YOUNGBLOOD #1 : LE RETOUR POUR LES 25 ANS D'IMAGE COMICS

Quand Rob Liefeld a démarré Youngblood, et par là même l'aventure Image Comics, il n'était encore qu'une jeune promesse, surfant sur la vague d'une reconnaissance précoce. Dans sa manche, une énorme dose d'enthousiasme, une réputation d'enfant terrible, et un style ultra explosif qui faisait fi des anatomies, des canons en vigueur, et qui d'ailleurs n'a jamais trop évolué, en ce sens. Il a connu la gloire, puis l'éclipse. Puis le retour, même si pour de fugaces apparitions, avec un fort clivage chez les fans. Aujourd'hui, Rob dessine un petit récit back-up dans ce Youngblood Reborn, où il nous montre Shaft en prison. Mais je commence par la fin...
Nous sommes à une autre époque, celle où tout se joue en mode virtuel, où les réseaux sociaux et les applications ont un rôle prépondérant dans la société. Le titre écrit par Chad Bowers joue donc la carte de la modernité actuelle, tout comme il y a vingt ans cela pouvait être pertinent de présenter des héros et le suivi médiatique (paparazzi, les médias) qui leur collait à la peau. En 2017, cela donne un service internet où des personnages en costume viennent résoudre crises et problèmes, et qui sont ensuite évalués par un système de notations à étoiles, dans la traditions des Amazon ou autre Tripadvisor. 
Surprise dans ce Youngblood 2017, l'accent n'est pas placé sur des poses exagérées et un dynamisme sous cocaïne, mais on trouve aussi des planches plus classiques, voire très prolixes, comme une comprenant 15 vignettes et totalement axée sur le dialogue. L'histoire démarre avec un jeune justicier du nom de Man-Up, qui répond à un appel à l'aide sur l'application Help! (la bien nommée). Le problème, c'est qu'il disparaît et que son profil (pourtant soigné, cinq étoiles l'ami...) est effacé. C'est ce mystère qui pousse la jeune Gunner à se rendre à la police, pour signaler les faits, et tenter d'en savoir plus. Hélas les détails qu'elle peut fournir sont si légers et sommaires que les agents ont presque l'impression qu'elle se paie leurs têtes. Petit  à petit nous allons en apprendre d'avantage, et aussi retrouver, dans leur nouveau quotidien, des membres récurrents des Youngblood comme Vogue, Diehard, Badrock, et Shaft. L'apparition de Badrock est des plus sympathiques, et le concept est amené avec une touche humoristique bienvenue. Ce qu'on apprécie le plus? La faculté de s'éloigner de ce que fut Youngblood en son temps. La volonté de ne pas singer, ni dans les textes, ni dans le style graphique, et de réellement offrir aux lecteurs une mouture nouvelle, prête pour ce siècle. Si cela fonctionnera, c'est une autre paire de manches, et je n'envie pas Jim Towe qui a la lourde tâche de relancer tout ça en faisant oublier Liefeld, et dans un style qui s'en éloigne ouvertement. Si vous voulez lire ces Youngblood là, faites le pour de la vraie curiosité, mais pas par nostalgie canaille. It's different. 



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BOOK OF DEATH : LE LIVRE DES GEOMANCIENS CHEZ BLISS COMICS

Si vous en avez assez des grands événements chez Marvel ou Dc, pourquoi ne pas tenter le même genre de propositions, mais chez un autre éditeur, à savoir Valiant? Depuis quelques mois la maison d'édition est en plein boom, et Bliss Comics en a récupéré les droits au bon moment, assurément. Book of Death est donc une mini série d'importance, qui présente les héros Valiant face à une menace de grande envergure, et divisés entre eux (un petit coté Civil War, modeste). Tout a commencé avec l'arrivée à notre époque d'une fillette qui parait venir du futur. Tama est géomancienne, c'est à dire qu'elle peut manipuler les forces créatrices de la Terre, des minéraux aux éléments de l'air. Elle a apporté avec elle une sorte de livre des révélations, dans lequel est contenu la manière dont la planète sera mise à genoux, et le funeste destin que vont connaître tous les héros. Gilad Anni-Padda, le Guerrier Eternel, est là pour la protéger, comme l'impose son devoir vis à vis de tous les géomanciens successifs, depuis l'aube des temps, mais il doit faire face à l'opposition musclée de ses anciens alliés au sein du team Unity (un peu les Avengers de chez Valiant) qui ont reçu l'ordre de le stopper, convaincus que de récentes catastrophes impliquant la faune et la flore devenues folles sont le fait de la petite protégée. En réalité, celle ci est poursuivie par une sinistre entité qui exploite les pouvoirs d'un petit garçon, censé posséder les pouvoirs légitimes des géomanciens, et la lutte est sans merci, à coups d'invasions de scorpions, d'essaims de corbeaux. La Terre elle-même se dresse contre Gilad dans sa tâche, alors que Ninjak, Livewire et X-O Manowar cherchent à la maîtriser, tout en se prenant une raclée sur le champ de bataille. La fin du monde approche, et les surhumains en costume se tapent dessus…

Book of Death raconte comment le destin peut-être inversé, comment ce qui est écrit peut être déjoué. Mais souvent, il faut aussi en passer par un sacrifice. Ces 4 épisodes forment un récit bien mené, qui confirme qu'il se passe de belles choses chez Valiant. Robert Venditti, qu'on a connu peu inspiré sur Green Lantern, fait ici un bon travail, et convoque le spectre d'un âge sombre, et la lutte pour la suprématie sur Terre, à travers des pages musclées et toujours rythmées. En parallèle à Book of Death, cet album propose aussi des récits adjuvants, qui s'insèrent entre les différents chapitres, et qui sont nommés The Fall of X-O Manowar, Ninkak, Harbingers et Eternal Warrior. Il s'agit là de narrer comment ces héros vont disparaître un jour de l'équation. Parfois en connaissant une mort violente, parfois en s'éteignant plus paisiblement que prévu, mais toujours sans avoir sauvé le monde ou accompli avec un parfait succès leur mission. D'autres grands noms se succèdent au scénario, comme Jeff Lemire ou Matt Kindt, qui sont deux des architectes majeurs du passé récent de Valiant. Les dessinateurs sont donc nombreux, à commencer par Robert Gill, dont le trait est minutieux, mais peut-être trop anguleux dans les visages (on y trouve un soupçon de Yu, par moments), et le toujours excellent Trevor Hairsine, qui est un des artistes phares de Valiant. Doug Braithwaite est aussi de la partie, lui qui livre ces derniers mois des prestations remarquables sur les titres de cet univers narratif. Ce livre des géomanciens a le mérite de pouvoir pratiquement se lire indépendamment, et ne nécessite même pas une connaissance approfondie des personnages. A l'heure où Marvel s'entête à vouloir faire se succéder les "events" sans les planifier de manière fonctionnelle, Valiant peut s'enorgueillir d'un nombre de mensuels beaucoup plus restreints, mais avec des ambitions artistiques plus claires, et qui font presque toujours mouche. Voici encore une publication que nous vous recommandons sans restrictions. 


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ROCKET #1 : ENCORE UN NOUVEAU DEPART POUR LE RACCOON

Marvel expérimente. Tâtonne. Probablement propose trop de séries, dont une partie sans intérêt artistique évident. C'est dans ce contexte que les derniers chiffres de vente sont sans appel, une trentaine de mensuels tirent à moins de 20 000 copies, ce qui n'est pas réjouissant. Rocket fera t-il mieux? La question se pose. Comme souvent, la direction donnée à cette nouveauté est ouvertement "indie", avec des dessins qui risquent de déplaire au grand public habitué au style réaliste et léché, et un scénario délirant qui prend les choses au troisième degré, et ajoute à la folie habituelle une dose de mélancolie sentimentale, avec un héros pas si insensible que cela. 
L'autre problème, ce sont les relaunch continus, qui font que honnêtement, voir arriver un nouveau nouveau numéro 1 pour le Raccoon, ça n'a plus rien de vraiment excitant. Ici ça se justifie par l'ambiance instaurée par Al Ewing, qui présente le personnage sous un jour proche du "détective de série noire", faisant tomber la combinaison spatiale, et convoquant un ancien amour de l'animal, qui a fini par lui briser le coeur, et revient le voir uniquement pour solliciter de l'aide. Ewing tente de nous faire accrocher au concept avec un humour doux amer, et un Rocket qui a sa propre dimension tragique, étant avant tout un solitaire à la recherche d'attaches qu'il n'a jamais trouvé, et qu'il préfère désormais dédaigner. Un raton-laveur de l'espace, qui s'éprend d'une otarie cosmique, plus ou mois, une histoire d'amour assez bizarroïde, qui envoie le héros jouer aux cambrioleurs, avant de se retrouver aux fers, en détention, où il va par ailleurs fréquenter Peter Quill.
La seconde partie tourne un peu à la Ocean Eleven. Une histoire de gros casse bien difficile à réaliser, avec en invités surprises les Technets. Pour ceux qui ne le savant pas, ce sont des chasseurs de prime interdimensionnels, apparus la première fois dans les pages de Captain Britain. Des personnages vraiment décalés et potentiellement attachants, qui apportent ici de la variété et une interaction évidente, dans un titre qui est plus choral que prévu. Adam Gorham tente la carte du dessin un peu caricatural, faussement sale et relâché, et les couleurs de Michael Garland apportent une touche quasi psychédélique, qui se combine bien avec les créatures si singulières qui peuplent ces pages.
Un bon départ, donc, avec un mensuel qui a trouvé vite une direction, et s'inscrit bien comme quelque chose de différent de ce qui a précédé. Le problème par contre, c'est que tout semble confirmer les intentions expérimentales des artistes à bord, ce qui implique logiquement des ventes confidentielles, ou tout du moins modestes. Rocket s'annonce comme un joli petit titre à suivre, mais qui ne fera pas sauter la banque au box office. 


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GORAN PARLOV AU PRINTEMPS DES COMICS : RENCONTRE AVEC UN ARTISTE IMMENSE ET ATTACHANT

On retrouve l'artiste à une table de la Villa la Tour, à Nice. Goran n'est pas du matin, et pourtant, malgré un voyage mouvementé et marqué par des retards incessants entre les différentes correspondances aériennes, il nous a rejoint la veille, pour le première édition du Printemps des Comics. S'il parvient à ouvrir les yeux et fonctionner, c'est grâce au café, qu'il absorbe en quantité industrielle. Il en a toujours été ainsi, même quand j'étais à l'école primaire. Je n'ai jamais eu de bons résultats le matin, je ne suis pas du matin. En général je ne suis pas en forme si je dois me lever avant midi. Nous voici avertis. Goran Parlov, c'est un dessinateur qu'on adore, que nous voulions absolument avec nous. Man, un monument! Et franchement prendre ses lasagnes en compagnie du Punisher, par un joli midi de printemps, à Nice, voilà qui confine avec l'irréel, à bien y penser. La force tranquille, Goran. D'ailleurs, le Punisher n'est pas fait pour être en mouvement, je ne sais pas dessiner le Punisher en train de courir, par exemple, ce serait presque le rabaisser. Mon Punisher ressemble plus à Terminator, fixe, immobile, imposant. On veut bien le croire. Goran aussi en impose, et en même temps il dégage une sympathie profonde, une forme de bonté qui apparaît derrière les volutes de la cigarette (hier j'étais bloqué à l'aéroport, sans pouvoir en fumer une...) et les yeux alourdis, signe de la fatigue et du manque de sommeil. Mais il a aussi l'air heureux d'être là, et ça fait chaud au coeur. Goran Parlov est croate, né à Pula dans les années 70, pas si loin que cela de la frontière italienne. On s'imagine des choses sur la Yougoslavie communiste, et on se rend compte qu'on a tort. J'ai passé une enfance heureuse finalement. Je lisais beaucoup de bd... si aujourd'hui nous pouvions avoir le tiers de tout ce qu'on trouvait alors dans nos kiosques! A l'époque en Yougoslavie les gens pouvaient acheter moins de choses mais l'école était gratuite, idem pour la médecine, la pharmacie...les entreprises offraient même un logement, au bout d'un moment, aux familles. Mon père avait la plus belle voiture de la ville, une Fiat Croma rouge. Mais la guerre est passée par là. Parlov se retrouve en Italie, en Ligurie, et décroche ses premiers contrats pour la maison d'édition italienne Sergio Bonelli, non sans avoir connu la galère. Pour en arriver là, l'artiste a étudié dans son pays. J'ai fait les beaux-arts à Zagreb, mais c'est seulement quand j'ai quitté l'université que j'ai trouvé ma voie, que j'ai commencé à savoir dessiner. Il m'a fallu désapprendre ce que j'avais appris pour devenir un artiste. Tant mieux pour nous. Les vrais débuts se feront sur Ken Parker, avec Giancarlo Berardi, et Parlov va se faire un nom, à en devenir incontournable, chez Bonelli, avec Nick Raider, Tex (L'ultima frontiera) et Magico Vento (et Gianfranco Manfredi)

Goran Parlov est avec nous pour une séance de dédicace/free sketch chez Alfa Bd, le vendredi après-midi, et la samedi. Il nous accompagne aussi pour une conférence à la Bibliothèque Louis Nucéra, avec au passage le Commis des comics en guest à Nice. Les réactions de ceux qui le croisent ou se font dédicacer un album sont unanimes. Gentil, disponible, hyper talentueux. Les cigarettes défilent, les cafés ristretto aussi, et l'artiste semble avoir trouvé son habitat naturel à la table extérieure du restaurant italien Pane e Olio, où la concentration en caféine lui permet de rester en fonction. Tiens, on parle un peu de Starlight avec lui. Une scène que j'aime beaucoup, c'est lorsque Duke McQueen se rend aux funérailles de son épouse, au début. Il est de dos, plongé dans l'obscurité chez lui, on le voit sortir, entrer dans la lumière, c'est simple mais efficace. Avec Mark Millar ce fut un vrai travail de collaboration. par exemple je me rappelle avoir appelé Mark, en recevant le script du second numéro, et lui avoir fait remarqué qu'il ne semblait pas correspondre au rythme et au ton du premier. Cela ne ressemblait plus à la même histoire. Et bien il a réécrit tout l'épisode, jusqu'à ce que vous avez pu lire. Mais ce genre d'entente ne marche pas toujours... Par exemple avec Garth Ennis, c'est très différent. Il faut tout faire exactement comme il le dit, jusqu'aux modèles précis d'avions présents dans le récit, le nombre d'hélices...Du reste Goran Parlov peut et sait tout dessiner, de la jungle du Viet-Nam aux canyons de béton des grandes villes, en passant par l'espace et les monde aliens, ou les chevaux du grand west. Comme à ses débuts, un splendide numéro spécial de Tex qui en fait n'est pas une vraie histoire de Tex. Le ranger reste en retrait, même les lieux habituels sont différents, là on le retrouve dans le grand nord, au Canada, ça n'avait rien à voir. Et j'ai du dessiner des chevaux! Donc Goran n'est pas qu'un artiste de comic-book traditionnel, loin de là! Mon premier amour c'est d'ailleurs Blek Le Roc, du trio EsseGesse (Giovanni Sinchetto, Dario Guzzon et Pietro Sartoris). Un trapper qui lutte contre les forces de l'occupation anglaise, à l'époque de l'indépendance du Canada. Coté comics, j'ai débuté sur Oulaw Nation, gâce à Goran Sudzuka, qui bossait avec le scénariste Jamie Delano, et avait besoin d'un coup de main. Ensuite est arrivé Garth Ennis, et le Punisher...
Goran Parlov nous a régalé de nombreux sketchs, et de toute sa sympathie durant ce week-end du Printemps des Comics. Un secret en vue de l'avenir? Il est plus que probable qu'il revienne nous rendre visite en 2018 pour la prochaine édition. D'ailleurs, comme il le dit lui même Je chercherai bien un petit appartement pour passer quelques semaines en France, il suffit juste qu'il y ait du wi-fi... J'en profiterai pour aller saluer des amis... Avec Goran Parlov, on a l'impression que tout peut changer sur le moment, que c'est l'atmosphère de l'instant présent qui le guide pour le pas suivant. Un artiste qu'on a hâte de revoir à Nice, mais aussi dans ses oeuvres sur papier. Et qui est repartie en Croatie achever un bref récit de Spider-Man, que Marvel vient de lui confier. 






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COSPLAY MANIA (21) : EXPO LA FRENCH TOUCH (PANINI) à NICE

Le mois de mai est arrivé, l'heure de nous pencher sur un nouveau Cosplay Mania. Du cosplay d'ailleurs, il y en a eu un peu aussi un Printemps des Comics, et cela grâce à l'association Cosplay Azur, active sur Nice, qui nous a fait l'honneur d'être présente le samedi. Certes, nous avons joué de malchance avec le temps, une pluie battante qui a profondément modifié ce qui était prévu de ce coté là, mais en même temps, cela nous a donné de bonnes idées pour une prochaine édition. Au passage je vous signale qu'en collaboration avec Panini Comics, l'exposition "Marvel French Touch" est toujours à votre disposition à la bibliothèque Louis Nucéra de Nice. Les amis de Panini ont préparé là un fort joli spectacle à voir, avec des oeuvres des artistes français qui ont travaillé pour la maison des idées, plus une série de couvertures originales inédites, pour fêter les 20 ans de l'éditeur, et dessinées par des artistes insolites, plus orientés sur le style franco-belge. Après Angoulême, Nice, et je vous recommande fortement d'aller y faire un tour. On se retrouve en fin d'article pour quelques photos et précisions.
Voici en tous les cas notre sélection du mois de mai, comme toujours entre humour, talent, et amour de nos super-héros préférés. De la pop culture à pleines mains.

Mystique (par JasDisney). Une version classique, celle que nous aimions dans les comics de notre jeunesse

Raven (par Zero Suit Sami) Une sombre magicienne dont les talents occultes sont redoutables

Une tête brûlée ce Firestorm (par Brad West). Un vrai costume chatoyant, pas à dire

Le Deadpool de Dadpool cosplay est immense. Du lourd dans ce costume

Une armure assez singulière. Il s'agit de l'Iron Man "asgardian armor", et c'est signé Prince Armory

Elle ne plaisante pas cette superbe ninja. La belle Psylocke de Jennifer Ann

Un couple inhumain, avec Black Bolt et Medusa. On en voit de drôles en convention comics!

LockJaw pour un "free hug". Crystal nous présente son gentil toutou


L'exposition Marvel la French Touch se tiendra jusqu'au 27 juin à la bibliothèque Louis Nucéra de Nice. Entrée gratuite ça va de soi, et cela vous donne une bonne excuse pour flaner au milieu des rayons de livres et bd, tout en observant de fort jolies oeuvres. Allez-y! 





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BATMAN UNIVERS HS 5 : LE MANHUNTER D'ARCHIE GOODWIN ET WALTER SIMONSON

Le Batman Univers HS 5 nous propose un bond dans le temps, et un sommaire singulier. En effet, ce n'est pas une série particulière que nous allons suivre de manière chronologique, mais le travail d'un auteur, le scénariste Archie Goodwin, et sa prestation sur Detective Comics. Cela commence avec trois récits d'une quinzaine de pages, qui sentent bon les années 70, dans la manière dont fonctionne la narration. Pour être honnêtes, ce ne sont pas des aventures inoubliables, même si ma préférence va à la seconde, où Batman se retrouve face à une créature monstrueuse qui hante le manoir de famille, et sème la mort. Jim Aparo et son trait classieux et si lié à la carrière du personnage sont les raisons de se laisser tenter, sans oublier que le grand Alex Toth illustre le troisième épisode, où une histoire alambiquée de vengeance d'aviateurs fait qu'un vieux biplan mitrailleur vient semer le trouble en plein Gotham. L'épure et le sens du story-telling du dessinateur laissent croire que cette aventure est bien plus ancienne, et elle possède un charme que les amateurs de vintage apprécieront grandement.
Tout ceci n'est qu'une mise en bouche, car c'est la suite qui mérite qu'on s'y attarde plus longuement. Nous découvrons alors les pages servant de back-up story depuis le #437, là où débute la saga de Manhunter, le chasseur d'hommes. Ce récit est complexe et raconté d'une bien surprenante façon pour l'époque. Il démarre au Népal, puis convoque Interpol (et la jolie agente Christine St Clair) et une autre organisation secrète, qui aurait noyauté les services de renseignements, pour y placer ses propres pions. Tout ceci à cause du projet impliquant la création d'une arme vivante (Manhunter), doté d'un facteur autoguérisseur, d'une habileté hors du commun, et entraîné au maniement parfait de nombreuses armes. Face à lui, au fil des rebondissements, nous trouvons aussi toute une armée de ses propres clones, qui n'ont de cesse de l'éliminer, lui qui n'a finalement pas été aussi docile que prévu, et n'a pas joué le rôle de marionnette qui lui échouait au départ. 


Ce n'est donc pas Batman qui est la vedette ce de ce Batman Univers. Ce sera aussi bien ainsi, car le récit proposé fait partie de ces histoires cultes que les lecteurs qui savent recommandent, alors qu'il n'existait pas, jusque là, une édition française accessible de la sorte. C'est donc Goodwin qui écrit, et Walter Simonson qui se charge du dessin, en truffant les planches de petites cases très cinématographiques et modernes, qui dynamisent le récit, par ailleurs loin d'être linéaire et convenu. Le Manhunter s'appelle ici Paul Kirk, et c'est une sorte de clone, la réincarnation d'un personnage du golden age, qui lutte contre le conseil, une organisation secrète qui l'a formé et à laquelle il a tourné le dos. On appréciera aussi l'humour froid qui suinte par endroits, comme cet épisode (ils font huit pages chacun, d'ailleurs) se situant à la cathédrale de Romulus à Istambul. Alors qu'un couple de touristes quitte nonchalamment les lieux en se plaignant de la monotonie, l'intérieur vibre encore d'un combat terrible, qui se déploie en une foultitude de petites vignettes, avec des pages fébriles et tourbillonnantes, démontrant à quel point cette back-up était novatrice. Urban Comics nous permet de retrouver tout ceci en kiosque pour moins de six euros, nous ne pouvons que vous recommander ce tout petit investissement. 





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CINECOMICS : LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOLUME 2 (LA REVIEW UNIVERSCOMICS)

Vous avez aimé le premier film? Il y a de fortes chances que vous appréciez beaucoup le second. Qui toutefois va encore plus loin dans sa démarche de désacralisation du genre, poussé par une soif d'entertainement post moderne. Je m'explique. L'humour et la dérision étaient au départ les ingrédients essentiels pour dépeindre les aventures rocambolesques de ces gentils losers hétérogènes à travers le cosmos. Ici le concept est poussé à son paroxysme, au point que en de nombreux moments du film, on tombe dans la parodie pure et simple, de surcroît clairement assumée. Les Gardiens sont maintenant devenus une équipe, pratiquement une famille. Chaque personnage est fort différent de son voisin, mais on comprend qu'ils se serrent les coudes, et tiennent les uns aux autres, dès la bataille rangée de l'ouverture. Avec en prime un baby Groot qui fait de l'oeil au merchandising, se révèle mignon tout plein et drôle, mais très loin de l'arbre humain si touchant qui avait été une révélation la première fois. James Gunn en a fait une sorte d'enfant légitime de toute la bande, qui le protège et le supporte, tandis que les dynamiques internes aux Gardiens paraissent établies, définies. On passe le film à attendre ce qui se produit à la toute fin, et Gunn ne déçoit pas ces attentes, donnant exactement au spectateur ce qu'il pense avoir deviné d'emblée. S'il faut identifier un vrai problème, c'est que maintenant qu'il a trouvé la bonne formule pour identifier le groupe, le réalisateur brise cette union dans le récit en soi, en isolant les Gardiens sur deux planètes distinctes (dont Ego) et les faisant réciter leurs propres problèmes, leurs propres trajectoires, à tour de rôle. Star-Lord, Gamora, Nebula (même elle) ont chacun cet espace personnel où ils vont pouvoir susciter l'empathie, alors que la narration se concentre sur des éléments du passé ou psychologiques, pour mieux cerner le vide ou les motivations qui attisent les manques et les espoirs. Au diable l'équipe, à qui on réserve une orgie d'effets spéciaux et un grand final spectaculaire où tout le monde se fait mater par la colère et la mégalomanie d'Ego (je tairai bien entendu comment la situation se renverse...). Tout ceci avec des allusions continues aux années 80 cette fois, qui servent de running-gag culturel à un film qui se veut cool et se moque de son absence de profondeur.

La bande-son est cette fois moins importante et pertinente que dans le premier volume, et les moments les plus décalées, liés au contexte culturel des eighties, voient l'apparition dans le récit, puis de manière directe, de David Hasselhoff, l'acteur culte de la série K-2000, ou une scène délirante (peut-être too much) où le Pac-Man de notre enfance pointe le bout de son nez. C'est peut-être là une des clés de la volonté de Gunn, retrouver cette naïveté et cette distanciation au réel qui faisait du divertissement d'alors une grosse machine ignorant les règles du réalisme tragique et de la sinistrose. En jeter à la figure, tout le temps (bien peu de temps morts cette fois encore, on ne s'ennuie pas) et s'émerveiller sans penser trop. 
En bout de course, ce second volume est un récit généalogique intéressant. La relation qui unit Peter à son père absent et fantasmé est le point faible par lequel le groupe tout entier se retrouve mis en danger. Tout le reste s'orchestre autour de ce centre de gravité, que ce soit la propension de Rocket à se comporter comme un égocentrique antipathique et malhonnête, ou les difficultés rencontrées par Gamora (mais Star-Lord parvient à pénétrer, hum...son coeur) et Nebula, qui ont eu en Thanos un géniteur encombrant et génocidaire. Le manque d'affection, d'attention, de repères simplement, contribuent à tisser des liens entre ces personnages paumés, qui d'ailleurs font la rencontre d'une charmante empathe capable de lire ce qu'ils ressentent, d'en modifier la teneur ou de l'emphatiser. Bref, les Gardiens s'unissent par les failles, par les défaillances généalogiques e familiales. C'est plein de bons sentiments, ça explose de partout, àa plaisante même face à l'extinction de toute vie qui menace, bref c'est un sacré grand écart que ce film, qui donne le pèche et se révèle électrisant d'un bout à l'autre, tout en se moquant sournoisement de l'époque, du dramatique.
Coté Marvel Fan Boy, à signaler une Mantis assez réussie et délicieusement naïve, qui colle bien au ton choisi par ce long-métrage. Un Ego père de Peter Quill qui se justifie totalement par les besoins du récit, même si la conclusion inévitable du rapport père/fils était cousue de fil blanc. 5 scènes bonus à la fin, certaines inutiles, d'autres nous faisant saliver (Adam Warlock!) Un Youndu badass comme jamais, qui assume même à un certain point le rôle principal et permet la happy end salvatrice qui ouvre la voie royale au volume 3. Bref il y en a pour tous les goûts. Et toute la famille. Le grand space opera Disney/Marvel vous tend les bras, du cinéma super-héroïque pop-corn à consommer le sourire aux lèvres dans les salles obscures, au risque de dégoûter les fins gourmets. 




Une anthologie pour tout savoir


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