ABSOLUTE WONDER WOMAN TOME 2 : LE LABYRINTHE


 Chez Urban Comics, la version Absolute de Wonder Woman continue de tracer sa route singulière avec un deuxième tome qui confirme tout le potentiel de la série. Kelly Thompson poursuit son étrange ballet entre passé et présent, multipliant les allers-retours temporels afin de mieux cerner la personnalité de Diana, sa manière de se comporter face au danger, son immense compassion et surtout son lien profondément spirituel avec les divinités de son panthéon. Le récit s’ouvre d’ailleurs sur une longue séquence située dans le royaume d’Hadès. Le seigneur des enfers retient Diana captive tandis que Perséphone semble éprouver une certaine sympathie pour l’Amazone et cherche discrètement à lui venir en aide. Son époux, lui, se montre nettement moins conciliant et décide de mettre Wonder Woman à l’épreuve. Ces premiers épisodes relatent notamment la rencontre avec Prométhée, que Diana libère temporairement de ses chaînes, avant d’affronter le dernier Basilic, gigantesque créature reptilienne particulièrement redoutable. Kelly Thompson en profite ensuite pour raconter la naissance de Pégase dans sa version squelettique propre à l'univers Absolute. Une idée qui résume parfaitement l’esprit de cette série : reprendre les mythes fondateurs de Wonder Woman et les réinventer avec une étrangeté constante. Depuis le premier tome, l'incarnation Absolute repose justement sur une absence fondamentale. Diana n’a plus accès à Themyscira ni à la présence des autres Amazones. Cette solitude pèse énormément sur le personnage, qui rêve simplement de rencontrer une semblable. Le récit bascule ensuite dans la Zone 41, projet gouvernemental ultra secret qui ressemble en réalité à un immense labyrinthe peuplé de créatures inquiétantes. Diana croise avant cela la Docteure Poison et des répliques mécaniques évoquant directement les horreurs du Tétracide du premier volume, puis découvre Io, une Amazone dont la présence apporte enfin un peu d’espoir à notre héroïne.



Toute ceci  fonctionne particulièrement bien parce que le récit mélange constamment plusieurs registres. L’aventure reste concrète, physique, parfois même tragique, tout en assumant pleinement la dimension mythologique. Dans le Labyrinthe, on rencontre une jeune sirène, la reine Cléa qui gouverne les lieux par la peur, ainsi qu’un Minotaure (Ferdinand) étonnamment bouleversant au moment décisif. Même lorsqu’elle est soumise à des fleurs hallucinogènes ou confrontée à ses propres peurs, Diana reste fidèle à elle-même. Son premier réflexe consiste toujours à sauver les autres, avec une grâce et une mansuétude qui finissent par définir cette incarnation du personnage. Les derniers épisodes prennent une direction encore plus étrange avec l’apparition d’une sorte de contrepartie négative de Wonder Woman, manifestation obscure chargée d’équilibrer tout le bien qu’elle accomplit sur Terre. Une lutte métaphysique dans laquelle surgit également la version Absolute de Zatanna, très éloignée de l’interprétation classique du personnage. Quelques pages suffisent pourtant à éveiller la curiosité avant le prochain volume, où vous allez en savoir plus ! Graphiquement, la série continue d’assumer une approche particulièrement audacieuse grâce au travail d’Aiden Sherman, Matías Bergara ou encore Mattia De Iulis. Leur style expérimental, parfois presque "indépendant" dans l’esprit, pourra déconcerter les lecteurs habitués à un découpage plus photoréaliste et académique. Ce serait pourtant dommage de passer à côté d’une série aussi inventive. Absolute Wonder Woman continue de réécrire la légende de l’Amazone avec intelligence, personnalité et une vraie ambition artistique. Ce n’est probablement pas la lecture la plus accessible proposée actuellement par Urban Comics, mais c’est assurément l’une des plus stimulantes.


Notre avis sur le Tome 1 est ici 


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ESCAPE TOME 1 : LA GUERRE ANTROPOMORPHE DE REMENDER ET ACUNA


 Avec Escape, Rick Remender ne signe pas simplement un récit de guerre progressiste et bourré de bons sentiments comme bien d'autres. Il s’attaque au genre avec une idée/intuition qui fait mouche et la transforme en une expérience d’une intensité rare. Une Seconde Guerre mondiale peuplée d’animaux anthropomorphes pourrait sembler anecdotique. En réalité, l’effet s’estompe en quelques pages, remplacé par une immersion totale dans un conflit brutal, moralement trouble et profondément humain, comme l'impose la réalité de l'Histoire. Milton Shaw, pilote de bombardier, est au cœur du récit. Derrière l’ours, il y a surtout un homme usé, pris dans une mécanique qui le dépasse. Très vite, le vernis du concept disparaît pour laisser place à une question essentielle, presque dérangeante. Jusqu’où peut-on aller pour mettre fin à une guerre ? Et quel est le prix à payer niveau pertes humaines ? Remender ne cherche jamais à rassurer. Il installe au contraire un malaise durable, nourri par des dialogues d’une grande justesse et un sens aigu du rythme. Et comme on l'apprend dans les deux pages de rédactionnel qui ouvre ce tome 1, le récit puise ses racines dans la généalogie familiale du scénariste, qui sait de quoi il cause. Du reste, les trente premières planches impressionnent par leur maîtrise. Tout y est tendu, précis, sans fioritures. La violence des combats frappe, mais ce sont surtout les pertes et leurs conséquences qui marquent. Même les personnages secondaires existent pleinement, esquissés en quelques lignes mais déjà crédibles. On retrouve une intensité que l’on associe parfois aux récits de Garth Ennis, avec ici une approche plus sensible, en tout les cas parfaitement crédible et poignante, dans la manière de traiter la tragédie. 



Le travail de Daniel Acuna participe énormément à cette réussite. Son dessin dense, chargé en textures, donne à l'ensemble une matérialité presque étouffante. Les visages transmettent chaque émotion avec une précision troublante, au point de faire oublier la nature animale des personnages. Les scènes de bombardement sont spectaculaires, mais jamais gratuites. Elles restent lisibles, spectaculaires, toujours au service de l’histoire. Les décors et les machines sont traités avec un soin remarquable, ce qui renforce la crédibilité de cet univers pourtant décalé, tandis que Milton et ses collègues tentent de faire sauter un super canon qui pourrait bien décider du sort de la guerre. Ils sont finalement abattus et là… le deuxième numéro surprend tout le monde par son approche. Après les rafales de mitraillettes et les bombes, Remender ralentit et revient en arrière. Il s’intéresse à l’homme avant le soldat, à ce qui l’a construit et à ce qu’il risque de perdre. Un choix qui aurait pu casser la dynamique mais qui donne au contraire une profondeur supplémentaire au récit. La relation de Milton avec sa compagne, leurs espoirs, leurs difficultés, tout cela installe une forme de douceur fragile, constamment menacée. Ce chapitre est plus calme en apparence, mais il touche au cœur du lecteur, directement. Chaque moment heureux semble déjà condamné. Et quand on revient au temps présent, c'est pour avoir sous les yeux un Milton esseulé en territoire ennemi, blessé, avec une seule arme à disposition et la moitié d'un chargeur à dépenser pour sauver sa peau ! Bref, Escape s’impose comme l’un des projets les plus solides de Remender depuis longtemps. Une série qui trouve immédiatement sa direction, qui ose des choix forts et qui rappelle, sans jamais forcer le trait, que derrière les stratégies militaires se cachent avant tout des existences fragiles, des êtres humains qui servent de pions et de chair à canon pour des haut-gradés qui font joujou avec des cartes d'état major, bien au chaud. La guerre est une engeance. 


Sortie cette semaine chez Urban.

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DAREDEVIL BORN AGAIN : NOTRE AVIS SUR LA SAISON 2


 On va essayer de se parler franchement, et ce sera la meilleure nouvelle de cette critique : cette saison 2 de Daredevil : Born Again ne cherche pas à rassurer le pékin moyen. Elle avance parfois de manière hésitante, souvent avec une brutalité assumée, mais toujours avec une idée claire : transformer l'opposition entre les principaux antagonistes en conflit total. Pas seulement entre deux hommes, mais entre une ville et ce qu’elle accepte de devenir. Et ça devrait vous rappeler quelque chose, sauf si vous habitez sur la Lune. La première saison prenait son temps, quitte à frustrer les impatients. En se concentrant presque exclusivement sur Matt Murdock et Wilson Fisk, elle ressemblait à une longue mise en place, une étude de caractère qui laissait parfois de côté l’essence même du personnage. Cette nouvelle saison ne renie pas cette approche, mais elle change progressivement de braquet. Ce qui était en gestation finit (enfin) par éclater. Six mois ont passé, et tout s’est délité. Fisk est désormais maire, et il exerce un pouvoir qui déborde largement du cadre politique. Son escouade anti-justiciers agit sans retenue, arrête, enferme, intimide, sans la moindre légitimité ou mesure. La série insiste sur la dimension politique de cette dérive, parfois de manière un peu appuyée (coucou, ICE), mais elle installe surtout un climat de tension permanent. New York n’est plus un décor, c’est une ville sous pression. Une cocotte minute qui va inévitablement exploser. En face, Matt Murdock se débrouille avec des moyens dérisoires. Pas de coalition de super-héros, pas de renforts spectaculaires. Juste Karen, quelques alliés, et une lutte menée dans l’ombre. Le choix est clair : rester au plus près des personnages. Cela donne une guerre plus discrète, plus fragile aussi, où on aurait vite fait de se décourager, à la place de la bande à DD. C’est là que la série trouve sa vraie force. Elle ne raconte pas simplement un combat entre un héros et un adversaire, mais un tiraillement moral constant. Matt refuse de tuer, même lorsque tout semble justifier le contraire. Ce refus n’est pas présenté comme une évidence morale, mais comme un fardeau. Karen, en particulier, incarne cette tension : sa colère, son désir de réponses plus radicales donnent au récit une intensité supplémentaire. Elle a croisé la route de Frank Castle, elle s'en est presque inspirée ! 



Et au centre du ring (dans tous les sens du terme, vous verrez), Fisk. Vincent D’Onofrio compose une nouvelle fois un personnage impressionnant de maîtrise. Il ne force jamais le trait. Son Fisk reste persuadé d’agir pour le bien commun, et c’est précisément cette conviction qui le rend si inquiétant. Son pouvoir peut sembler excessif, mais il est porté par une logique interne qui tient, avec son épouse comme centre de gravité émotionnel. Mais bon, comme la réalité semble dépasser la fiction, ces derniers mois… La série élargit aussi son regard. La ville réagit, les habitants prennent position, les médias influencent les perceptions (le podcast de BB Urich est une incarnation moderne et intelligente). L’affrontement dépasse largement le cadre personnel : il devient une lutte pour imposer une vision du monde. Qui mérite d’être soutenu ? Qui doit être arrêté ? Rien n’est tranché de manière simple. Tout n’est pas non plus parfaitement maîtrisé, dans cette seconde saison. Certaines incohérences liées à l’univers Marvel subsistent, notamment dans la gestion des événements passés ou des capacités/pouvoirs des personnages. Certains détours narratifs auraient gagné à être resserrés, on se perd parfois dans des détails qui peuvent faire bailler. Mais ces limites n’effacent pas la cohérence d’ensemble, qui reste assez louable. Car cette suite fonctionne comme une conséquence directe de ce qui a précédé. Ce qui a été amorcé trouve ici son prolongement, souvent de manière violente. Les affrontements sont plus présents, mais surtout plus significatifs. Ils ne sont jamais gratuits, et ça tape sans pitié. Sans oublier une tension sourde et un climat de menace terrifiant, quand les poings se taisent. La scène en voiture, entre Buck (l'homme de confiance de Fisk) et Daniel (le directeur de communication, joué par un excellent Michael Gandolfini) est un pur joyau du genre, digne de Breaking Bad. Malgré une tonalité sombre, la série laisse entrevoir une forme d’espoir. Discrète, fragile, mais réelle. Matt Murdock continue de croire qu’il est possible d’agir sans céder à la facilité/fascination de la violence absolue. Une position difficile à tenir, mais qui donne tout son sens à son combat, comme dans les comics, par ailleurs. Dans un univers cinématographique souvent tenté par la neutralité ou la pusillanimité, Daredevil : Born Again préfère s’engager. Certes, dans la direction convenue et prévisible, pour qui connaît les idées de Marvel, le progressisme des comics et du personnage. Mais ce choix, même imparfait, même maladroit, lui donne une vraie identité, et un parfum de vérité évident.



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LE COMPLOT DES GRENOUILLES : AVENTURE ET FABLE ÉCOLO


 Sous son titre délicieusement absurde et improbable (on imagine déjà des batraciens en réunion stratégique, PowerPoint à l’appui. Prêts à bloquer le détroit d'Ormouz ?) Le Complot des grenouilles déploie en réalité un récit bien plus subtil (et mature) qu’il n’y paraît. Derrière l’aventure champêtre et la fantaisie assumée, Julia Rubau Vigara signe un album qui avance masqué et préfère la douceur des formes à la rudesse du propos. Tout commence comme une chronique estivale presque anodine. Trois enfants, un coin de nature, l’ennui des vacances qui s’étire… et puis soudain, un élément perturbateur surgit, comme toujours dans les bonnes histoires. Ici, il prend la forme d’un événement aussi incongru qu’inexplicable, bientôt prolongé par la découverte d’une mystérieuse pierre aux reflets rosés. À partir de là, le réel se fissure et laisse passer une logique plus étrange, presque onirique, où l’imaginaire n’est plus un jeu mais une porte entrouverte sur autre chose. Ce basculement, l’autrice le maîtrise avec une aisance remarquable. Elle installe progressivement un monde parallèle sans jamais rompre avec le point de vue enfantin. Car tout est affaire de perception : ce qui pourrait n’être qu’un délire d’enfants devient une aventure aux enjeux bien réels, où une communauté de grenouilles, menée par une figure aussi vindicative que charismatique, prépare une riposte contre les humains. Oui, rien de moins. Comme quoi, même au bord d’un ruisseau, la géopolitique n’est jamais très loin. Et ces humains, après tout, ils l'ont bien mérité, non ?


Mais réduire l’album à son intrigue serait passer à côté de l’essentiel. Car ce qui se joue ici dépasse largement l’affrontement entre espèces. Le véritable terrain de conflit est intérieur. Léna, la jeune héroïne, incarne cette zone fragile où se mêlent frustration, besoin de reconnaissance et difficulté à exprimer ce qui déborde. L’aventure fantastique agit alors comme un miroir grossissant des émotions enfantines : la colère, l’incompréhension, le sentiment d’être mis à l’écart. Rien de spectaculaire, mais tout sonne juste. L’intelligence du récit réside également dans cette capacité à faire dialoguer les niveaux. D’un côté, une menace collective qui pourrait virer à la catastrophe. De l’autre, des tensions minuscules mais essentielles, celles qui traversent les relations humaines au quotidien. Et entre les deux, une idée simple mais jamais simpliste : parler reste encore la meilleure option. Une évidence, certes, mais que l’album prend le temps de construire, sans jamais sombrer dans la leçon appuyée. Graphiquement, le charme opère de manière plus lente. Le trait, d’abord, semble très candide, comme s’il cherchait à rassurer. Puis, à mesure que les pages défilent, on perçoit la précision du découpage, l’attention portée aux ambiances, aux variations de couleurs. Chaque séquence possède sa tonalité dominante, sa respiration propre, comme si l’autrice composait une partition visuelle où chaque teinte viendrait souligner une émotion ou un basculement narratif. C’est feutré, délicat, mais loin d’être bêbête. Le Complot des grenouilles ne raconte pas tant une conspiration qu’un apprentissage. Celui de la nuance, du compromis, de l’écoute. Autant de concepts que même certains adultes peinent encore à apprivoiser, ce qui donne à l’album une petite saveur ironique. Julia Rubau Vigara propose un récit qui, sous couvert de fable écologique et émotionnelle, invite à repenser notre manière d’habiter le monde. Avec un peu moins de certitudes… et, pourquoi pas, un peu plus de considération pour les grenouilles. Croa Croa ! Publié chez Aventuriers d'Ailleurs, label de Bamboo. 



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PLANÈTE HULK : RETOUR EN OMNIBUS CHEZ PANINI


 Vous aimez toujours autant (ou aussi peu) les Omnibus ? Cette fois, c'est avec Hulk que vous avez rendez-vous, et une histoire qui fut une des meilleures en son temps chez Marvel, Planète Hulk. Avec le Colosse de jade, un jour ou l'autre, il fallait bien que cela arrive. Je veux dire : comment régler la question Hulk, quand le monstre, même s'en forcément le vouloir, détruit sur un coup de sang San Francisco, ou le lendemain en découd avec l'armée ? La question épineuse a été au centre d'un long débat chez les Illuminati (groupe secret regroupant les plus éminents héros de la Terre) qui ont opté pour une conclusion discutable : l'exil. C'est ainsi qu'ils ont piégé Hulk avec de fausses bonnes intentions, et l'ont placé à bord d'une fusée en direction d'une paisible planète où il pourra se relaxer indéfiniment sans faire de mal à personne. Ce n'est pas du goût de Bruce Banner, d'autant plus qu'un incident survient en vol, et que l'atterrissage ne se fait plus sur l'Eden promis, mais sur un monde guerrier qui ne connaît que le bruit, la fureur et le sang, et où Hulk, d'entrée de jeu, et réduit en esclavage. Certes, à bien y repenser, il est illusoire de croire qu'on peut enchaîner une telle créature, et du reste, assez rapidement, le prisonnier va se faire des amis, des compagnons d'arme, et soulever une véritable révolution (un Gladiator moderne venu d'outre-espace) qui va le placer sur le trône en compagnie de Caiera, qui va devenir sa reine et son amour de l'autre bout du cosmos. Dit comme ça c'est presque idyllique, et on pourrait penser que Hulk est enfin dans son élément et que la décision discutable des Illuminati lui a changé (en bien) la vie. C'est sans compter sans un drame final… Bienvenue sur la Planète Hulk, où ça castagne jour et nuit !



Au départ, Planet Hulk ne devait être qu'un story-arc en quatre parties, pensé par Joe Quesada pour relier les aventures du personnage à Civil War. En fait, cela deviendra vite la plus longue saga du personnage, centrée autour de quatorze numéros divisés en quatre volets, et c'est Greg Pack qui va recevoir la patate chaude : mettre en scène ce monde guerrier, Sakaar, sur lequel Hulk va vivre des aventures qui nous rappellent vaguement la Rome Antique et les gladiateurs, sur fond de paysage extra-terrestre. La nouveauté pour le géant vert, c'est que sur Sakaar, d'autres combattants ont une force similaire, et qu'il peut enfin donner libre cours à toute la rage qu'il a combattu des années durant. Au contraire, c'est seulement en laissant exploser son vrai potentiel qu'il pourra survivre et gravir les échelons sociaux, au point de devoir déterminer son avenir, sa voie. Il y a de tout là-dedans : des homme-insectes, des robots, de la violence, des monstres, des vaisseaux spatiaux, une nature alien, bref, un vrai condensé d'aventure qui prend le lecteur par la main, et le guide à travers tout un macrocosme novateur et parfois déroutant, pour qui est habitué aux aventures plus classiques de Hulk. Mais c'est indiscutablement une réussite sur la longueur, un de ces récits qui marquent leur temps et que les passionnés du personnage ne peuvent pas ne pas avoir lu. D'autant plus que la conclusion explique ce qui va se dérouler ensuite dans World War Hulk, un grand événement Marvel beaucoup moins convaincant. Pour les dessins, la prestation de Carlo Pagulayan, un philippin alors à son premier grand succès pour Marvel, est relativement bonne, avec une belle galerie de héros et guerriers saisissants et touchants, tous bien mis en scène, avec une lisibilité notable et une attention certaine à l'expression des sentiments des différents intervenants. Ce n'est guère une surprise, finalement, de constater que cet arc narratif a été utilisé pour étoffer le troisième film consacré à Thor, même si sans atteindre la réussite de la version papier. L'omnibus revient sur tout ce que nous venons de dire avec un menu riche et joyeux : Incredible Hulk (2000) 88-105, Giant-Size Hulk (2006) 1, Fantastic Four (1961) 533-535, New Avengers: Illuminati (2006) 1, Amazing Fantasy (2004) 15 (I) et What If? Planet Hulk (2007) 1.



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LE PODCAST LE BULLEUR PRÉSENTE : TOURNER LA PAGE


 Dans le 222e épisode de son podcast, Le bulleur vous présente Tourner la page, album que l’on doit à Zep, un ouvrage édité chez Rue de Sèvres. Et revient aussi sur l’actualité de la bande dessinée et des sorties avec :


- La sortie de l’album L’homme qui vendit la Tour Eiffel que l’on doit au scénario de Stéphane Marchetti, au dessin de Joseph Falzon et c’est publié aux éditions Dargaud


- La sortie de l’album Colette que l’on doit à Séverine Vidal pour le scénario, Kim Consigny pour le dessin et l’album est publié aux éditions Delcourt dans la collection Encrages


- La sortie de l’album Frankenwood que l’on doit au scénario de Darko Macan, au dessin d’Igor Kordey pour un ouvrage sorti aux éditions Dupuis


- La sortie de l’adaptation du roman d’Ernest Hemingway Pour qui sonne le glas que l’on doit au scénario de Jean-David Morvan, au dessin de Pierre Dawance pour un titre paru aux éditions Sarbacane


- La sortie de l’album L’homme - chevreuil que l’on doit au scénario de Vincent Zabus, au dessin de Jean-Denis Pendanx au dessin, une bande dessinée adaptée d’un ouvrage de Geoffroy Delorme et c’est paru aux Arènes BD


- La sortie de l’album Avila que l’on doit au duo Teresa Radice au scénario, Stefano Turconi au dessin et c’est publié dans la collection Treize étrange des éditions Glénat.



 
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PIF & HERCULE : SÉRIE ANIMÉE ET CAMPAGNE SUR ULULE


 Il y a des campagnes participatives qui passent relativement inaperçues, et d’autres qui réveillent une mémoire collective. Celle lancée autour du retour de Pif et Hercule version dessin animé appartient clairement à la seconde catégorie. En quelques jours à peine, la mobilisation sur Ulule a transformé la sortie de leur animé en véritable événement, porté par une communauté aussi fidèle qu’enthousiaste. L’objectif initial atteint, les créateurs voient déjà plus loin : un cap symbolique fixé à 200 %. À la clé, un clin d’œil irrésistible à l’histoire du journal Pif Gadget : le retour du mythique parachute Pif. Réédité pour l’occasion, accompagné d’un mode d’emploi présenté par Rahan, ce gadget culte (autrefois sublimé par une couverture signée Mandryka) viendrait récompenser tous les contributeurs si ce nouveau palier est franchi. Mais la campagne ne se résume pas à une opération nostalgie. Elle s’accompagne d’une sélection soignée de fac-similés, goodies et objets de collection, pensés pour séduire autant les amateurs de bande dessinée que les curieux. Derrière ces contreparties, on retrouve une exigence de fabrication et un vrai souci du détail, fidèle à l’esprit du titre.



Car l’ambition est bien plus large : offrir une nouvelle vie animée à des figures emblématiques de la BD populaire française. Diffusée sur Canal+, cette série marque le retour à l’écran de Pif et Hercule, après plusieurs incursions depuis les années 1980, dont une série télévisée et un long métrage au début des années 1990. Cette fois, le projet assume une approche résolument contemporaine. Animation 3D intégrée à des images réelles en 4K, écriture portée par une nouvelle génération d’auteurs, tonalité ludique et pédagogique : la série entend conjuguer héritage et modernité. L’esprit originel n’est pourtant pas oublié, notamment dans sa dimension éducative, héritée des collaborations passées avec des figures scientifiques comme Hubert Reeves ou Haroun Tazieff. Pensé pour les jeunes publics sans exclure les lecteurs historiques, le programme revendique un équilibre entre divertissement et éveil à la science, dans la lignée des grandes émissions pédagogiques françaises. Le casting vocal, lui, mêle nouvelles voix et énergie contemporaine, avec notamment le vidéaste/créateur de contenus Roman Doduick. Au-delà du dessin animé, cette campagne Ulule se présente comme un véritable levier pour l’avenir de la licence : nouvelles séries, long métrage, contenus dérivés… Les ambitions sont affichées, et le public est invité à y prendre part. Plus qu’un simple financement participatif, l’opération se veut un passage de relais entre générations. Une manière de rappeler que, dans le paysage de la bande dessinée française, certains héros ne disparaissent jamais vraiment : ils attendent simplement le bon moment pour retomber… en parachute.


Lien vers la campagne : cliquez ici


PIF GADGET, on le répète pour la énième fois, vous attend en kiosque dans sa nouvelle incarnation. Et Rahan aussi est de l'aventure.





ABSOLUTE WONDER WOMAN TOME 2 : LE LABYRINTHE

 Chez Urban Comics, la version Absolute de Wonder Woman continue de tracer sa route singulière avec un deuxième tome qui confirme tout le po...