Bon, on ne va pas se mentir, le run de Charles Soule, c'est aussi l'apparition d'un nouveau criminel qu'on a aussi vu durant la première saison de Daredevil Born Again. La presse l'a surnommé Vincent Van Gore, lui même préfère se faire appeler Muse, en référence à ses talents d'artistes. Un peintre spécialiste de l'art moderne, dont les œuvres sont réalisées avec le sang des victimes, ou leurs corps démembrés, selon l'inspiration du moment. Un cas d'école inédit qui remet en question le rôle, le sens même de l'œuvre d'art, et questionne les limites de la décence dans une société moderne qui tourne tout en spectacle, en source de profit. Pensez donc, le propriétaire de l'appartement où est produite la première fresque homicide est transformé en musée, et les curieux se pressent pour donner dix dollars et voir un tableau qui suinte la mort. Ne riez pas, ce genre de chose pourrait bien arriver dans la vraie vie, le frisson ressenti par beaucoup serait le même. Un ennemi au look d'enfer, au modus operandi original et qui amène bien des interrogations, mais qui conserve aussi une grosse part de mystère pendant plusieurs épisodes. Une bonne intuition, quoi. Et cerise sur le gâteau… la vérité ! Daredevil avait fini par révéler au monde entier sa double identité, avant Soule, et il semblait filer le parfait amour - ou presque - avec la procureure adjointe Kirsten McDuffie, à San Francisco. Après beaucoup de patience, on finit par comprendre. Matt Murdock et Kirsten ne sont plus ensemble, et il semblerait que tout le monde ignore à nouveau qui se cache sous le masque de Daredevil. Si je vous dit "pourpre", ça vous évoque quelque chose ? On retrouve également Bullseye, le tireur impitoyable, qui pour autant va vite déchanter, et un Murdock qui comme à son habitude aime se faire du mal, et ne dédaigne pas scier la branche sur laquelle il est assis. Du côté du dessin, nous avons de quoi être satisfaits; Ron Garney choisit de donner au titre une ambiance urbaine sombre, crade, avec des couleurs volontairement éteintes (le job est confié à Matt Mila) qui ne laissent éclater que le rouge et le noir du nouveau costume de Daredevil. Les personnages évoluent dans l'ombre, et pour aussi loin que je me souvienne, même si le style était radicalement différent, j'y perçois quelques réminiscences des ambiances instaurées par Scott McDaniel. Nous trouvons aussi Matteo Buffagni. Vous l'avez peut-être déjà aperçu sur d'autres séries Marvel, mais pour ma part c'est sur les aventures du célèbre cambrioleur transalpin, Diabolik, que je me suis familiarisé avec cet artiste dont les progrès sont évidents, année après année. Ici le découpage et la mise en place sont limpides et permettent de suivre avec une grande facilité de lecture. Même remarque pour Goran Sudzuka, qui est à la fois un dessinateur très fiable et un tipe très chaleureux, avec qui nous avions eu le privilège de partager une édition du Mangame Show à Fréjus, l'année du naufrage pour la manifestation, malheureusement. En somme, même si cet Omnibus n'est pas la sortie star du genre en 2026, ce ne sont pas les raisons qui manquent pour s'en procuer un exemplaire !
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