BONNE ANNEE 2017 SOUS LE SIGNE DES COMICS

Franchement est-ce qu'il est bien sérieux de lire des bandes dessinées super héroïques passée la quarantaine? Je me pose la question car je suis dans ce cas de figure... qu'est-ce qui peut bien me pousser  -nous pousser- à lire et lire encore, à collectionner ce genre de publication? Sommes-nous donc de grands enfants attirés par les jolies couleurs, et les planches explosives, ou bien de véritables amateurs d'art, qui ont compris que le 9e est loin d'être le dernier, et que les comics on tout à fait leur place au Panthéon du genre? Pour ma part, j'ai appris à lire avec ce type de bandes dessinées. À l'âge de 3 ans mes grands-parents étaient très souvent chargés de veiller sur moi, pendant que mes géniteurs vaquaient à d'autres occupations. Mon grand père avait une étrange conception des loisirs d'un enfant de cet âge... pour lui, ramener du marché des bd petits formats en noir et blanc (Yuma avec Zagor, Rodeo avec Tex, Zembla...) ou super héroïque (Spidey, Strange...) était l'idéal pour le distraire. Le pire c'est que ce qui me semblait probablement des hiéroglyphes à première vue est vite devenu une passion indispensable, qui a marqué de son empreinte ma jeunesse, mon adolescence, et plus encore ma vie d'adulte. Une partie des valeurs qui sont les miennes, des reves et ambitions que j'ai pu nourrir et conserver aujourd'hui encore, relèvent de ces lectures mirifiques. Qui parlent de chutes, de grandeur et décadence, d'humanité dans ce qu'elle a de meilleur, de pire, prolongement évident et moderne des fables et légendes de l'antiquité, d'une ère des héros dont les flammes brûlent encore aujourd'hui grâce au génie et à l'inspiration d'artistes formidables, qui rendent concrets et presque vivants des créatures de papier pourtant plus vraies et fiables que bien de nos semblables. Les comics, c'est l'école de la vie, en bande-dessinée.

Mais lire des comics cela reste une passion onéreuse, qui demande sacrifices et un minimum de disponibilité économique. Passé un certain temps, une sorte de snobisme naturel nous pousse à abandonner le kiosque, là où pourtant à germé notre amour des comics, et nous nous tournons vers les parutions à dos carrés, celles qui font pleurer la tirelire et la carte bleue. De mon côté, je suis désormais un adepte de ce type d'ouvrage quasi exclusivement. Le kiosque ne me sert plus que pour les séries les plus récentes (all new all different Marvel) et en parallèle j'achète beaucoup de versions originales. Autre obstacle pour l'amateur de comics en devenir, savoir comment débuter, quelles séries acheter, mais vous en conviendrez également, il y a un plaisir indéniable à reconstituer petit à petit la généalogie de ces héros, présents depuis des décennies, à combler les vides mois après mois, pour mieux en appréhender l'histoire. La lecture des comics est bien plus exigeante qu'elle ne semble. Si on peut parfois s'arrêter à une vision superficielle ou primaire, il serait dommage de passer à côté des nombreuses possibilités d'interprétation de beaucoup d'histoires, sans oublier le caractère adulte et hautement intelligent du catalogue de labels ou maisons d'édition comme Vertigo par exemple, ou Image. Les comics ce ne sont pas que des héros en slip moulants, avec une cape, c'est une vision du monde dans lequel nous vivons, c'est la réalité géopolitique culturelle et économique de nos sociétés occidentales, qui sont sublimées et digérées, passées au filtre de ce média, qui a enfin gagné ses lettres de noblesse chez le grand public, en empruntant des chemins de traverse, notamment le cinéma. Aujourd'hui lire des comics n'est plus une activité de gamin attardé et asocial. Quand vous lisez des comics à 40 ans, vous en devenez presque cool, et on vous demande même d'animer conférences et interventions culturelles, pour lesquels vous pouvez être rémunérés! Quelque chose d'absolument incroyable pour le gamin que j'étais, qui était montré du doigt dans la cour de récré, lorsqu'il sortait son Spécial Strange en cachette, pour suivre les mésaventures de Cyclope, Phénix et autres mutants. J'ai aujourd'hui la quarantaine, comme un grand nombre d'entre vous qui suivent ce blog, et que je remercie d'ailleurs toutes et tous au passage. Et si je pouvais formuler un vœux pour l'avenir, ce serait celui d' avoir encore autant de temps devant moi pour savoir et profiter de ce que nous réserve Marvel, DC, et les autres! Vive les comics, et souhaitons-nous une excellente année 2017 sous cet angle, riche en lectures passionnantes et en belles découvertes.


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SPIDER-VERSE : LE RETOUR DE LA GRANDE SPIDER SAGA EN LIBRAIRIE

Pour bien comprendre ce qu'est Spider-verse il faut remonter à l'époque où le scénario et la destinée de Spider-Man étaient confiés à Michael Straczynski. C'est lui qui a en effet pris l'initiative de nous expliquer l'origine totémique des pouvoirs du héros en collant. Qui avait affronté un certain Morlun, une sorte de vampire se nourrissant de ladite puissance totémique, donnant naissance à une bataille titanesque dont les lecteurs se souviennent bien encore aujourd'hui. Attiré par les émanations arachnéennes de Peter Parker, Morlun l'avait traqué sans répit, pour s'en repaître, avant de revenir à l'assaut durant la saga L'Autre. Ce même ennemi est aujourd'hui de retour et cette fois il est loin d'être seul puisque c'est toute sa famille, les Héritiers, qui traverse le multivers à la recherche de toutes les incarnations de Spider-Man sur toutes les Terres possibles et imaginables qui peuplent ces innombrables univers parallèles. Nous assistons à un carnage à travers les dimensions; des femmes, des enfants, des monstres, des versions futuristes et des versions animalières, c'est tout un cheptel de Spider-Men qui disparaît peu à peu, la force vitale absorbée par ces chasseurs que rien ne semble pouvoir ralentir. Pour Morlun et les siens c'est un incroyable festin. La seule et unique chance qui reste à disposition des différents tisseurs de toile est de s'unir autour de la quintessence même du personnage, le Peter Parker de notre monde, celui dont nous suivons les aventures depuis notre plus jeune âge. Spider-Man est bien entouré puisqu'il a de nombreux alliés qui vont pouvoir lui prêter main forte, comme par exemple Spider-Woman ou bien Silk, cette jeune héroïne qu'il a récemment découvert et qui aurait été mordu par la même araignée radioactive qui lui a autrefois conféré ses pouvoirs. Le Spider-Man 2099 est également de la partie tout comme la version Ultimate du personnage (Miles Morales) ou bien encore Gwen Stacy en costume sous l'avatar incroyable et inattendu de Spider-Gwen (en réalité la Spider-Woman de son monde!

Une vraie bonne saga comme on les aime, avec un Olivier Coipel fabuleux au dessin. Le frenchie démontre ici qu'il est au sommet de son art, en pleine maturité artistique, et le choix des cadrages, le dynamisme qui explose de chaque page, fait de son travail une raison évidente pour se procurer cet album. Avec lui nous avons Giuseppe Camuncoli, qui sans avoir le même sens du détail et de la mise en scène, est devenu un habitué de la maison, de ceux qui sont capables de rappeler l'héritage du tisseur tout en l'adaptant aux exigences de la modernité. Excusez du peu. 
Certains parleront de fan-service, d'envie de s'adonner à l'orgie arachnéenne, et d'offrir aux lecteurs tout ce et ceux qu'ils auraient secrètement envie de voir évoluer ensemble. Peu importe, car en dehors du caractère un peu "wtf?" du projet de départ, Dan Slott parvient à tisser une trame qui se tient, donne sens à ce que nous savions déjà, tout en donnant à Spider-Man une importance de premier ordre dans la hiérarchie des héros à travers la tapisserie du multivers. Cet album (le troisième de la série Amazing Spider-Man en cours) ne contient pas les nombreux tie-in qui ont jalonné Spider-Verse, mais en dehors de quelques ellipses narratives peu claires, vous n'aurez aucun mal à comprendre enjeux et évolution du récit, qui se révèle avoir bien plus d'ambition et de fun que la moyenne. Sacré Dan Slott, quel parcours avec Spider-man!



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GAMORA #1 : UN TITRE SOLO POUR LA FEMME LA PLUS DANGEREUSE DE LA GALAXIE

Tous ceux qui connaissent le personnage savent que Gamora est la femme la plus dangereuse de l'univers, et qu'elle a été adoptée par Thanos, qui en a fait sa pupille. Par contre, en dehors de ces détails techniques sur le personnage, il est bien difficile d'aller récupérer des informations ou des fragments de vie concrets. Si les autres membres des Gardiens de la galaxie ont eu le droit à une série -ou plusieurs séries- personnelle, nous étions toujours en attente de celle consacrée à la dernière rescapée du monde des Zen-Whoberis. En effet sa planète a été exterminée par les Badoons, une race haineuse et guerrière, responsable de génocides à travers l'univers. Recueillie et adoptée par Thanos, élevée à la dure dans le respect de la vengeance, la violence, et le maniement de toutes sortes d'armes -sans oublier les techniques martiales les plus efficaces du cosmos- Gamora est devenue une arme vivante qui reçoit pour cadeau d'anniversaire, à l'adolescence, la possibilité de se venger, en allant exterminer la famille royale badoon, responsable de sa triste condition. Une mission en solo expéditive et en définitive manipulée par Thanos, qui n'aboutit pas à un résultat complet, car l'héritière du trône finit par pouvoir s'échapper, puisque tout le monde ignorait l'existence d'une petite fille, appelée un jour à devenir la régente de cette empire. 
Au-delà de l'action, c'est surtout l'introspection qui prime, notamment le rapport qui unit Gamora et Nebula, les deux filles de Thanos, qui pourtant ne le sont pas vraiment, ni l'une ni l'autre. Une concurrence qui tourne à la haine, une volonté d'être la favorite du patron plutôt que du père, une soumission qui n'accepte pas la présence d'une autre dans la même situation, et surtout la réaction du Titan fou, qui se déclare ouvertement pour Gamora, choisissant et préférence celle-ci au détriment de Nebula, allant même jusqu'à vexer et humilier cette dernière, par des commandements ou des choix qui auront des répercussions importantes. Nicole Pearlman, qui a travaillé sur le script des Gardiens de la galaxie, signe ici un premier numéro fort intéressant, qui peut se lire comme un préquel pertinent du film, que nous avons tous adoré. Le dessinateur italien Marco Chechetto sort une prestation remarquable, nous offrant un grand moment de science-fiction spatiale, qui plus est appuyé par le coloriste Andres Mossa, avec qui il travaille toujours. Le duo forme une équipe soudée, et on sent qu'il y a de la complicité jusque dans les moindres détails. En définitive, même si Gamora n'est pas le titre que vous attendiez le plus en cet hiver 2016-2017, je vous recommande tout de même de lui donner sa chance, car il porte en soi tous les critères demandés pour être une des lectures les plus surprenantes du moment. 


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SUPERMAN UNIVERS HS 4 : LOIS ET CLARK

Au départ, lorsque la série avait été annoncé, j'avais les plus grandes craintes concernant Lois et Clark, qui me rappelait bien trop une série télévisée d'il y a bien longtemps, qui n'a pas laissé que des souvenirs impérissables.... Bien entendu j'avais tort! Il s'agit là d'un titre fort intéressant, qui met en scène le couple mythique de l'univers DC Comics d'avant les terribles New 52. Je vous épargne le tour de passe-passe scénaristique qui permet de les introduire dans l'univers de ces New 52 justement; disons qu'il faut en passer par une mini série appelée Convergence, qui est une espèce de lutte atroce pour la sélection naturelle des plus forts, une joute cosmique impliquant les héros de diverses époques et diverses Terres collectées par un certain Telos. Si vous ne connaissez pas ou n'avez pas eu l'opportunité de lire, soyons honnêtes, vous n'avez pas perdu grand-chose. Mais c'est de là que part notre nouveau récit Lois et Clark, qui vivent donc désormais dans l'univers des New 52, mais dans le total incognito. Il y a déjà un Clark Kent, déjà un Superman, déjà une Loïs Lane, et ils font profil bas sous une nouvelle identité, pour ne pas ajouter à la confusion. Ils ont un enfant (Jonathan) à qui ils ont pour l'instant caché les supers pouvoirs du paternel, mais le petit n'est pas idiot et il a de forts soupçons sur ce qu'on lui dissimule. En apparence une vie ordinaire, mais qui pourrait bien basculer suite au travail de Loïs : elle est en effet journaliste free lance, et elle prépare un livre mettant en cause les hautes sphères de la criminalité, et Intergang notamment. Du coup Lois est devenue une cible de choix, elle et son entourage...




Chose positive dans ce numéro, la famille que forment Lois, Clark et le fiston est crédible et bien mise en scène. On sent que Dan Jurgens connaît et aime ces personnages, et qu'il avait réellement envie de narrer leurs aventures dans ce nouveau contexte. Attention, il ne s'agit pas d'un simple artifice car cette nouveauté va revêtir une importance capitale pour l'univers de Superman, et je préfère en rester là pour ne pas spoiler ce qui va suivre. Lee Weeks est un choix opportun au dessin. En restant dans le vague et en s'adaptant à une existence en apparence routinière et banale, la famille Kent bénéficie du jeu sur les ombres et les clairs obscurs du dessinateur, qui sait comment donner du cachet aux scènes les plus ordinaires. Toutefois, son rythme de travail ne lui permettant pas de suivre la cadence, l'italien Marco Santucci (avec des planches plus souples, gracieuses) et Neil Edwards, le plus sombre et tourmenté des trois artistes -présent lorsque la situation parait précipiter, par ailleurs- sont de la partie eux aussi.
Notons aussi que le Superman nouvel arrivant, en total incognito, adopte un look des plus convaincants, avec un costume noir ultra seyant et pratique, et la barbe badass pour donner une touche de crédibilité sérieuse à un personnage trop boy scout à bien y penser, mais soudain prêt à se battre, pour défendre sa famille de menaces mortelles, comme celle de Blanque. Ce qui pose la question de l'utilité de tuer, face à un ennemi imparable. Un bon petit hors série qui se laisse lire avec plaisir.



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JUSTICE LEAGUE VS SUICIDE SQUAD #1 : BRANLE BAS DE COMBAT CHEZ DC

DC Comics et Warner ont deux cartes précieuses à jouer, pour ce qui est des équipes de leur univers super héroïque, au cinéma : d'un côté la Justice League, qui regroupe les principaux héros dont les vedettes Superman, Batman et Wonder Woman -avec un film fort attendu en 2017- de l'autre la Suicide Squad, une équipe qui était tombée aux oubliettes depuis quelques années, avant que la magie du grand écran ne vienne remettre sur le devant de la scène ces criminels, qui obtiennent une remise de peine en travaillant pour le gouvernement , le plus grand secret, sur des missions tellement périlleuses qu'on les considère suicidaires. Forcément les pousser à s'affronter est un bon moyen d'ouvrir la vanne à dollars, que ce soit dans les comics, ou dans les films. Sur le papier, voici donc venir une mini-série où Deadshot et ses hommes vont se retrouver engagés dans un combat face à Superman et les siens. En apparence ça semble assez mal engagé pour les méchants, sauf qu'ils ont un atout de poids : eux sont disposés a tuer pour remplir leur mission, tandis qu'en face les boy-scouts sont des gentils, et à part donner quelques claques, ils n'osent pas franchir certaines limites, qui restent tabous. En gros et pour simplifier l'histoire, les deux clans vont se retrouver sur une île du Pacifique qui était menacée par un terroriste, menaçant de la faire disparaître, victime de séismes gigantesques, au moyen d'une arme inédite appelée . Batman de son côté a eu récemment maille à partir avec Amanda Waller, la responsable du projet Suicide Squad, et il voit d'un très mauvais œil l'envoi de ces cinglés sur le terrain, dont les méthodes sont franchement discutables. Le Dark Knight parvient à convaincre ses amis de la Justice League qu'il est impossible de laisser faire tout ceci sans réagir, et du coup agitez bien, les bulles vont sortir, et ça va se taper dessus!



Dit comme ça c'est assez basique, mais c'est bel et bien ce qu'on peut lire dans ce premier numéro, ainsi qu'une surprise qui vous attend vers la fin, avec une nouvelle équipe badass en formation. C'est ce dernier point qui devrait être l'élément permettant d'étoffer et de crédibiliser ce premier véritable "event" de la nouvelle ère de Dc Comics, à savoir Rebirth. A ce sujet pas de panique, Urban Comics s'y attaquera avec classe au printemps, et nous serons là pour vous proposer un vrai guide de lecture complet, afin de vous faciliter la lecture. En attendant Joshua Williamson pose ses pions sur la table, et nous laisse à penser que le meilleur sera pour ensuite. Dc a aussi pensé à convoquer de très bons artistes, et au dessin Jason fabok assure grave, comme à son habitude, avec une mise en couleur plus claire et légère que d'habitude. Ses planches sont jolie et très dynamiques, et plairont assurément au plus grand nombre. Comic-book à classer au rayon blockbuster/divertissement pour l'instant, ne cherchez pas trop à approfondir avec ce premier numéro. Mais il n'est pas dit que cette histoire ne puisse nous surprendre vraiment dans quelques semaines. 


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ALL NEW AVENGERS & IRON MAN HS 2 : L'ESCADRON SUPREME

La bonne nouvelle c'est que l'Escadron Suprême est de retour, avec une nouvelle série dont les cinq premiers épisodes nous sont proposés dans ce hors-série. La mauvaise, c'est que beaucoup de lecteurs ne sont pas très au fait de qui sont les héros qui composent ce groupe, qui a eu une carrière éditoriale chaotique, aux multiples virages. Si c'est la version de Straczynski qui a obtenu le plus de succès récemment, c'est grâce au scénariste Jonathan Hickman que nous lisons aujourd'hui ces pages : c'est lui qui a en effet réintroduit le personnage de Hyperion, en le faisant s'associer avec les Avengers, durant la grande crise qui a menacé l'extinction de l'univers tout entier (Time runs out). Cette Hyperion là est en fait le rescapé de son monde, un univers parallèle qui a été détruit lors des récentes incursions, qui ont provoqué ensuite les Secret Wars. C'est sur le même principe que le nouveau Escadron Suprême est bâti, à savoir les rescapés de plusieurs univers différents, qui finissent par unir leurs forces afin de faire ce que les Avengers rechignent à faire... autrement dit les intentions sont louables, mais la manière de procéder est discutable. Le leader du groupe est Nighthawk, un justicier calculateur et froid, qui n'est pas sans rappeler Batman. D'ailleurs c'est tout l'Escadron qui imite la Justice League de DC Comics, qui a servie d'inspiration évidente. Ici l'histoire commence avec une vengeance bien compréhensible : Namor à fait partie de la Cabale, ce groupe de malfaiteurs qui avait décidé de mettre un terme aux incursions à leur façon, c'est-à-dire en détruisant les univers concurrents du notre. Chaque membre de l'Escadron a donc de bonnes raisons de liquider Namor, de se débarrasser du prince des mers. Le conflit explose violemment, et les Avengers s'en mêlent forcément. Le destin de Namor est assez choquant, et même si le lecteur habitué aux comics a du mal à croire à ce à quoi il assiste, il n'empêche vous allez sauter sur votre chaise!



Par la suite l'histoire bifurque totalement : on abandonne le conflit avec les Vengeurs et tout d'un coup le groupe se retrouve transporté sur le Weirdworld, où les "héros" vont s'associer avec Thundra, pour combattre les armées de Arkon, qui est possédé par les pouvoirs magiques du docteur Druid. C'est un peu le grand écart, car au début nous prenions plaisir à voir l'Escadron sur Terre, se confronter avec les autres formations de super-héros aux méthodes différentes... et hop les voici expédiés ailleurs, dans un monde imaginaire où la magie fait loi, et où les enjeux sont complètement différents. Voilà peut-être la limite de ce hors-série. James Robinson écrit de bonnes choses, mais on a l'impression qu'en cours de route, Marvel l'a obligé à changer son fusil d'épaule, ne serait-ce que pour patienter en attendant qu'explose la seconde Civil War. Léonard Kirk s'occupe des dessins : c'est plaisant, agréable à voir, lisible, avec seulement quelques petits défauts lorsqu'il s'agit de représenter les visages, les gros plans. Soyons sérieux, si l'Escadron Suprême n'est pas la série la plus attendue de tous les all new all different chez Marvel, pouvoir lire 5 épisodes d'un coup pour un peu plus de 5 € ,dans ce format cela, reste une bonne idée pour se faire plaisir.


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GAMING : BATMAN - THE TELLTALE SERIES AU BANC D'ESSAI

Batman - The Telltale Series : l'adaptation du chevalier noir que nous méritons ?
Attention, cet avis contient quelques spoilers sur les cinq épisodes de Batman - The Telltale Series. A lire donc à vos risques et périls.

L'année 2016 s'achève bientôt, et qui dit fin d'année, dit, forcément, un regard rétrospectif sur celle-ci. En ce qui concerne les adaptations de comics, 2016 a plutôt été une année riche (six films cette année et pas moins de neuf séries, qu'elles soient nouvelles ou non), ce qui fera évidement dire à certains, "on en a marre des super-héros". Parmi ces films, l'un d'entre s'annonçait comme un événement : Batman V Superman : L'aube de la justice. En plus de faire confronter les deux plus grandes icônes des super-héros de comics, le film se devait d'offrir une vision neuve de l'Homme Chauve-Souris, quatre ans après le dernier volet de la trilogie de Christopher Nolan qui lui était consacrée, The Dark Knight Rises.
Pour résumer mon avis, je n'ai pas aimé le film de Zack Snyder, en particulier à cause de sa vision de Batman. Je n'arrive pas à accrocher à ce Batman meurtrier, presque terroriste, qui est à l'opposé de son homologue de papier dans le comics The Dark Knight Returns de Frank Miller (qui aurait servi d'inspiration à Snyder), et qui en devient presque ridicule, lorsque l'on évoque le nom de sa mère. De plus, la morale du personnage en devient douteuse, lorsqu'on se rend compte que ce Bruce Wayne, est prêt à prendre les armes après que Superman, "l'étranger" aie détruit des immeubles (alors que le monde semble oublier qu'il empêchait Zod de l'anéantir), faisant de Batman un soldat américain interventionniste, appelant donc à défendre sa patrie en prenant les armes pour se défendre face à ceux qui pourrait l'envahir.
Pour beaucoup, le Chevalier Noir a donc raté son retour. Et les fans de Batman étaient en droit d'attendre une adaptation digne du héros. C'est alors que les petits gars de Telltale Games sortent fin Août le premier épisode de leur nouvelle série/jeu/histoire interactive (vous arrivez toujours à suivre ?), Batman - The Telltale Series. Pour les non-connaisseurs, Telltale développe des jeux vidéos qui, sous la forme de séries en cinq épisodes, laisse la possibilité au joueur de faire les choix qui feront avancer l'histoire. L'histoire serait a priori différente en fonctions des décisions du joueur. Aussi, en plus de changer l'histoire, le joueur peut également choisir le comportement que peut avoir son héros par rapports aux autres personnages. Cette formule a fait la gloire des développeurs sur deux autres adaptations de comics, The Wolf among us (adapté de Fables) et bien sûr, The Walking Dead.



Telltale propose donc de réinterpréter Batman et tout son univers. Nous retrouvons un Chevalier Noir à ses débuts dans sa lutte contre le crime, dirigé alors par un certain Carmine Falcone. Jusque-là, l'histoire nous offre un air de déjà vu et nous rappelle Batman Begins de Christopher Nolan. Il faudra attendre la fin du premier épisode pour voir que Telltale va s'amuser, tout au long des cinq épisodes, à déconstruire tout ce que nous semblions connaître de la mythologie du Croisé Masqué, à commencer par le mythe fondateur du héros, concernant l'assassinat de ses parents. En effet, la force de cette série de jeu réside sans doute dans son écriture, car les scénaristes ont réussis le pari audacieux de réinventer l'univers de Batman (du haut de ses 75 ans d’existence) tout en continuant de le rendre passionnant, mais surtout surprenant. Ainsi, exit le Thomas Wayne idéal et exemplaire pour son fils, et bienvenue au milliardaire corrompu qui a détruit des familles entières pour s'enrichir et pour contrôler Gotham, au côté notamment de Falcone. Le père de Bruce Wayne n'est pas le seul à bénéficier d'une réécriture astucieuse, en témoigne Oswald Cobblepot, qui apparaît ici comme un pseudo révolutionnaire, et ancien ami de Bruce, bien plus crédible que dans le matériau de base. Le fait qu'il ait été ami avec Bruce rend leur relation encore plus complexe et intensifie encore plus la rivalité Wayne/Cobblepot que l'on a déjà pu voir dans d'autres médium. Telltale a réussi à dépoussiérer le Pingouin et à en faire un personnage charismatique et intéressant (je refuse de dire que la série Gotham y est également parvenu).
Tous les autres personnages du "Bat-Verse" bénéficient également d'une écriture solide, notamment Catwoman, Harvey Dent, ou encore Jim Gordon et bien sûr Alfred. Chacun de ces personnages sont fidèles à leurs homologues de papiers, tout en ayant une touche d'originalité qui colle parfaitement à leur caractérisation (Catwoman est définitivement un personnage ambigu qui, a l'instar d'un chat, fait ce qu'elle veut, quand elle le veut, et n'hésite pas à sortir les griffes si on l'en empêche).



Mais la nouveauté notable du jeu est sans doute le fait que le joueur peut enfin incarner Bruce Wayne, qui peut s'avérer être plus important que Batman. La dualité des deux identités du personnage est parfaitement bien développée, Bruce Wayne n'a sans doute jamais eu autant de charisme que dans Batman - The Telltale Series. Le personnage est profond, il a bien plus de relief depuis qu'il apprend que tout ce pour quoi il se bat risque d'être fondé sur un mensonge (ses parents se seraient fait assassinés parce que son père dérangeait trop les gangsters et les bureaucrates corrompus qu'il fréquentait). Le fait que cet héritage familiale soit remis en cause permet donc au joueur l'opportunité fascinante d'incarner le Batman/Bruce Wayne qu'il souhaite. Nous pouvons donc choisir à plusieurs moments si nous voulons agir en étant Bruce Wayne (et sa ruse), ou alors avec Batman (avec sa violence et son autorité) ce qui offre des situations plutôt variées quand il s’agit d’obtenir des informations, qui ne peuvent parfois être obtenues que si l’on choisit l’un des deux alter ego. Le jeu regorge de choix cornéliens qui feront patienter le joueur quelques minutes avant de prendre sa décision, ou pas, étant donné qu’un « timer » force le joueur à faire des choix dans la précipitation, comme par exemple, lorsqu’il a le choix entre sauver Catwoman ou Harvey Dent, celui-ci pouvant être défiguré en fonction du choix effectué.
Cependant, le défaut central réside également dans ces choix. Alors que le joueur pense que ses choix influencent définitivement l’histoire, on se rend bien vite compte que certains d’entre eux n’ont pas une grande importance car ils nous font aller dans la même direction que si l’on avait choisi le contraire. Dans le premier épisode, le joueur a le choix entre bien accueillir chez lui Carmine Falcone, ou alors être désagréable avec lui, mais quoi qu’il choisisse, le jeu emmènera le joueur dans la même direction, comme si Telltale voulait plus nous faire découvrir une nouvelle histoire, leur histoire de Batman, délaissant en revanche l’aspect ludique. C’est dommage quand on constate la force d’écriture des développeurs, on se dit qu’en ayant que s’ils avaient écrit une situation différente pour chaque choix dans l’histoire, le jeu aurait pu atteindre le titre de chef-d’œuvre, comme, dans le même genre de jeu, Life is Strange de Dontnod. 
De plus, contrairement aux autres Telltale (Walking Dead en tête), le joueur se retrouve plutôt passif dans le jeu, dans le sens où il n’a pas à faire de grands déplacements pour interagir avec son environnement, il lui suffit la plupart du temps d’appuyer seulement sur un bouton. Les séquences de détectives quand à elles demandent un peu plus de jugeote, mais ne relève pas non plus d’un défi insurmontable digne du plus grand détective du monde. On retiendra par contre les séquences de combats, beaucoup plus intenses que dans les précédents jeux du développeur, bien mieux rythmées et chorégraphiées, l’idée également de planifier les attaques avant un combat donne lieu à des scènes impressionnantes. N’oublions pas non plus la superbe direction artistique du jeu, sombre, qui donne un aspect très comics au jeu, et qui ne mande pas de s’inspirer (comme le montre l’écran d’accueil du jeu) des travaux de Jim Lee, Neal Adams ou encore Greg Capullo, sans oublier bien sûr Bob Kane (ce qui est presque ce qui s’est fait de mieux en dessin sur Batman). Toutefois, on notera quelques textures qui font un peu taches dans les décors, ou même certains visages qui apparaissent ratés (notamment vers la fin  de l’épisode 2). On espère que les développeurs utiliseront des « patch » ou corrigeront le tir avec des prochaines mises à jour. Enfin un mot sur le doublage, qui apparaît a posteriori comme excellent, mention spécial pour Troy Baker, qui après avoir doublé Le Joker et Double-Face pour les Batman Arkham, double ici à merveille Bruce Wayne.  



Et si Batman – The Telltale Series n’était pas au final, l’adaptation que nous attendions de l’Homme Chauve-Souris cette année ? Si ce n’est pas le cas, le jeu de Telltale s’en rapproche de très près, nous faisant redécouvrir l’univers de Batman avec passion et beaucoup de surprises. C’est un plaisir pour le fan qui y redécouvrira sous un nouvel angle de nombreux personnages ou éléments familiers, mais également pour le néophyte qui rentrerait pour la première fois dans l’univers de Batman. Mais malgré toutes les qualités du jeu et ses bonnes intentions, on regrettera le fait que Telltale ait abandonné l’aspect ludique de son œuvre pour nous faire vivre « simplement » une histoire interactive, très proche d’un film d’animation, qui pourrait paraître d’ailleurs un peu trop courte (on compte une heure et demi par épisode, si le joueur se focalise uniquement sur son objectif principal, sans prendre le temps de regarder tous les clins d’œils, ainsi que les interactions autour de lui). On attend néanmoins avec impatience la deuxième saison du jeu, qui promet d’être encore plus intense que la première.


Un grand merci à Clément Bastianini, auteur de cet article, ici à sa première collaboration avec UniversComics. 

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