au passage deux enfants en cavale, les prendre sous sa coupe et leur sauver la vie. Dans le monde post-apocalyptique de Geoff Johns, l'Amérique s'est effondrée et la ville de Las Vegas, le paradis du jeu et des casinos, est transformée en un aréopage de personnages délirants, avec à leur tête un roi bouffon qui rêve d'écraser tous ceux qui se dressent sur son chemin. Il faut le dire très sincèrement, par endroits nous sommes vraiment au bord du grand n'importe quoi, tellement l'histoire de s'embarrasse pas de crédibilité et fonce bille en tête vers sa résolution. Ajoutons surtout que ce qui peut sembler un point faible est en fait une force, car il est toujours possible d'écrire des comics intéressants et qui vous prennent aux tripes, sans s'embarrasser d'une description minutieuse de ce que seraient les faits dans la vie réelle. Nous sommes ici face à du divertissement un peu grand guignol certes, mais bien écrit, qui respecte tous les codes et donne envie d'en savoir plus. Et ça tombe bien car tout ceci s'insère dans un projet beaucoup plus complexe et organique intitulé The Unnamed, c'est-à-dire une histoire alternative des États-Unis à travers les destins d'une série de nouveaux héros ou anti-héros, qui à travers les siècles apparaissent sans que personne ne puisse vraiment savoir grand-chose sur leurs identités et leurs agissements. Johns est accompagné de Gary Frank dans cette grande aventure, et c'est une bonne nouvelle, tant le trait précis, anatomiquement remarquable et ombrageux à souhait de l'artiste rehausse l'ensemble des idées du scénariste, pour donner une atmosphère captivante et par endroit lugubre à ce qui constitue une découverte jouissive. Oui on a vraiment beaucoup aimé Geiger, parce que cette bande dessinée ne souffre d'aucun complexe, ne se prend pas pour ce qu'elle n'est pas et avec une certaine forme de naïveté, elle parvient droit au but, c'est-à-dire nous faire vibrer tout en inventant un un terrain de jeu fascinant. 






DOOMSDAY CLOCK : QUAND WATCHMEN RENCONTRE SUPERMAN ET LES HEROS DC


Depuis les tous premiers instants de l'univers DC Rebirth, nous savions que le petit monde de Watchmen et celui de Superman et consorts allaient se télescoper de manière spectaculaire. C'était donc une des attentes principales des lecteurs ces dernières années : quand et comment ceci allait se produire. La réponse se présente sous forme d'une apocalypse qui approche, aussi bien chez Watchmen, puisque le plan d'Ozymandias n'a pas empêché le monde entier de se trouver sur le bord de l'extinction, que sur la Terre traditionnelle de Batman et ses amis, là où un vaste complot, "la théorie des Supermen" remet en question l'existence et l'identité mêmes des super-héros, qui sont accusés d'être en réalité des projets gouvernementaux américains. D'ailleurs 97 % des méta-humains sont de nationalité américaine, et c'est sur la base de cette évidence que les esprits s'échauffent. Là aussi un conflit nucléaire total se dessine dans les marges de l'histoire. Si les deux univers narratifs se croisent, c'est parce qu'à un moment donné Ozymandias (encore lui) et le nouveau Rorschach parviennent à atteindre "notre" dimension, emmenant avec eux deux criminels du nom de la Marionnette et du Mime; ces deux personnages extrêmement violents et psychotiques sont les réussites de la première partie de l'album. Nous retrouvons aussi le Comédien qui est du voyage. C'est pourtant sa mort qui permet à Watchmen de prendre son envol, mais vous le savez, rien est immuable dans les comics, surtout lorsque vous avez une créature comme le docteur Manhattan qui se permet de jouer avec la réalité. Ainsi il décide un petit matin de venir faire un tour de par chez nous pour y modifier la continuité DC Comics selon son bon vouloir... quelques-uns des héros de Watchmen sont donc sur les traces du nudiste bleu, pour le convaincre de mettre un terme à l'apocalypse qui vient... encore faudrait-il le retrouver!



Doomsday Clock (écrit par Geoff Johns) est un récit très exigeant et dense; il y a énormément d'informations, de choses à lire, d'ellipses narratives et il faut insister pour relier tous les points entre eux, et voir enfin quelle est la tapisserie qui se dessine sous nos yeux. Nous avions publié l'interview du traducteur français, Edmond Tourriol, dans notre revue du mois d'octobre et nous ne pouvons que saluer son travail qui s'apparente à une fatigue titanesque. L'ensemble peut même se diviser en deux grandes parties; une première où les pions se mettent en place sur l'échiquier, et où finalement les interactions entre les deux univers se jouent surtout au niveau de tous les dingos qu'on peut y rencontrer, aussi bien le Joker et la galerie des ennemis de Batman, que la Marionnette et le Mime déjà cités... ainsi que Rorschach qui n'a pas complètement toute sa tête, même dans cette version. La seconde partie est elle plus super héroïque, les grands noms de l'univers DC  sont pointés du doigt et la tension géopolitique est à son comble. Le seul qui semble être encore digne de confiance dans cette histoire c'est Superman, et c'est vers Lui que tous les regards vont donc se tourner. C'est d'ailleurs Superman qui pourrait bien être la Némésis définitive du docteur Manhattan. 
Cet album est une remise en question permanente du statut même de super-héros. L'incongruité ou même parfois l'absurdité de ce qui permet à tous ces personnages de cohabiter ensemble et de danser perpétuellement ce ballet de vie et de mort, depuis des décennies, est ici décortiqué, et c'est l'essence même du super héroïsme qui est éviscéré, permettant ainsi au lecteur de prendre le recul nécessaire pour se forger une opinion différente sur ses lectures à super pouvoirs. L'ensemble est magnifié par le dessin de Gary Frank, qui fidèle à son habitude donne dans le réalisme et la minutie de chaque case, caractérisant parfaitement les personnages, rendant une copie toujours lisible et spectaculaire. Le seul véritable défaut de Doomsday Clock, c'est probablement ce qui vient après, quand on tourne la dernière page... nous avons envie de dire aux responsables de DC Comics : et maintenant, quelles leçons allez vous tirer de tout cela? Très honnêtement, à ce jour, nous nous posons encore la question. 


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BATMAN TERRE UN (DC COMICS LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS TOME 82 CHEZ EAGLEMOSS)

Il n'est pas toujours très drôle de se lancer dans une aventure qui est en fait la énième réécriture des origines d'un héros que nous connaissons par coeur, ou d'assister aux galipettes d'un justicier sur une Terre alternative, mais qui s'efforce de singer la notre. On a vu ça tant de fois, c'est lassant...Sauf quand c'est fichtrement bien fait, ce qui est le cas de Batman Terre Un.
Ici le Dark Knight n'est pas tout à fait tel que nous le lisons depuis longtemps. Sa colère est difficilement réprimée, et il n'est clairement pas encore prêt pour assurer sa mission dans les rues de Gotham, ce qui lui vaut quelques gadins mémorables, et de belles droites à la mâchoire. Mais Bruce n'a pas de temps à perdre, car il veut vite démêler le meurtre de ses parents, une affaire sordide et toujours "non classée", qui pourrait impliquer le maire Oswald Cobblepot et ses sbires. Dès lors, on découvre tout un cast habituel, mais subtilement et surtout intelligemment revisité, avec entre autres un Alfred Pennyworth tuteur de Bruce, malgré lui, avec qui les rapports sont tendus et directs (du gauche?). Le commissaire Gordon quand à lui n'a rien d'un flic intègre, et il a été brisé par les années passées au service de la police de Gotham, là où débarque le fraîchement muté Harvey Bullock, en provenance de Los Angeles, où il était aussi une star de la télévision, pour une série de docus fiction sur ses activités. 

Geoff Johns, quand il le souhaite, est un de ces scénaristes qui savent tout faire. Ici par exemple, il parvient à la fois à garder le lecteur au long cours en éveil, en jouant avec ses attentes et les codes de l'univers de Batman, et dans le même temps le néophyte est accueilli à bras ouverts, et comprend chaque page sans le moindre problème. Sa vision toute personnelle du majordome Alfred est particulièrement intrigante et moderne. Là il forme plus qu'il éduque Bruce Wayne, assumant une sorte de rôle de maître Jedi, poussant son pupille dans ses derniers retranchements, l'amenant à accepter l'idée qu'à Gotham, il n'existe aucune règle, et que tous les coups sont permis, pour rentrer à la maison autrement qu'entre quatre planches. 
Le dessin de Gary Frank est absolument splendide. On connaît tous son attention aux détails, la rigueur plastique de toutes ses planches, chirurgiquement exécutées, et ici il est en grande forme, donnant corps à la ville, à cette crasse et cette décrépitude qui anime Gotham, juxtaposée à l'opulence lors des soirées entre notables, Wayne tout particulièrement. Son Batman possède un look somme toute épuré, comme il se doit à un justicier qui débute sa quête, et trahit dans ses postures, ses actes, un manque d'expérience qui le rend plus fragile, plus humain. 
On vibre, on sourit, on s'étonne, on admire. Du tout bon ce volume, et ce n'est que le premier tome. Ne le perdez pas. 



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AVENGERS PAR GEOFF JOHNS TOME 1 : OU VA LE MONDE?

Avant d'être un des grands architectes de l'univers Dc au XXI° siècle, puis de son département cinématographique, Geoff Johns a aussi officié chez Marvel, comme en témoigne la sortie chez Panini de son run sur les Avengers, publié dans la collection Marvel Select.
Le premier tome démarre sur des bases classiques, pour qui est féru de science-fiction. A savoir la disparition de villes entières, de capitales à travers le monde entier. La Guêpe et Pourpoint Jaune subissent le phénomène de plein fouet puisqu'ils étaient en visite à Washington, avant que la cité soit victime de ce rapt singulier. Problème géopolitique aussi, la disparition de capitales (et donc de la Maison blanche) implique celle des principaux dirigeants de la planète, ce qui explique que les Vengeurs vont devoir composer avec ce qu'on nommera "un agent de liaison", manière pour les grosses huiles de mettre le nez dans les affaires des héros. Ce sera Henry Gyrich qui s'y colle, et c'est un euphémisme de dire que l'accueil est glacial, car le bonhomme n'a pas que des souvenirs agréables avec la communauté costumée. Pour autant, il confie aux Avengers le soin... de diriger la planète en attendant que la situation se rétablisse. 
Kieron Dwyer et Gary Frank sont des choix qui font globalement l'unanimité au dessin. Le trait est lisse, soigné, les personnages correspondent bien aux exigences de ce genre de comic-book mainstream, bref c'est propre et convenu, rassurant pour la grande majorité des lecteurs.

Le run de Geoff Johns démarre sur d'excellentes bases. Le potentiel est immense. Vous imaginez les Avengers qui tentent de mettre fin au chômage, aux guerres, à la famine, qui deviennent les maîtres de la politique mondiale? Sauf que non, assez vite l'orientation est plus classique. Trouver l'ennemi, se battre, pif bam boum. Dommage, il y avait tant à dire, de quoi créer une série à part entière, et la développer en marge de celle traditionnelle. en parlant de guerre, la route des Avengers va croiser celle d'un petit crossover, appelé Standoff, où là encore ce sont des enjeux de géopolitique qui domine la scène, avec une excursion dans ces pays des balcans, de l'est, qui étaient cruellement d'actualité dans les années qui précédent la parution originale de ces épisodes.
C'est aussi l'occasion de montrer à quel point les tensions affleurent dans le groupe. Entre Le Valet de coeur et l'Homme Fourmi, et entre Sam Wilson et l'agent Peter Gyrich, alors que dans l'ombre un certain Dell Rusk, politicien dont le nom est un anagramme éloquent, prépare ses pions pour la prochaine partie. Les autres dessinateurs qui sont de la partie sont de très grande qualité. Alan Davis se passe de toute forme de présentation, et le run de Johns sera aussi l'occasion pour Olivier Coipel de se faire connaître de tous, sur une grande série fédératrice, qu'il va marquer de son empreinte (dans le tome 2) avec la saga Red Zone. Nous en avons parlé ici même il y a peu de temps.
La prestation de Johns, loin d'être parfaite, gagne cependant en intérêt au fur et à mesure de son avancement, et une republication (après les défunts Marvel Best) au format Select permet somme toute de relire ceci, sans se ruiner au passage. 



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DOOMSDAY CLOCK #1 : WATCHMEN AFTER WATCHMEN

La question n'est même pas de savoir si Doomsday Clock est un bon comic-book. Ni de savoir si Before Watchmen avait eu dans son ensemble un niveau qualititatif appréciable. Le seul fait véritable est qu'aujourd'hui plus rien n'est sacré sur l'autel du marketing et de la vente. Peu importe si Watchmen fut en son temps un chef d'oeuvre qui a inspiré plusieurs générations, si la maxi série était prévue pour exister en tant que bloc unitaire, sans une suite ou une préquelle. Si les auteurs eux-mêmes ont toujours été farouchement opposés à d'ultérieurs développements. Watchmen sera exhumé encore et encore, jusqu'à ce que la moindre goutte de sève encore exploitable soit tarie, puis ira rejoindre Star Wars épisode XV et le sixième reboot de la franchise Spider-Man. C'est ça la pop culture aujourd'hui, baby. Money is money.
Sinon, on revient en 1992. Vous vous souvenez du plan d'Ozymandias, des sacrifices et des morts? De la fin du monde évitée de justesse? Tout ceci est vain, véritablement. La situation vire à nouveau à l'apocalypse, et Rorschach (mais est-ce bien lui, pour autant?) organise une évasion dans une prison de haute sécurité, quelques heures avant que tout soit ravagé par le feu nucléaire. Il se trouve des alliés en la personne de deux personnages tirés du catalogue de Charlton Comics, qui vont donc s'ajouter probablement au nouveau casting de ce Watchmen d'après Watchmen. Geoff Johns est très concentré et appliqué sur les dialogues, il tente dans le même temps de coller (voire singer) ce que pouvait faire Moore, tout en s'y attelant avec ses propres caractéristiques et habitudes. Certaines saillies sont bien vues, et reconnecte l'histoire avec ce que nous vivons en personne, aujourd'hui (la Corée du Nord). D'autres sont par contre artificielles, et n'ont d'autre buts que de remettre les cartes sur table, pour que la partie ressemble à celles qui s'est jouée voilà des lustres désormais. 


C'est une longue introduction qui se dévoile, au fur et à mesure que Rorschach organise l'évasion, et que nous traversons la prison. Ozymandias fait son apparition en fin d'épisode, on commence à entrevoir une direction possible, mais cela reste encore très cryptique. 
L'ambition finale est bien entendu de relier de manière claire et marquante l'univers de Watchmen à la continuity classique de DC Comics. Un cocktail qui pourrait d'ailleurs permettre un nouveau départ potentiellement explosif, après ceux constitués par les new 52 et le Rebirth. Avec ce premier numéro de douze, ce rapprochement est encore à la phase d'ébauche, vaguement murmuré, et seule une scène finale de quelques planches, avec Superman, annonce la couleur à venir. Mais sans tambours et trompettes, pas de cliffhanger à en perdre le sommeil.
Reste également une prestation fort soignée, appliquée, d'un Gary Frank dont le trait a vraiment du caractère, et qui rythme l'ensemble en collant et tournant autour des personnages avec une pertinence évidente, masquant la lenteur du récit avec son talent. La couleur se rapproche de celle que Gibbons avait choisi en son temps, permettant un minimum d'unité avec Watchmen, premier du nom. 
Là où Alan Moore avait pu exprimer la pleine mesure de son inspiration, et créer uniquement en vue de donner naissance à une oeuvre complète, stratifiée, d'une densité thématique et formelle remarquables, Johns a la tâche de reproduire le miracle, mais pour un faire un produit mainstream, annoncé à grands coups de teasing sur Internet, et ne servant finalement qu'à donner un énième coup de fouet à un univers vieux de plus de 70 ans. Les crocs sont plantés, Watchmen peut se vider de son sang, sans crier. Je suis prêt à excuser la profanation, sans aucune difficulté, uniquement en échange d'un pur éclair de génie, d'une évidence narrative éblouissante. Autrement dit, ce n'est pas gagné, et certainement pas pour ce numéro un de rodage. 


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JUSTICE LEAGUE HS 1 : DC UNIVERSE REBIRTH (TOP DEPART!)

Un an plus tard, l'onde de choc Rebirth débarque en France, chez Urban Comics. L'objectif avoué est simple : faire amende des cinq ans qu'ont duré les New 52, renouer avec les lecteurs perdus, désorientés par l'abandon de certains caractères ou personnages iconiques, tout en ménageant les plus récents, et en opérant un retour en arrière maîtrisé et cohérent. Pour mieux aller de l'avant. Le résultat? Des ventes qui se sont envolées, au point d'aller faire la nique à Marvel en termes d'exemplaires placés. Et tout commence par un long one-shot, présenté par Urban sous la forme d'un hors-série.
Première constatation, ce récit refondateur de plus de 80 pages, Rebirth donc, est d'un niveau qualitatif tout simplement excellent. Geoff Johns démontre qu'il a une emprise remarquable sur l'univers DC, et qu'il est capable de tirer tous les fils de la tapisserie en même temps, de manière à fournir un résultat homogène. C'est émouvant, poignant, bien écrit, une grande réussite artistique. Le problème se pose pour la suite... si la qualité de cette sortie ne fait aucun doute, ses implications futures risquent par contre de faire grincer des dents, et pas seulement auprès des détracteurs patentés, mais tout simplement celles du lecteur lambda, qui risque de se sentir trahi dans ce qu'il a toujours connu jusque-là, et ce qu'on va lui demander d'acheter et accepter à partir de demain. Comme vous allez le lire, nous sommes à mi-chemin entre une idée de génie et un énorme coup de canif dans le contrat moral et artistique entre créateurs et lecteurs. Vous l'avez lu et découvert partout sur le web (et en Vo dans les pages du crossover The Button, si vous lisez l'américain), le rapprochement entre l'univers des Watchmen d'Alan Moore et le DCverse classique semble être à l'horizon. Passons par contre sur le retour de Wally West dans la continuité... pour peu que vous ayez fréquenté internet ces mois derniers, l'information ne vous aura pas échappé, car elle a fuité partout. Inutile donc de faire semblant de ne pas être au courant, et autant aborder le sujet de plein fouet! Wally West était perdu dans la force véloce -une grande habitude chez les Flash quand on les croit morts- et puisque ces derniers temps le tissu même de la réalité a subi quelques contre-coups, il est parvenu à émerger sur notre plan d'existence, pour une ultime tentative de se raccrocher au monde tel qu'il apparaît désormais. Son premier réflexe est d'aller trouver Batman, en vain. Il va donc aller solliciter l'aide de tout ceux qu'il connaît le mieux, de ces super-héros alliés et amis, jusqu'à Linda Park, celle qu'il aime depuis toujours, mais c'est bien évidemment Barry Allen qui détient peut-être la clé de son retour définitif. Tout ceci est emblématique du problème qui tenaille DC. Les personnages ne se reconnaissent plus, leurs historiques, leurs relations, qui étaient le fondement même du mode de raisonner et fonctionner de l'éditeur, tout ceci a été réduit à néant, sacrifié sur l'autel d'un reboot mal dosé. Du coup le lecteur aussi est en terrain inconnu, et s'est perdu.


Geoff Johns sème les indices et les allusions au long de ces dizaines de pages, le retour en arrière, à la tradition, ne fait que commencer. Batman s'interroge en ce sens, Atom est de la partie (le vrai Atom), Wally revient, Superman a disparu, et la version père de famille, marié à Lois Lane, est remise en question... Mais il y a tellement de travail à accomplir, et il ne pourra pas faire tout ceci seul. On sent que les intentions sont bonnes, que la voie à prendre est correcte, mais comment donner le coup de volant décisif, franchir le pas, sans que cela semble forcé, ou opportuniste? Et puis il y a ces dernières pages, cette immense révélation, qui fait entrer dans l'équation des personnages jusqu'ici iconiques et tenus en dehors de l'univers super-héroïque classique. De quoi faire bondir et hurler des hordes de fans. Le lapin qui sort du chapeau, ou la trahison de trop? Nous avons devant nous des mois passionnants, et l'impression que Dc comics joue gros, très gros, et accepte le pari de se remettre totalement en question. L'espoir est immense, la crainte et l'habitude d'être trompé en partie sur la marchandise aussi. Reste un mot à dire sur les dessinateurs de ce numéro, Ethan Van Sciver, Gary Frank, Ivan Reis, et Phil Jimenez. C'est beau, iconique, puissant, bref, à la hauteur de l'événement. Vendu à moins de trois dollars, ce Rebirth est le comic-book du printemps chez Urban, celui par qui tout pourrait arriver. J'ai bien dit tout. Souhaitons que ce ne soit pas tout et n'importe quoi. 
ps : le manifeste officiel chez DC Comics pourrait être  Et bien voilà, nous avions l'intention de faire quelque chose de bien et de novateur avec les New 52, nous avons tenté, mais ça ne s'est pas passé comme nous le voulions. En cours de route nous avons perdu le fil conducteur, et nous nous sommes rendus compte que ce n'était pas ce que le public attendait. Alors vous savez quoi? On annule tout et on recommence! Bien sur, ça ne vous dérange pas les amis? 




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SHAZAM (DC COMICS LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS TOME 36 CHEZ EAGLEMOSS)

Si certains regretteront que la collection Eaglemoss se concentre avant tout sur les héros les plus connus de l'univers Dc (ce qui est logique), voici venir un album qui échappe à cette règle, tout en se révélant vraiment d'excellente facture. Shazam!
Quand il s'agit de redorer le blason d'un personnage tombé dans l'oubli, ou d'appliquer une patine de coolitude sur un héros assez ringard, Geoff Johns est l'homme qu'il faut au bon moment. Après Aquaman tout récemment, cette fois c'est Shazam qui bénéficie du lifting du Sieur Johns, pour le plus grand plaisir des lecteurs nouveaux ou anciens. Exit le super-héros en pyjama rouge, Superman aux couleurs et origines différentes, place à un personnage attachant, puissant mais innocent, un colosse naif et attendrissant, qui a tout à découvrir de ses pouvoirs, mais aussi de la vie. Car derrière l'identité de Shazam se cache en fait un enfant, un ado orphelin qui a passé sa jeunesse d'une famille d'acceuil à une autre, et qui finit enfin par se trouver de la manière le plus improbable, et par la meme occasion accède au titre de justicier protégé par la magie, en un éclair. Un simple mot suffit, un enchantement qui permet à Billy Batson d'endosser la cape de Shazam, mais qui lui apporte ausi vite un paquet d'ennuis embarrassants, et un ennemi mortel qui n'aura de cesse de l'éliminer. Une genèse narrée sur les pages de Justice League Saga, Chez Urban Comics pour la Vf, et en tant que récits complémentaires (back-up) aux numéros mensuels de la Justice League, en Vo. Puis proposé en librairie, avant que la collection Eaglemoss ne rebondisse sur le personnage, et en propose une version abordable et conseillée.

Vous auriez tort de vous en priver, d'autant plus qu'il s'agit en fait d'une porte d'entrée sympathique sur le monde des héros costumés de Dc. Une vague d'enlèvements survient, où les victimes se retrouvent nez à nez avec un vieil homme sans comprendre pourquoi, ni le sens de ses paroles (Shazam). Le jeune Billy traverse aussi cette épreuve, lors d'un banal trajet dans le métro. Récemment adopté par une nouvelle famille aimante et confronté à un groupe de ses semblables, qui l'ont fraternellement acceuilli, Billy a tout de même bien du mal à canaliser son caractère fugueux et fougueux. Mais une grande part de bien réside en lui, une part de bien qui le rend digne d'être celui que le dernier représentant du conseil des sorciers choisira pour incarner le nouveau Shazam. Une fonction nouvelle, des pouvoirs inédits, qui ont de quoi faire tourner la tête d'un adolescent, qui réagit et se comporte en conséquence. L'occasion de scènes cocasses, de belles trouvailles signées Johns, qui humanisent fortement le personnage et le rendent si touchant. Hélas, Black Adam, le pendant maléfique et impitoyable de Shazam est lui aussi de retour, et il a l'intention de ramener les sept péchés capitaux sur Terre, et d'absorber le pouvoir de Shazam, quitte à trucider Billy Batson. Le tout est mis en image avec un soin du détail, un talent réaliste assez bluffant, par un Gary Frank des grands soirs. Le merveileux fonctionne pleinement, avec cette couche de candeur qui apparaît parfois encore dans les comics modernes (comme dans le très bon Superior De Mark Millar) si sombres et torturés, et offrent de belles bouffées d'oxygène salutaires qui font un bien fou à tout le monde. Si vous ne connaissez pas du tout Shazam et que vous avez l'opportunité de dénicher ce volume de la collection Eaglemos, n'hésitez pas une seconde. 


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DC REBIRTH : LE ONE-SHOT QUI CHANGE (A NOUVEAU) L'UNIVERS DC

Avec l'opération Rebirth, c'est un peu comme si les responsables de DC Comics nous disaient : Et bien voilà, nous avions l'intention de faire quelque chose de bien et de novateur avec les New 52, nous avons tenté, mais ça ne s'est pas passé comme nous le voulions. En cours de route nous avons perdu le fil conducteur, et nous nous sommes rendus compte que ce n'était pas ce que le public attendait. Alors vous savez quoi? On annule tout et on recommence! Bien sur, ça ne vous dérange pas les amis? Sauf que dans les faits, ce sont 10 ans d'histoires qui passent aux oubliettes, à savoir les 5 années durant lesquelles existèrent les New 52, plus les 5 années écoulées depuis l'apparition des premiers super-héros, telle que racontées dans Justice League volume 1 (Aux origines) jusqu'aux aventures contemporaines de l'univers DC. Bien entendu, pour oser une telle énième révolution, il fallait avoir un projet béton, et les idées très claires. Première constatation, le One Shot de plus de 80 pages Rebirth, qui vient de sortir, est d'un niveau qualitatif tout simplement excellent. Geoff Johns démontre qu'il a une emprise remarquable sur l'univers DC, et qu'il est capable de tirer tous les fils de la tapisserie en même temps, de manière à fournir un résultat homogène. C'est émouvant, poignant, bien écrit, une grande réussite artistique. Le problème se pose pour la suite... si la qualité de cette sortie ne fait aucun doute, ses implications futures risquent par contre de faire grincer des dents, et pas seulement auprès des détracteurs patentés, mais tout simplement celles du lecteur lambda, qui risque de se sentir trahi dans ce qu'il a toujours connu jusque-là, et ce qu'on va lui demander d'acheter et accepter à partir de demain. Afin de ne pas vous gâcher la découverte, j'ai décidé de faire l'impasse sur la grande révélation finale, qui pourrait être derrière tout ceci, qui tire les ficelles de ce chamboulement, mais comme vous allez le lire, nous sommes à mi-chemin entre une idée de génie et un énorme coup de canif dans le contrat moral et artistique entre créateurs et lecteurs. Passons par contre sur le retour de Wally West dans l'univers DC Comics... pour peu que vous ayez fréquenté internet ces jours derniers, l'information ne vous aura pas échappé, car elle a fuité partout. Inutile donc de faire semblant de ne pas être au courant, et autant aborder le sujet de plein fouet!

Wally West était perdu dans la force véloce -une grande habitude chez les Flash quand on les croit morts- et puisque ces derniers temps le tissu même de la réalité a subi quelques contre-coups, il est parvenu à émerger sur notre plan d'existence, pour une ultime tentative de se raccrocher au monde tel qu'il apparaît désormais. Son premier réflexe est d'aller trouver Batman, en vain. Il va donc aller solliciter l'aide de tout ceux qu'il connaît le mieux, de ces super-héros alliés et amis, jusqu'à Linda Park, celle qu'il aime depuis toujours, mais c'est bien évidemment Barry Allen qui détient peut-être la clé de son retour définitif. Tout ceci est emblématique du problème qui tenaille DC. Les personnages ne se reconnaissent plus, leurs historiques, leurs relations, qui étaient le fondement même du mode de raisonner et fonctionner de l'éditeur, tout ceci a été réduit à néant, sacrifié sur l'autel d'un reboot mal dosé. Du coup le lecteur aussi est en terrain inconnu, et s'est perdu. Geoff Johns sème les indices et les allusions au long de ces dizaines de pages, le retour en arrière, à la tradition, ne fait que commencer. Batman s'interroge en ce sens, Atom est de la partie (le vrai Atom), Wally revient, Superman a disparu, et la version père de famille, marié à Lois Lane, est remise en question... Mais il y a tellement de travail à accomplir, et il ne pourra pas faire tout ceci seul. On sent que les intentions sont bonnes, que la voie à prendre est correcte, mais comment donner le coup de volant décisif, franchir le pas, sans que cela semble forcé, ou opportuniste? Et puis il y a ces dernières pages, cette immense révélation, qui fait entrer dans l'équation des personnages jusqu'ici iconiques et tenus en dehors de l'univers super-héroïque classique. De quoi faire bondir et hurler des hordes de fans. Le lapin qui sort du chapeau, ou la trahison de trop? Nous avons devant nous des mois passionnants, et l'impression que Dc comics joue gros, très gros, et accepte le pari de se remettre totalement en question. L'espoir est immense, la crainte et l'habitude d'être trompé en partie sur la marchandise aussi. Reste un mot à dire sur les dessinateurs de ce numéro, Ethan Van Sciver, Gary Frank, Ivan Reis, et Phil Jimenez. C'est beau, iconique, puissant, bref, à la hauteur de l'événement. Vendu à moins de trois dollars, ce Rebirth est le comic-book du printemps, celui par qui tout pourrait arriver. J'ai bien dit tout. Souhaitons que ce ne soit pas tout et n'importe quoi


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SUPERMAN ORIGINES SECRETES (DC COMICS LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS TOME 13 CHEZ EAGLEMOSS)

Les origines de Superman ont déjà été le prétexte à de nombreux récits, tous subissant des variations sur le thème, et présentant une version subtilement différente des moments fondateurs du plus grands héros de l'univers Dc Comics. mais c'est peut être Geoff Johns qui livre la copie la plus accessible et naturelle, avec ses Origines Secrètes que publient Eaglemoss, dans sa collection super-héroïque.
Personne en effet n'ignore la genèse de Superman, même ceux qui ne lisent habituellement pas de comic-books savent que le petit Kal-El est arrivé sur notre planète à bord d'une fusée, dernier rescapé de la planète Krypton, et qu'il a été adopté par une famille d'américains moyens du Kansas, les Kent. Geoff Johns, qui a également commis "un "Green Lantern - Secret origins" lors de sa longue carrière peut se divertir cette fois avec le plus célèbre des personnages de l'univers de la Bd super héroïque. Le cahier des charges est bien entendu respecté scrupuleusement. On y trouve de l'émotion et des bons sentiments (avec les parents adoptifs et tout l'amour qu'ils transmettent à leur rejeton), le cast habituel de la série (Lex Luthor et le premier grand coup de foudre, Lana Lang, suivie de Loïs Lane) et les murs porteurs qui soutiendront par la suite toute la légende du héros. C'est aussi un récit initiatique, avec le jeune Clark qui découvre progressivement ses incroyables pouvoirs (il est quand même invulnérable, il sait voler, il a une vision laser, entre autres). John Byrne avait déjà admirablement raconté plus ou moins les mêmes choses, juste à la suite de la mythique saga Crisis on Infinite Earths. Le titre s'appelait "Man of Steel" et il avait permis de remettre un peu d'ordre et de rationalité dans le panthéon de Superman. 20 ans d'aventures et de continuity malmenée ont probablement posé les jalons pour cette énième relecture, qui soit dit en passant, est un excellent investissement pour les nouveaux lecteurs de la série. Elle permet d'ailleurs de donner une version définitive et claire de ce qui a précédé les aventures modernes de Superman, pour ce qui est de la période classique de l'univers Dc; Depuis les New 52 sont passés par là et la donne à encore varié. Pas forcément en mieux, si vous voulez mon opinion.

Il faut dire aussi que le tout est ici bien raconté, et fait même sourire assez souvent. Comme lorsque le jeune Kent, encore inexpérimenté, embrasse pour la première fois la tendre Lana, ce qui déclenche par la même sa vision thermique (une belle parabole pour toute autre chose, inutile que je vous fasse un dessin. Dans le même ordre d'idée, voir Peter Parker, ado frustré, qui s'entraîne tout seul dans sa chambre à lancer de la toile d'araignée gluante.) Clark Kent va devoir aussi apprendre l'amitié, ou tout du moins construire ce qui peut l'être, quand on a affaire à un génie arrogant et retors comme Lex Luthor. L'écueil d'une relation équivoque et dégoulinante de bons sentiments déplacés (Smallville, par exemple) est brillamment évité, car ce Luthor là est vraiment un type qu'on apprend vite à haïr, et avec délectation. Il  faudra aussi que Clark trouve les expédients justes pour maintenir son identité secrète, ce qui fait sourire quand on pense que depuis des décennies, il y parvient avec un peu de gel et une vieille paire de binocles. Johns nous emporte également dans le futur avec les Légionnaires de Brainiac ou Saturn girl, histoire de broder avec dextérité sur la période Superboy du héros. Les nouveaux lecteurs de l'univers Dc, qui souhaitent en apprendre d'avantage sur le kryptonien le plus célèbre, où les nostalgiques, qui apprécièrent à sa juste valeur le Superman for all seasons de Loeb et Sale, par exemple, ne rateront pas cet album simple et efficace. Magnifié qui plus est par le trait pur, clair et rassurant, d'un Gary Frank très inspiré. Une maîtrise totale qui suinte l'émotion, la retenue, l'amour pour le personnage et son univers doucereusement rétro. Le genre de volume à posséder absolument, ou à offrir à une connaissance que vous voudriez initier aux comics Dc, à un prix fort raisonnable. La bonne affaire de la semaine. 


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Qu'est ce qui peut bien pousser certains auteurs à vouloir écrire, encore et encore, les origines de nos héros de fantaisie, tant bien même celles ci sont archi connues du grand public, et régulièrement suggérées d'une aventure à l'autre? Personne n'ignore la genèse de Superman, même ceux qui ne lisent habituellement pas de comic-books savent que le petit Kal-El est arrivé sur notre planète à bord d'une fusée, dernier rescapé de la planète Krypton, et qu'il a été adopté par une famille d'américains moyens du Kansas, les Kent. Geoff Johns, qui avait déjà commis "un "Green Lantern - Secret origins" lors de sa longue carrière remet le couvert avec le plus célèbre des personnages de l'univers de la Bd super héroïque. Le cahier des charges est bien entendu respecté scrupuleusement. On y trouve de l'émotion et des bons sentiments (avec les parents adoptifs et tout l'amour qu'ils transmettent à leur rejeton), le cast habituel de la série (Lex Luthor et le premier grand coup de foudre, Lana Lang, suivie de Loïs Lane) et les murs porteurs qui soutiendront par la suite toute la légende du héros. C'est aussi un récit initiatique, avec le jeune Clark qui découvre progressivement ses incroyables pouvoirs (il est quand même invulnérable, il sait voler, il a une vision laser, entre autres). John Byrne avait déjà admirablement raconté plus ou moins les mêmes choses, juste à la suite de la mythique saga Crisis on Infinite Earths. Le titre s'appelait "Man of Steel" et il avait permis de remettre un peu d'ordre et de rationalité dans le panthéon de Superman. 20 ans d'aventures et de continuity malmenée ont probablement posé les jalons pour cette énième relecture, qui soit dit en passant, est un excellent investissement pour les nouveaux lecteurs de la série. Elle permet d'ailleurs de donner une version définitive et claire de ce qui a précédé les aventures modernes de Superman, pour ce qui est de la période classique de l'univers Dc; Depuis les New 52 sont passés par là et la donne à encore varié.

Il faut dire aussi que le tout est ici bien raconté, et fait même sourire assez souvent. Comme lorsque le jeune Kent, encore inexpérimenté, embrasse pour la première fois la tendre Lana, ce qui déclenche par la même sa vision thermique (une belle parabole pour toute autre chose, inutile que je vous fasse un dessin. Dans le même ordre d'idée, voir Peter Parker, ado frustré, qui s'entraîne tout seul dans sa chambre à lancer de la toile d'araignée gluante.) Clark Kent va devoir aussi apprendre l'amitié, ou tout du moins construire ce qui peut l'être, quand on a affaire à un génie arrogant et retors comme Lex Luthor. L'écueil d'une relation équivoque et dégoulinante de bons sentiments déplacés (Smallville, par exemple) est brillamment évité, car ce Luthor là est vraiment un type qu'on apprend vite à haïr, et avec délectation. Il  faudra aussi que Clark trouve les expédients justes pour maintenir son identité secrète, ce qui fait sourire quand on pense que depuis des décennies, il y parvient avec un peu de gel et une vieille paire de binocles. Johns nous emporte également dans le futur avec les Légionnaires de Brainiac ou Saturn girl, histoire de broder avec dextérité sur la période Superboy du héros. Les nouveaux lecteurs de l'univers Dc, qui souhaitent en apprendre d'avantage sur le kryptonien le plus célèbre, où les nostalgiques, qui apprécièrent à sa juste valeur le Superman for all seasons de Loeb et Sale, par exemple, ne rateront pas cet album simple et efficace. Magnifié qui plus est par le trait pur, clair et rassurant, d'un Gary Frank très inspiré. Une maîtrise totale qui suinte l'émotion, la retenue, l'amour pour le personnage et son univers doucereusement rétro. Ce n'est pas parce qu'il n'y a rien de bien nouveau sous le soleil que ce n'est pas agréable pour autant de lézarder le dos à l'air, par une belle journée d'été.


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SHAZAM : UN PEU DE MAGIE CHEZ URBAN COMICS

Quand il s'agit de redorer le blason d'un personnage tombé dans l'oubli, ou d'appliquer une patine de coolitude sur un héros assez ringard, Geoff Johns est l'homme qu'il faut au bon moment. Après Aquaman tout récemment, cette fois c'est Shazam qui bénéficie du lifting du Sieur Johns, pour le plus grand plaisir des lecteurs nouveaux ou anciens. Exit le super-héros en pyjama rouge, Superman aux couleurs et origines différentes, place à un personnage attachant, puissant mais innocent, un colosse naif et attendrissant, qui a tout à découvrir de ses pouvoirs, mais aussi de la vie. Car derrière l'identité de Shazam se cache en fait un enfant, un ado orphelin qui a passé sa jeunesse d'une famille d'acceuil à une autre, et qui finit enfin par se trouver de la manière le plus improbable, et par la meme occasion accède au titre de justicier protégé par la magie, en un éclair. Un simple mot suffit, un enchantement qui permet à Billy Batson d'endosser la cape de Shazam, mais qui lui apporte ausi vite un paquet d'ennuis embarrassants, et un ennemi mortel qui n'aura de cesse de l'éliminer. Une genèse narrée sur les pages de Justice League Saga, pour la Vf, et en tant que récits complémentaires (back-up) aux numéros mensuels de la Justice League, en Vo. Aujourd'hui Urban Comic compile le tout pour la librairie.

Vous auriez tort de vous en priver, d'autant plus qu'il s'agit en fait d'une porte d'entrée sympathique sur le monde des héros costumés de Dc. Une vague d'enlèvements survient, où les victimes se retrouvent nez à nez avec un vieil homme sans comprendre pourquoi, ni le sens de ses paroles (Shazam). Le jeune Billy traverse aussi cette épreuve, lors d'un banal trajet dans le métro. Récemment adopté par une nouvelle famille aimante et confronté à un groupe de ses semblables, qui l'ont fraternellement acceuilli, Billy a tout de même bien du mal à canaliser son caractère fugueux et fougueux. Mais une grande part de bien réside en lui, une part de bien qui le rend digne d'être celui que le dernier représentant du conseil des sorciers choisira pour incarner le nouveau Shazam. Une fonction nouvelle, des pouvoirs inédits, qui ont de quoi faire tourner la tête d'un adolescent, qui réagit et se comporte en conséquence. L'occasion de scènes cocasses, de belles trouvailles signées Johns, qui humanisent fortement le personnage et le rendent si touchant. Hélas, Black Adam, le pendant maléfique et impitoyable de Shazam est lui aussi de retour, et il a l'intention de ramener les sept péchés capitaux sur Terre, et d'absorber le pouvoir de Shazam, quitte à trucider Billy Batson. Le tout est mis en image avec un soin du détail, un talent réaliste assez bluffant, par un Gary Frank des grands soirs. Comme quoi, si peu d'entre nous auraient vraiment misé gros sur cet album il y a un an ou deux, aujourd'hui force est de constater qu'il s'agit de l'une des surprises les plus agréables de cette fin d'année. 


MIDNIGHT NATION DE J.M.STRACZYNSKI ET GARY FRANK CHEZ DELCOURT

Tout commence par une scène de crime assez banale. Rien de bien nouveau pour l'inspecteur David Grey, habitué à en voir d'autres, à devoir courir les témoins et mener l'enquête pour faire éclater la vérité, même quand ses supérieurs semblent préférer d'autres affaires plus juteuses ou moins sordides. Mais il s'agit pourtant du point de départ d'une aventure dramatique, qui prend son essor lorsque la seule personne ayant apporté un témoignage quand aux assassins est retrouvée découpée en morceaux dans son appartement. Grey est lui aussi victime d'une fusillade, et laissé pour mort sur un lit d'hôpital. Sauf que non, mort il ne l'est pas vraiment. Il vient en fait de glisser entre les failles du système, de notre société, de pénétrer dans un univers où les laissés pour compte, les oubliés, les marginaux, sont tous devenus transparents et invisibles aux yeux des autres, qui poursuivent leurs existences frénétiques et consuméristes. Grey s'est fait dérober son âme par des créatures portant des tatouages tribaux, et dont l'aspect se rapproche du monstre mi homme mi reptile. Ces "marcheurs", comme on les surnomme, il finira lui aussi par en faire partie, s'il ne parvient pas à se réapproprier son humanité d'ici un an, au grand maximum. Pour ce faire, David va devoir traverser une grande partie de l'Amérique à pieds, en compagnie de Laurel, une jeune femme qui a l'habitude de ce genre de mission, puisqu'elle escorte régulièrement des personnes dans cette situation délicate. Le problème, c'est que jamais aucune d'entre elles n'est revenue vivante de ces périples, et que sur le chemin, les embûches ne manqueront pas, alors que le temps s'écoule inexorablement...

Straczynski dans toute sa splendeur, dira t-on. Si vous avez aimé Rising Stars, vous aimerez forcément ce Midnight Nation, plus humain, plus intelligent, dans sa construction. Non seulement le récit est rondement mené, mais nous trouvons toute une parabole sur le fonctionnement de notre société, sur le mécanisme de l'isolement, de la marginalisation, qui est assez bien fichue. Du polar de base (le premier épisode) nous sautons bien vite au road-movie fantastique mâtiné de conscience sociale, avec un zeste de religion, comme en atteste la présence de Lazare, le ressuscité biblique, que nous croisons à un coin d'avenue, en attente du retour du Messie. Le final touche aux frontières du mysticisme et de la croyance, et interroge la fonction même du mal au sein de la Création toute entière. Aux dessins, Gary Frank impressionne. D'un réalisme froid, son trait est anatomiquement sublime, et il varie avec talent les silhouettes avantageuses (on est chez Image, les filles sont diablement bien carrossées) et une peinture minutieuse et clinique d'une Amérique délaissée. Cette édition librairie, éditée chez Delcourt, est vraiment du bel ouvrage. Pour moins de trente euros, vous allez trouver l'intégrale de la série de Straczynski, sous une couverture hardcover inébranlable, un épisode spécial publié une première fois dans la revue américaine Wizard (signé Michael Zulli pour les crayons) et une postface lumineuse de l'auteur lui même, qui nous éclaire sur son inspiration. 


MURDER FALCON : WARREN JOHNSON ET LE METAL POUR SAUVER LE MONDE

 Avec un titre pareil, on s’attend à du bruit, de la fureur et une aventure fracassante. Murder Falcon (ici réédité dans une version augmen...