SUPERGIRL Vol.1 : THE LAST DAUGHTER OF KRYPTON

Pour lire les aventures de Supergirl, vous avez deux solutions. La première est de vous procurer ce Tpb qui regroupe les premiers épisodes de la série post New 52, mais il vous faudra connaître l'anglais, car il s'agit de VO, bien entendu. La seconde, c'est d'aller en kiosque chaque fin de mois, pour acheter DC Saga, une des trois revues régulières de Urban Comics, qui propose chaque fois un nouvel épisode de cette héroïne. 
La jeune cousine de Superman défiait autrefois les lois de la nature et de la pudeur. Imaginez donc, comment une adolescente (ou presque) portant un petit haut moulant et une jupette, pouvait évoluer librement dans les cieux de notre planète sans susciter la convoitise de la population masculine? Et puis, la jupette, est-ce bien crédible, en pleine phase de décollage et d'atterrissage (idéal pour se rincer l'oeil au sol), et avec les lois de la physique, les courants ascensionnels et descendants... Bref, une anomalie jusque là acceptée. La nouvelle Supergirl n'a plus la jupette, mais une combi toujours aussi moulante, une cape et une paire de bottes montantes rouges. Improbable et importable, mais peu importe, mater sans vergogne fait aussi partie du rêve super-héroïque. Michael Green et Mike Johnson se sont mis à deux pour pondre un scénario des plus linéaires et des plus simples. Une chute de météorites sur notre planète, la plus grosse d'entre elles perfore le manteau terrestre, et en sort une jeune fille un peu perdue, qui pense être encore en train de rêver. Elle est clairement d'origine extra terrestre, bien que ses traits en font une petite bombe anatomique selon nos standards habituels. Tout de suite elle se retrouve attaquée par des individus dotés de puissants exo-squelettes, mais les met minable sans même s'en rendre compte. Le lever de soleil semble avoir décuplé ses pouvoirs, bienvenue chez nous, chère kryptonienne! D'ailleurs, la scène où elle découvre sa faculté de balancer des rayons calorifiques n'est pas sans évoquer Scott Summers (Cyclops, chez les X-men) à ses débuts, encore vierge de tout contrôle sur ces derniers. Bien entendu, le cousin Superman débarque pour guider et calmer la nouvelle venue, mais les effets sont assz limités, et la Muraille de Chine en tremble encore. Notez aussi qu'un tel pouvoir suscite des convoitises : place donc à l'infâme Simon Tycho, qui tente d'utiliser à ses propres fins les dons de Supergirl, en l'assimilant notamment à sa créature absorbante, le Cerveau. La jeune fille a t-elle un futur parmi nous? 

Mahmud Asrar livre une honorable performance pour la partie graphique, c'est assez réussi même si on a vu des planches à la plastique bien plus spectaculaire ces derniers temps... Au moins reste t'il soft et joue t-il sur d'autres atouts que des splash pages à répétition ou des poses équivoques à longueur d'épisodes. Bon boulot également du coloriste, qui notamment dans les premières pages, quand Kara pense être toujours endormie, réussit à faire perdurer l'état de songe par l'emploi de tonalités aqueuses, qui se réchauffent dès l'apparition du soleil. Très simple à lire et appréhender, la sixième mouture de Supergirl se laisse apprivoiser agréablement et rend pour le moment une copie fidèle au cahier des charges, ni surchargée ni indigente. La linéarité du récit rend le titre accessible à tous, il s'agit d'un véritable reboot en bonne et due forme, et il n'est absolument pas nécessaire de connaître grand chose au personnage pour y trouver un intérêt à la lecture. On pourra juste trouver la menace Simon Tycho un peu légère (assez idiot de faire monter à bord d'un satellite en orbite autour de la Terre une jeune fille aussi puissante... bonjour les dégâts), mais l'arrivée des Planétoïdes, armes meurtrières conçues par des kryptoniens fous de guerre, est en soi porteuse de beaucoup d'espoirs pour les sagas à venir. Une série décomplexée et sans une grande profondeur de champ, mais qui touche son coeur de cible assez facilement et se révèle agréable et fraîche. Donc pourquoi pas...


THE REBIRTH OF THANOS : Le Titan revient !

Avec des épisodes encore inédits à ce jour à venir (dans Marvel Universe, le premier de 2013), une présence actuelle dans le titre Avengers Assemble, et le rôle de grand méchant dans le prochain film des Avengers, Thanos est à nouveau au centre de la scène. Retour aujourd'hui sur des épisodes indispensables, pour tous les amateurs du personnage.

Thanos est un poids lourd de l’univers Marvel. Un vilain, un vrai de vrai : une menace cosmique de tout premier ordre. Le personnage fut une des grandes figures développées par Jim Starlin dans les années 70 : il avait une obsession bien à lui, celle de conquérir le pouvoir ultime à travers un objet fabuleux, le Cube Cosmique, qui lui aurait aussi permis de gagner l’amour de sa chère et tendre, la Mort en personne ! C’est d’ailleurs cette dernière qui va le ressusciter pour maintenir l’équilibre dans l’univers entre l’ensemble des défunts de tous les temps, et la population vivante actuelle. Thanos avait en effet quitté la scène avant de revenir encore plus démoniaque qu’auparavant, bien des années plus tard, au moment du grand crossover « Infinity Gauntlet (Le défi de Thanos en VO) ». Mais ce retour fut à l’époque orchestré en plusieurs étapes, principalement sur les pages de la série régulière du Silver Surfer, où on voyait le titan fou revenir à la vie, être chargé par la mort elle-même d’éliminer la moitié de la population de l’univers, et où repointait le bout du nez sa Némésis, Drax le Destructeur, un être tout en muscle et invincible, dont l’existence même repose sur le besoin d’anéantir le Titan. Des épisodes fort bien mis en scène, qui firent vite monter la pression, et dessinés par un Ron Lim capable de s’en tenir à un trait pur et simple, mais diablement efficace. L’anatomie du Surfer, par exemple, est proche de la perfection, sans tomber dans le réalisme servile : Lim est bien meilleur quand il s’agit de dépeindre le cosmos et son infinie variété, plutôt que de sombres réalités urbaines. Il est bon quand il s'applique, également. Ce qu'il ne fait pas toujours...

Ces cinq épisodes décisifs sont réunis dans un TPB en VO, intitulé The rebirth of Thanos, qui a aussi la superbe idée d’inclure Thanos quest, une aventure indispensable en deux parties de 40 pages, où Thanos justement, réunit les joyaux de l’infini, six pierres précieuses qui toutes ensemble confèrent à leur porteur des pouvoirs divins, une maîtrise totale et sans partage sur tous les aspects de l’existence. C’est justement cette quête fructueuse qui entraînera la grande aventure du Gant de l’Eternité, un des monuments de la Marvel tous âges confondus. Cette seconde partie du livre est l'oeuvre du duo déjà cité plus haut, la belle doublette Jim Starlin-Ron Lim, et nous présente un Titan retors et machiavélique, qui arrache une à une les gemmes convoitées aux anciens de l'univers, dans un parcours qui va le mener jusqu'au statut divin. Starlin a son sommet, probablement. Ceux qui ne lisent pas l’anglais avec facilité peuvent se replonger dans la lecture des vieux Nova, édités par Semic, au second semestre 1991. Attention toutefois, à l’époque cette revue était encore proposée sous un petit format qui ne rend vraiment pas hommage à la qualité de ce travail, d’où mon conseil de privilégier la piste du Tpb original, disponible à peu de frais sur Amazon. Et de retrouver un vilain cosmique au sommet de sa forme, avant qu’il ne devienne un anti héros philosophant sur la vanité de toute ambition, en contradiction avec la force de la nature qu’il incarnait alors, le mal absolu, effrayant. Une dernière question, que j'adresse cette fois à Panini : Pourquoi ne jamais avoir pensé à reproposer cette Quest pourtant indispensable pour les amoureux du cosmique? Il serait temps de prendre une décision, Thanos et Starlin le méritent bien!


On a parlé aussi de : 

Infinity Gauntlet : un chef d'oeuvre ici 

COVER STORY (9) : SUPERMAN #123

L'autre jour j'ai retrouvé cette cover particulière, avec un Superman fluorescent, en partie, d'un joli bleu métallique. C'est la couverture de Superman #123 (1997), qui annonçait fièrement que le personnage était désormais prêt pour le siècle prochain. Comme souvent quand il faut secouer l'apathie des lecteur (et booster les ventes pour obtenir de gros dollars) les majors de l'édition usent des mêmes grosses ficelles. La mort ou la résurrection d'un héros phare, ou un nouveau costume, un changement brusque de direction. C'est le second cas ici, sous la plume pas très inspirée de Dan Jurgens. Le kryptonien a de plus en plus de mal à gérer ses nouveaux pouvoirs, qui lui sont tombés dessus en 1997. Exit la super force et l'homme d'acier, Superman ressemble de plus en plus à un être d'énergie pure, dont il parvient à grand peine à maintenir la cohésion. Les balles ne rebondissent plus sur son corps musclé, elles passent au travers! Quand il se fâche on dirait une version survitaminée d'Electro, sauf qu'il ne le fait pas toujours exprès, et qu'il est consumé par ses nouveaux dons. Heureusement que les laboratoires Star Labs et l'aide inattendue de Lex Luthor (qui fournit le matériel, dans un but tout sauf altruiste) permettent de mettre au point une nouvelle tenue, à mi chemin entre la combinaison high-tech et le costume moulant. Du bleu, du blanc, un "S" ajouté en dernière minute après une visite chez les Kent dans leur ferme bucolique, et voilà Superman capable de dompter ses nouvelles facultés, et qui se refait le look pour le siècle à venir! Sauf que vous l'avez compris, le siècle en question est venu, et ça fait bien longtemps que cet attentat au super-héros iconique par excellence a été remisé en rang des souvenirs honteux. Il était joli et puissant, certes, mais le rapport avec Superman était bien faible... Aux dessins Ron Frenz officiait dans ce numéro, avec une Lois Lane qui tire sur le roux, et un style très sommaire qui n'a pas trop le temps de faire la part belle aux détails. Vous voulez que je vous dise? Les années 90 auront été éprouvantes, pour les lecteurs de comic-books!

ps : Mais cela dit la cover brille dans le noir, c'est déjà ça non?


QUAND LES X-MEN FONT DE LA PUB ...


C'est les vacances alors restons sur une note plus légère aujourd'hui, et regardons un peu ce que nos mutants peuvent bien combiner, quand il se prêtent au petit jeu de la publicité. Vraie fausse pub tout de même, car ce que vous allez voir sur cette page ne vante pas les mérites d'un produit existant, mais il s'agit de fines parodies qui furent publiées dans le Marvel Swimsuit de 1991, ce fascicule spécial été où les héros (héroïnes surtout) se pavanent en maillot d bain. On commence avec la Fauve, qui dans sa partie de gauche a été lavé avec un shampoing classique, alors qu'à droite, il a utilisé Ultra-X, ce qui se fait de mieux en la matière. Regardez sa fourrure et comparez, c'est vraiment le produit qu'il vous faut!


Place ensuite à Wolverine, dessiné par Mike Zeck. Vous le savez, Wolvie a un coté animal très prononcé, et l'une des craintes que pourrait avoir la gente féminine, c'est l'odeur trop forte de cet héros des bois qui n'est pas toujours d'une hygiène irréprochable. Du coup, il lui faut un déodorant ultra efficace, et pour cela il utilise Macho, un stick qui porte bien son nom, puisque si vous reprochiez à Logan de s'attarder un peu trop sur sa toilette, il vous balancerait surement un coup de griffe sur le museau. Deux beaux exemples de fausse pub comme Marvel savait les faire, il y a vingt ans. Au passage le premier dessin est de Georges Perez, comme quoi les grands artistes aussi se prêtent au jeu. 

LA REVIEW DE ALL NEW X-MEN #4

Déjà le quatrième numéro de la nouvelle série de Bendis et Immonen, All New X-Men. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que nous ne sommes pas déçus!
Cette semaine, c'est l'heure du choc, le vrai. Entre d'un coté les premiers X-Men, ces jeunots inexpérimentés mais enthousiastes, que Hank McCoy a décide de ramener dans notre continuum temporel, et de l'autre Scott Summers et les derniers résistants qui l'appuient, Magneto en tête. Que vous faut-il savoir? Et bien que c'est un joyau d'écriture, totalement jouissif. On y découvre une Jean Grey débordée par ses facultés de lecture de la pensées des autres, et qui perçoit distinctement les doutes de notre Scott version 2012. Celui ci est partagé entre l'idée d'être victime d'un complot (des mutants mutaformes comme Mystique? Une manipulation psychique oeuvre d'Emma Frost, va t-il même à envisager) et la terrible réalité qui prend le pas, à savoir être en face de celle qu'il a toujours aimé, et qui le séduit toujours par sa fraîcheur, toute sa personne. Les premiers X-Men qui n'arrivent pas à assimiler le fait que le professeur Xavier est mort, assassiné par son élève chéri, et que Magneto, pour eux le vilain suprême (et chef de la Confrérie des mauvais mutants, à l'époque) est l'associé de la version future de leur leader, Scott Summers. Bendis joue admirablement sur les doutes, les peurs, l'incompréhension, les atermoiements, les sentiments blessés. On attendait un combat plein de sang et sueur, nous avons un affrontement psychologique de qualité, et crédible. Immonen semble un poil moins en forme qu'aux premières planches de cette série, sur certains visages ou fonds de case, mais il reste une vraie valeur sure pour ce type de comic-book mainstream mais passionnant et pour le moment vraiment incontournable. Bien malin qui sait comment va se terminer cette situation rocambolesque, mais le pari fou de Bendis est en passe de devenir une brillante victoire. Je craignais comme la peste ce scénario invraisemblable, et me voilà accroc à All New X-Men, le titre mutant le plus fou depuis des années. 


CHRISTMAS TIME AGAIN

En ce 25 décembre le blog prend une pause de 24 heures pour souffler. C'est Noël, grand moment de communion familiale et de consommation frénétique, fête religieuse dont le sens véritable semble avoir échappé au plus grand nombre.
Au moins une bonne chose à retenir : nombre d'entre vous ont du recevoir quelques beaux albums en cadeau sous le sapin, ou manque de chance, ont du les offrir. Laissez reposer quelque peu votre carte bleue et rendez-vous ici même dès demain pour d'autres aventures en compagnie des héros de papier aux costumes moulants et aux pouvoirs extraordinaires. Nous sommes vraiment une bande de grands gamins. 
Joyeux Noël


LE GUIDE SELECTIF D'UNIVERSCOMICS (3) : SILVER SURFER

Voilà un personnage vraiment à part : un alien qui parcourt le cosmos en slibard sur une planche de surf. Pour en arriver à un tel degré d’imagination, on se demande ce que Jack Kirby a du fumer pour accoucher d' une telle idée. Le Surfeur d'Argent est un cœur noble, qui habite sur la planète Zenn-La, en compagnie de sa bien aimée, Shalla-Bal. Jusqu’au jour où débarque Galactus, le dévoreur de mondes, un être surpuissant, une force primordiale, qui se sustente de l’énergie des mondes qu’il condamne. Norin-Rad (le Surfer dans le civil) se sacrifie pour sauver les siens : il s’offre comme héraut à Galactus, pour le guider et l’aider à trouver de nouvelles sources de nourriture, sans pour autant laisser derrière lui des milliards de morts. En contrepartie, celui-ci le revêt d’une sorte de couche argentée qui lui permettra de supporter les rigueurs de l’espace, le dote du pouvoir cosmique et d’une planche de surf comme moyen de locomotion (et pourquoi pas des rollers?). Le Surfer doit donc dire adieu à sa planète, et surtout à sa chère et tendre, et se lancer dans une folle aventure spatiale, qui dure encore à ce jour. D’un monde à l’autre, il arpente l’univers et en apprécie la beauté, la diversité, protège la vie et chante l’amour, le respect, les bons sentiments, tout en conservant une âme mélancolique et pure, que convoite ardemment son pire ennemi, le diable en personne, Méphisto. Une série baba-cool et ultra cool, qui est vite entrée dans la légende, avant de connaître un sérieux coup de mou dans les années 90 et de disparaître du catalogue Marvel. Désormais le Surfer fait l’objet de publications non régulières, entre mini séries et Graphic Novel, et il a rejoint le groupe cosmique des Annihilators. Mais ses fans purs et durs ne l’ont pas oublié, et il reste une icône populaire connu de tous, y compris des non spécialistes du comic-book. Voici une petite sélection très partiale, dans laquelle puiser de bonnes lectures relatives au Silver Surfer.




MARVEL OMNIBUS : Silver Surfer Un gros pavé de 60 euros qui vous offre le Surfer des origines en format de prestige. Un régal pour les yeux signé Buscema, sorti en 2008 chez Panini. Indispensable pour les amateurs de récits vintage

SILVER SURFER : Requiem Sorti en VF sous forme de graphic Novel, cette aventure récent nous montre un Surfer mourant, victime d’une sorte de cancer. Émouvant et par trop sous-estimé, avec le talent d'Esad Ribic, dessinateur ultra doué. 

SILVER SURFER : Rebirth of Thanos Le Surfer impuissant face à la menace de Thanos, en guise de prélude au grand crossover cosmique Infinity Gauntlet. Ah ce Ron Lim aux dessins… Une série d'épisodes que les nostalgiques contineutnde regretter. A l’époque sur les pages de Nova.

TOP BD 27 (Semic) : Le retour Un bel album de 1992, en VF, où le Surfer peut enfin retrouver sa bien aimée et sa planète natale. Sauf que ça tourne vite au drame et que rien n’est comme cela devrait être. Pas de chance, ce Surfer, quelle guigne ! Il faut fouiller chez les bouquinistes pour dénicher cette Bd de chez Semic, ou bien aller sur des sites en ligne comme Ebay ou Priceminister. Sans oublier les forums spécialisés.

SILVER SURFER : PARABLE  Une expérience un peu particulière puisqu'il s'agit là du Surfeur revu et corrigé par Moebius lui même. Au scénario Stan Le. Bref un duo mythique pour une aventure hors-norme, qui toutefois trahit quelque peu le manque d'habitude du grand dessinateur français avec les super-héros américains. 


MURDER FALCON : WARREN JOHNSON ET LE METAL POUR SAUVER LE MONDE

 Avec un titre pareil, on s’attend à du bruit, de la fureur et une aventure fracassante. Murder Falcon (ici réédité dans une version augmen...