LA SIMULATION (DE LOIC HECHT) : ET SI NOUS VIVIONS DANS UN MONDE QUI N'EXISTE PAS ?
CORUM TOME 1 : LE CHEVALIER DES ÉPÉES (CHEZ GLÉNAT)
Visuellement, c'est la fête ! Luca Merli signe un travail remarquable et généreux. Son dessin est riche, parfois chargé, mais toujours au service de l’ambiance. Les décors donnent de l’ampleur, les créatures impressionnent, et surtout, les visages traduisent bien la dureté de ce que traverse le personnage. Les scènes d’affrontement sont de véritables tableaux dramatiques, grâce à une mise en page dynamique, et certaines compositions flirtent avec un imaginaire onirique déviant, qui souligne l’étrangeté d'un monde où le danger et la duplicité sont partout. Corum, lui, finit donc par se mesurer à Arioch. Dans l’univers imaginé par Michael Moorcock, le Chevalier des Épées n’est pas un simple adversaire qu’on croise au détour d’un chemin. C’est une entité divine, une puissance du Chaos qui joue avec les mortels comme d’autres manipulent des figurines sur un échiquier. Corum, déjà bien amoché physiquement (mais "réparé" de manière mystique), va surtout découvrir qu’il est embarqué dans une partie qui le dépasse largement, où Arioch semble récrire les règles qu'il fixe au détriment des joueurs. Tout cela, Luca Merli s'en empare, le malaxe, lui donne corps et une vitalité brute. Excellent. Il existe aussi une magnifique version en noir et blanc de ce premier tome, pour ceux qui voudraient encore plus s'enivrer du trait brut de l'artiste italien. Cela dit, les couleurs sont aussi de son fait, l'ensemble est cohérent et maîtrisé de bout en bout, c'est vous qui voyez, vraiment ! Je vous le rappelle et promets, ce premier tome va à l’essentiel. Il pose les bases, installe son héros et son monde, sans chercher à tout développer immédiatement. Cela peut donner une impression de densité, risque de perdre le lecteur distrait (Corum se lira dans un canapé, au calme, pas aux toilettes pour passer le temps), mais l’ensemble est clairement efficace et accrocheur. Le démarrage est solide, sombre comme il faut, et suffisamment intrigant et sanguinolent pour donner envie de voir où tout cela va mener. La fantasy ne meurt jamais, et avec une doublette comme Chauvel/Merli, a encore de bien beaux jours devant elle (la suite fin août, si tout va bien).
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KING SPAWN 2024 2025 : UN AN DE SPAWN IMPITOYABLE
Je cite cette double page saisissante où Spawn est agrippé par les pieds tandis que Cy-Gor le fait tournoyer sur lui-même, dans un déluge de tirs automatiques. Cette scène résume à elle seule le ton de la série : un basculement assumé vers le grand-guignolesque, où les affrontements, d’une violence extrême, ne laissent aucune place à la pitié. L’ambiance y est perpétuellement sombre, sans la moindre lueur d’espoir ni véritable moment de répit, dans un volume mené tambour battant. La bonne nouvelle réside alors dans la qualité exceptionnelle de la partie graphique. Comme souvent dans l’univers de Spawn, les artistes mobilisés sont de tout premier plan. Jason Shawn Alexander impressionne par son style viscéral et habité, tandis que Javi Fernández, Jeremy Haun, Javi Fernandez ou encore Yildiray Cinar (dans un registre plus classique et rassurant) livrent des planches d’une grande maîtrise, capables de séduire aussi bien les amateurs d’expérimentations graphiques que les adeptes d’un comic book mainstream. Certes, les enjeux peuvent parfois sembler nébuleux, voire dilués dans la durée. Mais c’est là qu’intervient une seconde bonne surprise : même un lecteur novice pourra progressivement recoller les morceaux sans trop de difficulté. Les nombreuses références au passé, ainsi que l’apparition de figures déjà établies (comme le gorille cybernétique évoqué plus haut ou certaines entités symbiotiques à la Haunt ) peuvent susciter quelques interrogations, sans jamais rendre l’ensemble hermétique. Au fond, l’essentiel est ailleurs : pour peu que l’on recherche un divertissement gothique, outrancier et volontiers excessif, la série remplit parfaitement son contrat. Todd McFarlane continue ainsi de développer un univers qu’il n’a jamais cessé de faire évoluer, solidement épaulé ici par Rory McConville, sur ce titre parallèle. Grâce à un rythme de publication désormais plus lisible et des volumes généreux, les lecteurs peuvent s’immerger avec facilité dans ces ténèbres foisonnantes où le rouge sang domine. La subtilité n’est peut-être pas au cœur de King Spawn, mais après tout, ce n’est pas ce que l’on attend de ce comic book et de son univers, non ?
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LA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE : LE NOUVEAU LUCKY LUKE DE MATTHIEU BONHOMME
Il faut être honnête, ce troisième album hommage réalisé par Matthieu Bonhomme était-il nécessaire ? La question, en fait, ne se pose pas en ces termes. Depuis quand une bande dessinée doit-elle être nécessaire ? Ce que l'on attend d'elle, c'est une qualité artistique qui fasse de l'histoire une proposition pertinente, susceptible de toucher un lectorat large. Ici, Lucky Luke est loin d'être la pâle copie du cowboy solitaire; bien au contraire, le style beaucoup plus réaliste de l'artiste par rapport à celui de Morris produit un résultat absolument formidable pour les yeux, d'autant plus que le côté fantomatique et hivernal de nombreuses scènes renforcent le sentiment de proximité que nous avons vis-à-vis des personnages. Les thématiques écologistes et anticapitalistes sont également présentes, et quand on voit la manière dont aujourd'hui s'enfonce notre société dans une inéluctable tragédie commune, on ne peut qu'être content de voir qu'il est possible d'insuffler ces sujets avec humour et légèreté, dans ce genre de produit moderne. Alors oui, les Dalton n'ont peut-être pas un rôle aussi central qu'ils ont pu l'avoir dans l'œuvre fondatrice de Lucky Luke, oui le cowboy n'est pas ici en train de livrer un one man show et d'occuper le devant de la scène de la première à la dernière vignette, mais il n'empêche, cette longue marche est réellement exécuté avec maestria et relève du plaisir artistique, de bout en bout. Matthieu Bonhomme n'est certainement pas Morris et n'a jamais prétendu l'être : son Lucky Luke, par contre, tout en n'étant clairement pas celui de nos grandes années de jeunesse, en est un digne avatar. C'est tout simplement beau, bien écrit, et il faudrait vouloir se faire du mal que de vouloir s'en priver, pour les mauvaises raisons.
Chez Lucky Comics / DargaudSUPERGIRL (DC PRIME) TOME 1 : MÉSAVENTURES À MIDVALE
Les motivations et la caractérisation de Lesla-Lar restent, elles, réduites à l’essentiel. D’où cette impression persistante d’un comic book pensé pour un public adolescent. Passée sa jalousie envers Supergirl, le personnage se révèle animé par un besoin simpliste : être aimé, se faire des amis. Et, comme chacun sait, l’amitié change une vie. Dès lors, la dynamique évolue rapidement : entre une jeune fille sauvée par Supergirl, l'entrée en scène de la fille de Lex Luthor, et cette rivale devenue alliée, une étrange sororité se met en place. Avec au menu une virée entre copines dans un bar gothique, tandis que Supergirl prend sous son aile celle qui, quelques pages plus tôt, cherchait à l'humilier, afin de lui apprendre les bases du métier de super-héroïne. Le tout est rapide, coloré, presque bubble gum, et ne cherche jamais la profondeur. Ce qui surprend davantage, en revanche, c’est de voir ce type de récit publié sous le label DC Prime. Un album de ce genre aurait trouvé toute sa place dans une collection parallèle, pour assumer pleinement son orientation juvénile. Mais ici, avec des épisodes qui font ponctuellement référence à la continuité récente de DC Comics, la rupture de ton interroge. Comment passe-t-on d’une héroïne évoluant dans l’ombre de son célèbre cousin à une adolescente aux préoccupations et fréquentations aussi légères ? Le contraste a de quoi dérouter (euphémisme). Côté dessin, le travail de Sophie Campbell (également scénariste, donc) se révèle correct sans être particulièrement marquant. À ce jeu du décalage stylistique, d’autres artistes, comme Michael Allred, assument bien davantage leurs choix esthétiques et en tirent une véritable identité visuelle. Bref, vérifiez bien que vous avez compris de quoi il en retourne, avant l'achat de ce premier tome qui annonce le film que vous savez…
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LE PODCAST LE BULLEUR PRÉSENTE : SKATING WILDER
- La sortie de l’album La reine des pantins que l’on doit à Rosalia Radosti ainsi qu’aux éditions Dupuis
- La sortie de l’album Gigi, adaptation d’une nouvelle de Colette par Catel Muller et Claire Bouilhac pour un album édité chez Dargaud
- La sortie de l’album La garde, un titre que signent Sophie Legoubin Caupeil pour le scénario, Alice Charbin pour le dessin et c’est sorti chez Delcourt dans la collection Encrages
- La sortie de l’album Matisse, le rêve absolu que l’on doit au scénario de Julie Birmant, au dessin de Jörg Mailliet et c’est paru aux éditions des Arènes BD
- La sortie de l’album Français langue étrangère que l’on doit à Salch et c’est paru aux éditions Dargaud
- La sortie de l’album Lili toujours debout jusqu’au bout ! Album que l’on doit à Lili Keller Rosenberg que scénarise et dessine Boris Golzio pour un ouvrage paru chez Glénat dans la collection 1000 feuilles.
STAND STILL : METTRE LE TEMPS SUR PAUSE AVEC LOUGHRIDGE ET ROBINSON
LA SIMULATION (DE LOIC HECHT) : ET SI NOUS VIVIONS DANS UN MONDE QUI N'EXISTE PAS ?
La question est proprement vertigineuse, raison pour laquelle nous avions tant envie de découvrir La simulation , enquête réalisée par Loïc ...
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Comme chaque samedi désormais, nous vous proposons de plonger dans l'univers de la bande dessinée au sens le plus large du terme,...
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3,99 €, c'est la somme fort modique qu'il vous en coûtera pour découvrir Deadpool la collection qui tue , chez Hachette. Le ...
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UniversComics Le Mag 55 Septembre 2025 Magazine comics BD gratuit. Votre copie vous attend ici : https://madmagz.app/fr/viewer/6887f35b69c...


















