Il faut être honnête, ce troisième album hommage réalisé par Matthieu Bonhomme était-il nécessaire ? La question, en fait, ne se pose pas en ces termes. Depuis quand une bande dessinée doit-elle être nécessaire ? Ce que l'on attend d'elle, c'est une qualité artistique qui fasse de l'histoire une proposition pertinente, susceptible de toucher un lectorat large. Ici, Lucky Luke est loin d'être la pâle copie du cowboy solitaire; bien au contraire, le style beaucoup plus réaliste de l'artiste par rapport à celui de Morris produit un résultat absolument formidable pour les yeux, d'autant plus que le côté fantomatique et hivernal de nombreuses scènes renforcent le sentiment de proximité que nous avons vis-à-vis des personnages. Les thématiques écologistes et anticapitalistes sont également présentes, et quand on voit la manière dont aujourd'hui s'enfonce notre société dans une inéluctable tragédie commune, on ne peut qu'être content de voir qu'il est possible d'insuffler ces sujets avec humour et légèreté, dans ce genre de produit moderne. Alors oui, les Dalton n'ont peut-être pas un rôle aussi central qu'ils ont pu l'avoir dans l'œuvre fondatrice de Lucky Luke, oui le cowboy n'est pas ici en train de livrer un one man show et d'occuper le devant de la scène de la première à la dernière vignette, mais il n'empêche, cette longue marche est réellement exécuté avec maestria et relève du plaisir artistique, de bout en bout. Matthieu Bonhomme n'est certainement pas Morris et n'a jamais prétendu l'être : son Lucky Luke, par contre, tout en n'étant clairement pas celui de nos grandes années de jeunesse, en est un digne avatar. C'est tout simplement beau, bien écrit, et il faudrait vouloir se faire du mal que de vouloir s'en priver, pour les mauvaises raisons.
Chez Lucky Comics / DargaudLA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE : LE NOUVEAU LUCKY LUKE DE MATTHIEU BONHOMME
SUPERGIRL (DC PRIME) TOME 1 : MÉSAVENTURES À MIDVALE
Les motivations et la caractérisation de Lesla-Lar restent, elles, réduites à l’essentiel. D’où cette impression persistante d’un comic book pensé pour un public adolescent. Passée sa jalousie envers Supergirl, le personnage se révèle animé par un besoin simpliste : être aimé, se faire des amis. Et, comme chacun sait, l’amitié change une vie. Dès lors, la dynamique évolue rapidement : entre une jeune fille sauvée par Supergirl, l'entrée en scène de la fille de Lex Luthor, et cette rivale devenue alliée, une étrange sororité se met en place. Avec au menu une virée entre copines dans un bar gothique, tandis que Supergirl prend sous son aile celle qui, quelques pages plus tôt, cherchait à l'humilier, afin de lui apprendre les bases du métier de super-héroïne. Le tout est rapide, coloré, presque bubble gum, et ne cherche jamais la profondeur. Ce qui surprend davantage, en revanche, c’est de voir ce type de récit publié sous le label DC Prime. Un album de ce genre aurait trouvé toute sa place dans une collection parallèle, pour assumer pleinement son orientation juvénile. Mais ici, avec des épisodes qui font ponctuellement référence à la continuité récente de DC Comics, la rupture de ton interroge. Comment passe-t-on d’une héroïne évoluant dans l’ombre de son célèbre cousin à une adolescente aux préoccupations et fréquentations aussi légères ? Le contraste a de quoi dérouter (euphémisme). Côté dessin, le travail de Sophie Campbell (également scénariste, donc) se révèle correct sans être particulièrement marquant. À ce jeu du décalage stylistique, d’autres artistes, comme Michael Allred, assument bien davantage leurs choix esthétiques et en tirent une véritable identité visuelle. Bref, vérifiez bien que vous avez compris de quoi il en retourne, avant l'achat de ce premier tome qui annonce le film que vous savez…
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LE PODCAST LE BULLEUR PRÉSENTE : SKATING WILDER
- La sortie de l’album La reine des pantins que l’on doit à Rosalia Radosti ainsi qu’aux éditions Dupuis
- La sortie de l’album Gigi, adaptation d’une nouvelle de Colette par Catel Muller et Claire Bouilhac pour un album édité chez Dargaud
- La sortie de l’album La garde, un titre que signent Sophie Legoubin Caupeil pour le scénario, Alice Charbin pour le dessin et c’est sorti chez Delcourt dans la collection Encrages
- La sortie de l’album Matisse, le rêve absolu que l’on doit au scénario de Julie Birmant, au dessin de Jörg Mailliet et c’est paru aux éditions des Arènes BD
- La sortie de l’album Français langue étrangère que l’on doit à Salch et c’est paru aux éditions Dargaud
- La sortie de l’album Lili toujours debout jusqu’au bout ! Album que l’on doit à Lili Keller Rosenberg que scénarise et dessine Boris Golzio pour un ouvrage paru chez Glénat dans la collection 1000 feuilles.
STAND STILL : METTRE LE TEMPS SUR PAUSE AVEC LOUGHRIDGE ET ROBINSON
BATTLE BEAST : UN FAUVE DE COMBAT DANS L'UNIVERS D'INVINCIBLE
Le personnage qui permet de mettre en lumière un aspect plus sensible de notre Fauve de Combat est le Prince Salaka, sorte d'extraterrestre souffreteux et à demi dévoré, qui fait de sa fragilité et dépendance deux armes redoutables pour forger une étrange amitié. Ajoutons aussi une intelligence artificielle qui pilote un vaisseau spatial et n'a de cesse de trouver le meilleur moyen de se débarrasser du Fauve : comment unir l'utile à l'agréable, à la demande même de celui qui ne rêve que d'un affrontement définitif, son propre trépas à la clé. De son côté, Ryan Ottley semble s’amuser comme rarement. Son dessin est toujours aussi nerveux, mais il se permet ici encore plus de variations, passant de scènes presque comiques à des planches beaucoup plus spectaculaires, parfois très épurées, qui rappellent certaines ambiances de la science-fiction des années 1970. Les affrontements sont d’une efficacité redoutable, lisibles, dynamiques, et franchement impressionnants. Et les détails si soignés et nombreux qu'on ne peu que constater une progression vraiment remarquable depuis les premières heures d'Invincible. Les couleurs d’Annalisa Leoni viennent renforcer l’ensemble avec une vraie richesse visuelle, ce qui ne gâche rien ! Autre bon point : ce comic book reste très accessible. Même sans connaître parfaitement Invincible, on peut entrer dans l’histoire sans difficulté. Le point de départ est clair, les enjeux le sont tout autant, et il suffit de se laisser porter. Les lecteurs déjà familiers de cet univers apprécieront en revanche les nombreux clins d’œil disséminés au fil des pages. Inutile non plus d'avoir un prix Nobel en analyse du comic book moderne pour savourer l'ensemble. Ici, c'est l'entertainment qui prime, baby. En gros, Battle Beast coche toutes les cases du bon spin-off. C’est fun, violent, généreux, parfois un peu excessif, traduit encore et toujours par Edmond Tourriol (important pour la continuité du monde de Kirkman) et sans le moindre complexe. Ne demandez pas à ce titre d'être ce qu'il n'est pas, et ne boudez pas votre plaisir (d'autant plus que l'édition chez Delcourt regorge de variant covers et autres bonus).
LA CROISADE DE L'INFINI : UN OMNIBUS DIVIN ?
Certains objecteront que cette saga, qui constitue la troisième et dernière partie d'une trilogie, commence sérieusement à manquer de souffle. Ils n'auront pas tout à fait tort. Inutile de préciser que c'est le volet le moins indispensable, et d'ailleurs les dessins aussi ressentent une certaine lassitude. Ron Lim avait du augmenter la cadence de son travail d'une manière conséquente, et il n'avait plus trop le temps de faire œuvre de précision chirurgicale. Son encreur, Al Milgrom, n'est de toute évidence pas non plus à la hauteur, et cela finit par se voir. Semic avait opté en son temps pour une publication Vf sous formes de trois albums hors-série, qui existent également en version reliée, facilement trouvable sur les sites de ventes aux enchères, tout comme les différentes versions en librairie depuis l'arrivée de Panini. Mais l'intérêt de l'omnibus, c'est bien entendu la publication d'une énorme fournée de tie-in, ces épisodes annexes qui rythment les événements narrés dans les séries régulières des héros Marvel. La Division Alpha, Spider-Man, le Docteur Strange, Deathlok, Darkhawk, Moon Knight… ils sont nombreux, ils sont parfois inédits, ce sont des moments d'histoire oubliés de chez Marvel, à déguster sans modération. Du bon gros comic-book mainstream, qui correspondait bien à l'idée que le lecteur des nineties avait d'un "event" ces années là. Je reste d'avis qu'il y avait dans ce genre d'aventure un parfum de naïveté et une volonté de raconter qui n'est pas toujours évidente aujourd'hui, à une ère sombre et chirurgicale, où le comic-book se doit se singer les travers de la réalité et de se perdre dans une narration décompressée, qui rebute forcément les nouveaux lecteurs occasionnels. Ou bien qui ne prend plus rien au sérieux, et use et abuse de la dérision pour faire chuter les héros de leurs piédestaux. Point de raton laveur dans l'espace ou de Guerres Secrètes à l'horizon, voici venir un bain de jouvence recommandé pour ceux qui à l'époque étaient de fidèles clients de Semic, ancêtre toujours choyé (avec Lug) parmi les plus anciens d'entre nous. Qui trouvent chez Panini l'archivage ultime, définitif, qui devrait finir sur vos étagères ?
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KIDS : FAITES DES GOSSES AVEC GARTH ENNIS ET DALIBOR TALAJIC
Ce décalage n’empêche pas le récit de maintenir une tension intéressante, notamment grâce à l’ambiguïté morale qu’il installe. Peut-on lutter contre ces êtres alors qu’ils restent, au fond, des bébés ? Toute la force du début repose sur cette idée, à la fois absurde et profondément dérangeante. Mais sur la (courte) durée, le scénario montre ses limites. Le format très bref ne permet pas d’explorer pleinement les thèmes esquissés, que sont la parentalité, l’égoïsme humain, ou encore la pression sociale liée à la famille. Certains comportements de personnages manquent de naturel, comme si l’histoire les forçait à agir de manière peu crédible pour aller là où elle veut. On sent que le concept aurait mérité plus d’espace pour respirer. Signalons aussi la présence d'une tierce personne, qui est "embarquée" par la famille au centre de cette histoire, et qui est utilisée à des fins de résolution hâtive, par le truchement d'un coup de baguette qui vient quand même faire drastiquement chuter la tension (même si la dernière vignette ose la promesse d'un nouveau retournement de situation). Pour ce qui est du dessin, Dalibor Talajić fait le job avec une grande efficacité (avec les couleurs de Stjepan Bartolic). Ses personnages sont volontairement dérangeants : des adultes aux gestes maladroits, aux postures improbables, dégingandées, qui créent un malaise immédiat. Il parvient à rendre crédible l'idée de corps qui ne “savent” pas encore exister, qui n'ont pas encore de mode d'emploi, ni de limites clairement affichées. Talajic prouve qu'on peut jouer avec le réalisme, le distordre juste ce qu'il faut pour le rendre personnel, tout en secondant à merveille la folie d'Ennis. Du coup, Kids s'avère être une lecture à la fois intrigante, intelligente et imparfaite. Une bande dessinée qui repose sur une idée très forte, mais qui peine à en exploiter toutes les implications. Une récréation quand même percutante, mais un poil courte sur pattes.
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LA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE : LE NOUVEAU LUCKY LUKE DE MATTHIEU BONHOMME
Lucky Luke, c'est le cowboy solitaire par essence. On ne lui connait pas de relation suivie, que ce soit avec une femme ou un homme, tou...
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Comme chaque samedi désormais, nous vous proposons de plonger dans l'univers de la bande dessinée au sens le plus large du terme,...
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3,99 €, c'est la somme fort modique qu'il vous en coûtera pour découvrir Deadpool la collection qui tue , chez Hachette. Le ...
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UniversComics Le Mag 55 Septembre 2025 Magazine comics BD gratuit. Votre copie vous attend ici : https://madmagz.app/fr/viewer/6887f35b69c...


















