AVENGERS L'AFFRONTEMENT (1/2) : LAVAGE DE CERVEAUX A PLEASANT HILL

Secret Empire commence là. Je veux dire, les événements qui ont ensuite permis l'arrivée du grand événement comics Marvel du premier semestre, trouvent leurs origines dans cette histoire, intitulée "L'affrontement" (Standoff en Vo), quand un Cube Cosmique, sous forme humaine, commence à modifier en profondeur le paysage super-héroïque.
Le nom de Pleasant Hill ne doit rien vous dire, si vous ne lisez pas régulièrement les séries Marvel. C'est tout à fait normal, car il s'agit d'une des dernières trouvailles en matière de sécurité américaine. Bienvenue à ce qui constitue le point de départ d'un nouvel événement impliquant les Avengers, et un bon paquet de titres dérivés. L'action commence lorsque Bucky Barnes revient sur Terre, de sa mission dans l'espace, acquise au terme d'Original Sin -il veille sur les menaces cosmiques qui viendraient troubler l'ordre naturel des choses- car il a eu vent d'un danger imminent dont le Shield est probablement à l'origine. Le contre espionnage américain, chapeauté par l'inénarrable Maria Hill, a entre les mains un pouvoir fabuleux, et dangereux. Des fragments de cube cosmique, qui comme le savent tous les amoureux des séries made in Marvel, sont des artefacts qui donnent à leurs possesseurs le pouvoir de réécrire la réalité à loisir. Par chance, l'information a fuité dans la presse (grâce à un cyber activiste du nom de Whisperer, celui qui murmure, et dont la véritable'identité nous est révélée sans grosse surprise, sagissant d'un side-kick de profession) et sous la pression de l'opinion et de Captain America (le nouveau, Sam Wilson), le gouvernement a du faire marche arrière et se débarrasser de son arme ultime. 

N'étant pas vraiment du genre naïf, on se doutait bien que les bonnes intentions n'étaient que poudre aux yeux, et en effet il s'avère que ce grand ménage n'a pas été effectué dans les règles, et que Maria Hill n'a pas abandonné son plan de départ... Au passage, cette divergence de vue éthique et politique (doit-on utiliser ces fragments pour le bien de la sécurité nationale?) est le facteur qui divise Steve Rogers (vieilli et privé de ses facultés surhumaines) et son ancien meilleur ami (et remplaçant) Sam Wilson.
Nick Spencer mène vraiment bien sa barque. Il nous emmène dans cette ville, Pleasant Hill, qui semble la caricature de l'american way of life d'autrefois, aussi paisible que possible, à la limite de l'exaspération. Bien entendu, les apparences cachent une expérience assez prévisible, mais bien écrite. Pas de rachat ou de peine lourde, ici une nouvelle voie a été inventée pour gérer la criminalité des super vilains, et si on peut comprendre les raisons qui ont poussé le Shield a se lancer dans ce projet, on peut facilement en déduire que le grain de sable qui viendra gripper l'engrenage provoquera la tempête... Le tout ne manque pas d'humour, avec des dialogues sarcastiques et désenchantés sur la personnalité de Steve Rogers notamment, et son manque de souplesse, que d'autres appelent aussi incorruptibilité. Tout ceci évoque une aventure du Punisher des années 90, inédite en Vf à ce jour, intitulée "Welcome to psychoville", qui fonctionne en gros sur le même schéma. Les dessins des numéros spéciaux présents dans ce premier volume (sur deux) chez Panini Comics sont de Mark Bagley (Welcome to ...) et Jesus Saiz (Assault on...). Dans la première histoire citée, c'est assez moyen car l'artiste continue de débiter des planches claires et lisibles certes, mais avec des personnages qui se ressemblent tous, depuis des lustres, et manquent cruellement de caractérisation. Je préfère ce que fait Saiz dans le second épisode, qui a plus de personnalité, de variété. Sont aussi de la partie des tie-in, tirés des mensuels all-New All-Different Avenrs de Mark Waid, et Uncanny Avengers de Gerry Duggan. Globalement un bon moment de lecture qu'on recommande à ceux qui sont passés à coté lors de la parution en kiosque. 


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2018 : BONNE ANNEE ET BONNE(S) LECTURE(S)

Le 1er janvier, c'est le moment de faire le bilan de l'année écoulée et comme toujours, quelques promesses pour celle qui vient de naître. En ce qui nous concerne, nous tenons particulièrement à vous remercier, vous lecteurs, pour votre fidélité quotidienne à ce blog, qui se veut comme toujours un instrument complètement indépendant, au service des comics. Nous vous garantissons qu'en 2018, comme les années précédentes, vous ne trouverez ici que des articles et des opinions rédigés avec comme seul critère des impressions personnelles. Nous ne travaillons pas particulièrement avec une maison d'édition, nous ne souhaitons pas devenir sponsorisés par l'une d'entre elles, nous n'appartenons à aucun réseau sur internet ni ne souhaitons tisser des liens trop consanguins, nous ne fonctionnons pas grâce à la publicité ni nous n'envisageons de vous prendre la tête avec des fenêtres pop-up, ou des recommandations rémunérées... Nous continuons à opter pour le format écrit, comme de bons vieux grincheux, plutôt que de faire des vidéos YouTube, où le côté immédiat et oral permet trop souvent de masquer une carence structurelle de fond. De toutes manières certains sont très bons dans ce domaine, et vous pouvez trouver votre plaisir en cherchant un peu. 

Nous éviterons en 2018 de vous abreuver de selfies et d'articles truffé s d'auto célébration, et nous préférons comme d'habitude travailler en silence à l'organisation des événements auxquels nous sommes liés et attachés, comme le Printemps des comics en mai à Nice, le Play azur festival en février toujours à Nice, ou le Mangame show de Fréjus en mars et en septembre. Les comics ça peut être aussi sérieux que le "reste" de la littérature et des arts, qui ne sont pas que Émile Zola, Jean D'Ormesson où Schopenhauer. Donc en 2018, on sera là pour vous informer, vous apporter notre éclairage sur les comics, sans prétention, mais sans non plus tomber dans l' humour grivois pipi caca, juste pour vous faire rire et attirer un nouveau public. Un minimum d'exigence, dans la bonne humeur et le respect, c'est ce que nous cherchons depuis le départ et ce que nous tenterons de faire durant l'année à venir. Au passage un grand merci aussi à ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, où nous constatons avec plaisir et satisfaction que les échanges sont toujours courtois, même lorsqu'ils sont contradictoires. Comme quoi on peut penser très différemment, tout en se respectant les uns les autres. 
Excellente année 2018 à toutes et à tous, et rendez-vous ici demain pour la suite de nos aventures comics.


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SECRET EMPIRE (1/5) C'EST PARTI CHEZ PANINI COMICS

On termine l'année en feu d'artifice. Secret Empire, depuis le temps que nous en parlions, c'est maintenant. La version française chez Panini est arrivée. Enfin, le premier numéro d'un mensuel provisoire, qui va vous permettre de suivre une des sagas les plus surprenantes et audacieuses de toute l'histoire Marvel. 
Steve Rogers, devenu un fachiste pervers par la grâce du Cube Cosmique, est parvenu à évincer Maria Hill à la tête du SHIELD; en conséquence c'est vers lui que se tournent les espoirs du peuple et de l'armée américaine en cas de conflit de grande ampleur. Et c'est tout à fait le cas, puisqu'une attaque fracassante sur trois fronts semble mettre la planète à genoux. Tout d'abord les Chitauris passent à l'offensive depuis l'espace, puis c'est au tour de l'Hydra de mettre la main sur un petit État de l'Est et d'exiger une reconnaissance internationale, ou un conflit à l'échelle mondiale. Enfin tous les vilains détenus autrefois dans la prison de Pleasant Hill mettent à feu et à sac New-York. Les super-héros sont complètement dépassés et ils n'arrivent pas à faire face sur ces trois fronts. Dans le ciel il y a bien la possibilité de dresser un bouclier tout autour de la Terre, pour empêcher les extraterrestres d'y pénétrer , mais cela ne fonctionne pas et lorsqu'enfin les forces du bien semblent reprendre espoir et que le bouclier parvient à se révéler efficace, c'est pour devenir une arme à double tranchant et l'un des derniers pions que Steve Rogers place sur son échiquier personnel. Le numéro 0 (qui introduit toute la saga) est en fait une grande introduction qui mène à la catastrophe . Steve Rogers jette le masque et c'est lui qui pourrait bien s'imposer en dictateur absolu de la planète. Nick Spencer continue donc de tisser son grand œuvre avec habileté, et il faut le dire, le scénario nous tient en haleine! Le dessin a été confié à Rod Reis et Daniel Acuna, chacun s'occupant d'une section bien précise (le prologue et le passé, le temps présent) et même si les styles divergent, l'ensemble fonctionne remarquablement et bénéficie d'une mise en couleurs subtile et froide qui sied parfaitement aux intentions. 

C'est ensuite par le biais du jeu de l'ellipse narrative que le lecteur se retrouve plongé dans ce qui paraît être une dictature établie. Soyons sérieux, c'est vrai que ça va vite, et qu'on peut être stupéfaits de voir que rapidement Steve Rogers a pu mettre en place son régime totalitaire, où il ne fait pas beau de le contrarier. Dans autre coté, qui pourrait l'en empêcher sérieusement, puisque tous les principaux héros semblent occupés à contrer une menace imparable, un piège qui s'est refermé sur eux? Il reste une poche de résistance, mais dont les efforts et la force de frappe sont trop légères pour venir à bout de l'Hydra omniprésente.
C'est Steve McNiven qui va se charger de donner du corps à ces instants tragiques pour la civilisation libre. Du bon boulot, très léché, qui met en relief l'horreur du quotidien, qu'on peut lire sur les visages de chacun. On n'est pas là pour rire dans Secret Empire, c'est certain. Panini va proposer, cinq mois durant, d'autres pages et épisodes annexes pour compléter la lecture. Rien de ce qui sortira de Secret Empire : Brave New World ne méritera de rester dans les annales, tout comme les aventures de Carol Danvers/Captain Marvel, qui va prendre l'invasion Chitauri de plein fouet, elle qui est censée aider à repousser les menaces venues de l'espace (remember le bouclier dont je vous parlais?). De la traîtrise et de la castagne en vue, mais en marge du reste.
La question n'est presque pas de savoir si Secret Empire est une bonne idée, ou s'il convient de faire l'impasse. L'importance du projet est telle, son ambition si fascinante, qu'il faudra bien que vous vous forgiez votre propre opinion. Ce numéro un est excellent pour avoir un début de réponse probant. 


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THE NEW WARRIORS : UN OMNIBUS QU'ON VOUDRAIT BIEN LIRE EN VF

Depuis le temps que ce blog existe, nous avons abordé assez peu la bande de jeunes des New Warriors, rarement autrement que pour évoquer les dégâts collatéraux qui sont à l'origine de la longue et passionnante saga Civil War. Réparons l'oubli aujourd'hui, avec un gros pavé (un Omnibus quoi) en anglais, qui sent bon le début des années 90, et qui va réveiller nombre de souvenirs chez tout ce public qui se ruait à l'époque en kiosque, pour suivre la revue Lug/Semic Special Strange. C'est dans les pages de la série régulière de Thor que Tom De Falco propose pour la première fois ce nouveau team de héros juvéniles (le 411 de décembre 89). On devine d'emblée que la vieille recette Marvel fait toujours effet. La jeunesse, cela veut dire l'impulsivité, le manque d'expérience, les problèmes liés à l'âge et aux tourments de cette tranche de vie particulière. Fabian Nicieza s'occupe de crédibiliser la formation en lui offrant des aventures qui marient avec talent le coté super-héroïque (combattre Terrax, ancien héraut de Galactus, ce n'est pas à la portée de tout le monde), préoccupations écologiques, et soap-opera pour adolescents (les amours des uns, les drames familiaux des autres). Aux dessins, le style de Mark Bagley ne s'embarrasse pas de grandes fioritures, mais son sens du dynamisme et de l'action rend chaque planche ultra vivante et très en phase avec le propos et le ton voulu par le scénariste. Une symbiose presque parfaite qui explique le succès immédiat. Le cast propose Firestar, une jeune et jolie rouquine qui est née à la base pour une série télévisée américaine de Spider-Man, mais aussi Night Trasher, aux méthodes plus expéditives et chargé d'une profonde colère, qui débouche même sur des revendications à caractères raciales (les mauvaises langues parleront de caution black pour la série). Sont également de la partie Kid Nova (puis Nova tout court) dont le premier costume à boutons pressions sur la poitrine évoque presque un pyjama, et Marvel Boy, dont les mésaventures familiales tiendront en haleine les adolescents qui vivent peu ou prou les mêmes expériences à la maison. Le gamin tabasse son père avec ses pouvoirs, quand même. New Warriors, une série folle?


Sont très vite insérés Namorita, la cousine du Prince des Mers, et l'insouciant Speedball, un blondinet freluquet qui a hérité d'un champ de force cinétique produisant des bulles, et qui lui permet de rebondir comme une balle folle. Son costume est hyper cool et bien deviné, il fera fureur. Qui pouvait imaginer à l'époque que ce type si solaire deviendrait ce héros torturé en costume sado-maso acéré, après la tragédie de Civil War
Toute équipe devant avoir un heureux financier dans ses rangs pour apporter le cash nécessaire aux opérations, c'est Night Trasher qui s'y colle (oui je sais, Night Fighter en Vf), et cela permet aussi de raviver des secrets de famille, qui viennent tourmenter le jeune milliardaire, dont la soeur fait aussi un retour remarqué, avec le pouvoir de se fondre dans les ombres (Silhouette). En face, parmi les ennemis et menaces, on trouve la compagnie Genetech, qui tente de produire ses propres super-humains, Terrax, ou encore des terroristes écologistes (qui embrigadent la mère de speedball), sans négliger le second Sphynx, Meryet Karim, et un monde alternatif où l'Egypte a connu un destin bien singulier, avec la création aussi des Etats-Unis d'Assyrie. Aucune chance de s'ennuyer, rien que dans la première dizaine de numéros, il y a de quoi satisfaire les attentes de tout le monde. Action, drames, intimité, bref, un savant cocktail d'ados en train de faire leurs preuves!
La meilleure époque des New Warriors, le top de la production liée à cette série, est présent dans cet omnibus (vol.1) que je vous recommande tout particulièrement, si vous êtes un nostalgique de l'époque. Plus de 1000 pages tout de même, vous n'allez pas être déçus par le rapport qualité/prix : il y a de quoi lire et (re)lire! Disponible sur Amazon pour moins de cent euros, sans trop de difficulté, ou dans votre comic-shop local, si vous avez de la chance.



Contient :


New Warriors (1990) 1-26, New Warriors Annual 1-2, Avengers (1963) 341-342; material from Thor (1966) 411-412, New Mutants Annual 7, X-Men Annual (1970) 15, X-Factor Annual 6, Am azing Spider-Man Annual (1964) 26, Spectacular Spider-Man Annual 12, Web of Spider-Man Annual 8

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PHOENIX RESURRECTION: THE RETURN OF JEAN GREY #1 (REVIEW)

La première fois que Matthew Rosenberg a lu une histoire avec la belle Jean Grey, c'était lorsqu'il était môme, après avoir emprunté les comics du frère aîné, et s'être enfermé dans les toilettes. Hum, oui, la fin de la phrase prête à équivoque, alors mieux vaut l'oublier... Toujours est-il que le scénariste est un vrai amoureux de la rouquine, et que son départ (définitif, humour) de l'univers Marvel a fait naître en lui un vide qu'il est bien heureux aujourd'hui de combler.
Le premier épisode de la mini série qui fait revenir Jean (la vraie Jean, pas sa version adolescente qui traîne dans les parages depuis quelques années) est donc sorti. En fait, ça ressemble fort à une énième aventure des X-Men. Un phénomène étrange se produit dans une bourgade américaine, deux enfants inanimés qui flottent au dessus de la surface du sol, du sang à la tête, mais sans blessure apparente. Cerebro a relevé une émission d'énergie inconnue, en trois points du globe, et les mutants se séparent donc en trois équipes, les amenant dans l'ancienne demeure du Club des Damnés, au Pole Nord, et au Monastère du Mont St Francis (repère des Acolytes).
Le dessin est confié à Leinil Yu, qui assure le service minimum. Lui en tiendra t-on rigueur? Non, car on devine que l'artiste a du dessiner en train de bailler à sa table, tant on lui demande de mettre en scène des dialogues, de la parlotte, des moments statiques où un metteur en scène comme lui est probablement sous-employé. Du coup il ne s'applique guère, et nous la rejoue "planches pas toutes très jolies" comme en début de carrière, par ailleurs.
Jean Grey peut-elle l'être l'étincelle qui manque aux X-Men, pour redevenir cette formation si attachante et si vivante, qui a rythmé nos plus belles heures de lecture adolescente? Le présent n'est pas si brillant, l'opération ResurrXion commence déjà perdre pied (Generation X, Iceman, et Jean Grey sont annulés), alors inutile de le cacher plus longtemps, Marvel cherche son salut dans les heures glorieuses de son passé. Renaître de ses cendres, après tout, c'est la spécialité du Phénix, non? Surtout que le cinéma aussi proposera de la Phoenix dans les mois à venir, et que la Fox a enfin lâché du lest sur les droits des mutants, que Marvel avait en son temps bradé sans bien comprendre ce qui allait se produire. 
En attendant mieux, ce retour de Jean Grey (the real and only Jean) commence petitement, comme un simple nouvel arc narratif, avec seulement deux dernières planches qui sonnent comme une promesse pour vieux fans (hey les amis, attendez, on va vous les ramener vos vieux personnages, sans blague Bendis et ses jeunes X-Men, on est désolés...). C'est un constat récurrent chez les mutants depuis des années, même quand le teasing et l'idée semblent promettre du lourd, on se retrouve à faire la moue, en se disant que oui, franchement, c'était mieux avant. Démentez-moi les gars, je vous en prie. 



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A+A : LES AVENTURES D'ARCHER ET ARMSTRONG

Armstrong, en fait Aram Ani-Padda, un immortel qui arpente la Terre depuis 6000 ans, est aussi un ivrogne invétéré, pour qui faire la fête et s'adonner à tous les excès alcoolisés est une manière de passer le temps, les siècles. Obadiah Archer est pour sa part un jeune idéaliste, entraîné à devenir une arme humaine, censé éliminer celui que ses parents nommaient tour à tour Satan ou l’Antéchrist (Armstrong donc...), et qui était en fait le seul rempart face à leurs plans diaboliques de conquête mondiale. Les deux compères se sont trouvés, et depuis ils ont une influence bénéfique l'un sur l'autre. Surtout pour Armstrong, qui devient peu à peu moins égoïste et inconséquent, et se rend compte de la manière peu cavalière avec laquelle il a traité nombre de ses amis, durant des millénaires. C'est d'ailleurs pour tenter de réparer une bévue de ce type qu'il plonge dans les tréfonds de sa besace magique, où il a accumulé toutes sortes d'artefacts (surtout des bouteilles...) durant sa longue carrière. Mais impossible d'en ressortir, car l'incarnation du Dieu de la fête, Bacchus (forcément) a prévu de se venger de son ennemi, et seule l'intervention d'Archer pourrait bien permettre à l'immortel de retrouver le jour libre. Un Archer qui a aussi besoin d'aide, et c'est du coté de Mary-Maria, sa soeur, qu'il pourra la trouver (ou pas), sachant que la demoiselle est à la tête d'une secte de nonnes assassines. C'est donc le joyeux bordel avec Rafer Roberts, une série qui ne se prend absolument pas au sérieux, où les rebondissements sont des plus loufoques, et baignent dans le vomi et les volutes alcoolisées. On y croise une galerie d'intervenants des plus déments, avec des gobelins, un homme poisson, et des litres, des milliers de litres de spiritueux en tous genres, qui sont mêmes utilisées comme instruments de torture. 
Le style de David Lafuente s'adapte le plus possible à l'ambiance du titre, c'est à dire qu'on est vraiment dans un domaine très cartoony/manga, loin, fort loin, des canons des comics standards, avec parfois une simplification extrême des vignettes, pour une expressivité immédiate totale (les traits des visages qui peuvent s'estomper par exemple, la caricature symbolisant l'action). Si vous êtes allergiques à ce choix artistique, inutile de tenter la lecture. 


S'agissant d'un gros pavé proposant douze épisodes, il y a bien entendu d'autres aventures qui vous tendent les bras. Notamment une excursion des plus dingues dans un cirque soviétique, tenu en secret par des savants fous, qui tentent d'utiliser l'Adn d'Armstrong pour percer le mystère de l'immortalité. Résultat, ils sont la source de la création d'individus disgracieux et pervertis, à l'image de leur matériau génétique de départ. Des hybrides humains/Armstrong, dont l'inénarrable Gub Gub, nabot mutique et pervers, qui va accompagner les deux héros dans leurs pérégrinations. Qui vont les emmener à la recherche de l'épouse elle aussi millénaire d'Armstrong, la belle (autrefois) Andromède, et affronter les ultra riches des 1%, qui mijotent un complot capitaliste pas piqué des vers. Mike Norton est le second dessinateur d'importance sur cet album, et si le ton est là aussi forcément drôle et donc voué à la caricature cartoony, ça reste plus lisse et convenu que Lafuente, donc moins difficile à assimiler quand on est admirateur de comic books ultra sérieux et réalistes. Cerise sur le gâteau, n'oublions pas non plus le flirt entre Archer et Faith, qui prend ici une vraie dimension romantique, avec notamment un premier diner qui est joliment écrit, touchant et naturel. 
Bliss ajoute une longue galerie de variant covers, des croquis, et l'ensemble, pour 28 euros, est donc vendu à un prix raisonnable. C'est drôle, part dans tous les sens, peut-être lu aussi par votre petit cousin de douze ans, bref, c'est de l'accessible immédiat pour toutes et tous. Mais ce sera difficilement un hit chez la génération des quadras qui a grandi au Strange, et souhaite d'autre enjeux, une autre approche. 




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THE INFINITY GAUNTLET : DIX MOMENTS FORTS DU "DEFI DE THANOS"

Infinity Gauntlet, c'est peut-être le récit qu'il m'est arrivé de relire le plus souvent, depuis sa parution. Et comme en 2018 le film Infinity War va proposer une libre adaptation sur grand écran, on n'a certes pas fini de reparler de ce monument des comics Marvel. Réalisée par le génial Jim Starlin, au sommet de sa gloire, et dessinée par George Perez, puis Ron Lim, cette saga fut en son temps le fantasme absolu de tous les fans de comics. Une histoire ultra bourrin avec des conséquences apocalyptiques, et dans le même temps un vrai discours intime fort, avec la caractérisation parfaite du vilain ultime des comics, un Thanos qui entre au panthéon des affreux. Dur de définir quels sont les dix meilleurs moments de Infinity Gauntlet. Pour être francs, nous devrions en choisir une cinquantaine, au moins, mais nous allons essayer de nous limiter à dix sur le coup, étant entendu que tous les jours nos souvenirs varient et nous emmènent vers d'autres sélections. Ce n'est pas dans l'ordre, ce serait vain, juste une dizaine de passages clés, de vignettes inoubliables, qui nous replongent dans le vrai grand drame cosmique. 


CAPTAIN AMERICA Tous les êtres dotés de pouvoirs extraordinaires succombent face à Thanos. que peut donc Steve Rogers, simple humain, face au Titan Fou? Rien. Et pourtant il s'avance, fier, ne baisse pas les yeux, et s'en va en coller une au grand méchant cosmique. Ce jour là Captain america, on l'a tous aimé à la folie.

SNAP C'est une petite onomatopée. Le bruit de deux doigts qui claquent, et la volonté de Thanos devient volonté divine. Une vignette magnifique, qui montre à quel point le pouvoir, le vrai, se passe de rodomontades. Thanos a ce pouvoir, il en use, comme ça, avec nonchalance. 


WOLVERINE. Le petit teigneux aussi a du courage a revendre. Et le voici qui plonge toutes griffes dehors, en plein sur son ennemi redoutable. Certes, il va mal finir, réduit en protoplasme informe, mais en attendant, Logan n'a pas peur de se salir les mains. en vain. 




NEBULA Elle se voudrait petite fille de Thanos. Elle rêve aussi de toute puissance. Thanos n'aime pas trop cela, et la punition pour Nebula est d'une cruauté extrême. La voir décharnée, à la merci d'un fou... De quoi vous glacer le sang, mais la Mort elle même reste imperturbable. 


GOD Voilà, Thanos est Dieu. Il est partout et tout en même temps. Il devient le cosmos, l'univers. L'instant où le lecteur se dit "Bon, c'est plié, Thanos a triomphé". Il faut pourtant en passer par là, pour que Adam Warlock puisse jouer une dernière carte. 


MJOLNIR On se dit que seul un Dieu pourrait arrêter le Titan Fou. Alors Thor, peut-être? A l'époque il s'agit de Eric Masterson, remplaçant des années 90, et le résultat est peu probant. Thanos arrête le marteau d'un doigt. Un seul! Avec le sourire. Là on comprend que personne ne peut lui tenir tête, c'est plié! 


SILVER SURFER Alors que Captain America sort tout le courage qui lui reste, le Silver Surfer a pris on élan depuis des années lumière, et il arrive à toute allure pour tenter ce qui est sur l'instant l'idée décisive, la seule qui peut inverser le cours des choses. Il arrive, fonce sur le gant, et rate. Le lecteur sombre dans la dépression. 


MEPHISTO Thanos est devenu Dieu. Cette ouverture de chapitre, double splash page, est superbe. Et Mephisto, petit larbin pervers, essaie de grappiller les miettes, dans la plus grande servilité. Depuis je le déteste, ce gnome infâme, cette raclure de bidet. Aucune dignité. 


LA VISION Quand Thanos commence à trucider tout le monde, certaines morts sont terribles. La Vision se fait éventré, et les circuits sont arrachés sans ménagement. La fin d'un Avenger, sans aucune pitié. Terrible et choquant.


NAMOR & SHE-HULK Et parlons donc du Prince des Mers, et Miss Hulk. Pour eux, pas besoin de violence physique. en quelques secondes, une sorte de spore les recouvre et les étouffe. Atroce. On voit bien l'effroi sur le visage de Jennifer. Rien à faire, ils sont puissants, et impuissants. Thanos n'a même pas besoin ou envie de se salir les mains. 

Et vous alors, quel est le moment fort du Défi de Thanos, dont vous vous rappelez toujours avec terreur ou délectation?

Signalons que Panini Comics vient de sortir un coffret "Marvel Events" avec les grandes sagas cosmiques modernes chez Marvel. Le menu propose
- Infinity Gauntlet, Infinity War et Infinity Crusade par Jim Starlin, George Pérez et Ron Lim.
- Secret Invasion par Brian M. Bendis et Leinil Francis Yu
- World War Hulk par Greg Pak et John Romita Jr
Ces albums ressortiront ensuite en 2018 au format unique

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