GREEN ARROW MACHINE A TUER (DC COMICS LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS TOME 12 CHEZ EAGLEMOSS)

S'il y a un bien un personnage qui n'a pas profité de l'arrivée des New 52, et a plongé d'entrée dans l'anonymat et la sécheresse d'inspiration, c'est de Green Arrow qu'il s'agit. Alors que Oliver Queen connaît un succès honorable à la télévision, dans une série produite par Greg Berlanti pour le réseau CW (qui vise un public jeune et pas forcément habitué à lire les aventures de l'archer de Dc comics), sa série mensuelle, écrite par J.T.Krul puis Ann Nocenti s'est enfoncée dans le marasme le plus total, avec des aventures à la limite du lisible, et un héros sans le moindre charisme. Exit le Green Arrow grande gueule aux faux airs d'Errol Flynn dans Robin Hood, place à un jeune minet assez naïf et tête brûlée, et un univers narratif d'une platitude désolante. Seulement voilà, le docteur Jeff Lemire a été appelé au chevet de la créature, et le praticien a tout de suite trouvé le remède adéquat. En un seul épisode, Lemire change la donne et prend une toute autre direction, qui va s'avérer payante, et remettre Green Arrow sur le devant de la scène (qu'il quittera à nouveau dès le départ du scénariste canadien). D'emblée, le canadien introduit toute l'adrénaline et le mystère qui a fait défaut durant année et demie précédente. Oliver Queen a tout perdu, sa compagnie a été victime d'un rachat sauvage, et son mentor, l'ancien meilleur ami de son père décédé, est froidement abattu d'une flèche dans le dos, tiré à un building de distance, au moment précis où il s'apprêtait à faire au jeune homme d'importantes révélations sur son destin. Inutile de préciser qu'un tel modus operandi démontre que l'assassin n'ignore rien de la double identité de Queen junior, et qu'un duel d'archer s'amorce, sans concession. D'autant plus que les amis d'Oliver, son projet personnel (Q-Core), tout part en fumée dans une explosion dantesque, laissant Green Arrow plus seul que jamais, face à un adversaire dont il ignore tout. Nous autres lecteurs, nous ne tardons pas à voir débarquer Komodo, dont l'habileté et l'entraînement à l'arc semble surpasser celles de notre héros, au point de lui passer une rouste qu'il n'est pas près d'oublier. Ouch, ça fait mal. 

Ce n'était pourtant pas gagné d'avance, car Jeff Lemire n'est jamais aussi inspiré et efficace que lorsqu'il prend le temps de construire une ambiance intimiste, et qu'il plonge lentement dans les tréfonds de la psyché de ses personnages. Ici tout va très vite, et Lemire parvient dans les vingt premières pages à exposer clairement, ou à insinuer, tout ce qui va constituer son run à venir, avec les rebondissements, les nouveaux intervenants, et cette atmosphère si singulière qui doit beaucoup au dessinateur, à savoir l'italien Andrea Sorrentino. Celu-ci est un pur génie en puissance, qui fait tout par lui même, du layout à la couleur. Maîtrise totale du processus artistique, ce qui lui permet d'aller au bout de son délire, de son audace, et de faire exploser les yeux du lecteur avec des scènes proprement renversantes. La mise en page est nerveuse, saccadée, avec des cases puissantes et expressives qui s'alternent avec d'autres plus petites qui isolent un ou des détails, et les mettent au point comme autant de cibles visuelles qui viennent donner au public un indice ou un éclairage précis sur le déroulement de l'action. C'est pertinent puisque nous avons affaire à un archer, dont tout l'art repose sur la capacité à isoler sa victime et ses points faibles, pour viser et placer la flèche dans le mille. Bref, c'est du tout bon que ce premier volume consacré à Green Arrow, qui dispose de surcroît de personnages au fort potentiel et nimbés de mystère, comme Komodo ou le Magus, qui va vous faire vous interroger, ou encore les secrets familiaux de la famille Queen, ici différents de la version télévisuelle, qui fait à coté une figure pâlichonne. Une manière fort réussie de crédibiliser un héros jusque là en perte de vitesse, et présentée lourdement (en parallèle) comme un jeune lourdingue et imbu de lui-même (limite crétin) sur les pages de la Justice League of America. Sombre, violent, adulte dans le ton, exigeant artistiquement, ce Green Arrow là n'est décidément pas une lecture comme toutes les autres, ni pour toutes les mains. 


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SECRET WARS #9 : LA CONCLUSION

Jonathan Hickman est un gros malin, et un architecte hors pair. On lui a confié le soin de changer la donne dans l'univers Marvel, en orchestrant le plus grand chamboulement de ces dernières années, au point de tout faire repartir de zéro, ou presque? Et bien le scénariste s'est attelé à la tâche, et en a profité pour offrir une magnifique conclusion... à son propre travail, celui initié sur la série Fantastic Four, puis prolongé longuement et brillamment sur Avengers. Car c'est bien de cela, finalement, qu'il s'agit dans ces Secret Wars. Et comble de l'ironie, alors que la webosphère s'émeut de la disparition annoncée des Fantastiques du catalogue des sorties Marvel, il offre au quatuor la plus belle histoire écrite depuis des lustres, en plaçant la famille Richards au centre d'une tapisserie impressionnante d'ambition et de justesse humaine. Car derrière le conflit spatial et dimensionnel, au delà des univers parallèles et de la fin de tout, c'est encore une fois deux êtres humains, avec leurs peurs, leurs doutes, leurs limites et leurs rêves, qui occupent le centre de la scène. Reed Richards, qui consciemment ou inconsciemment est toujours là pour résoudre ce qui peut l'être, et trouver le moyen de réparer ce qui ne peut pas l'être, et Fatalis, son alter-ego dévoré par la jalousie et la haine, ici présenté avec une palette de nuances et de sentiments qui le transcendent pour en faire un monarque pathétique qu'on en viendrait presque à regretter. Quand tout meurt, il faut du courage, de l'abnégation, et une folle ambition, pour assumer le rôle du sauveur de l'humanité, pour lui offrir un avenir, quitte à le forger de ses propre mains pour qu'il soit le reflet de l'âme de son géniteur. Fatalis a le pouvoir de tout faire et tout instaurer, et au delà du Battleword et de la survie de l'univers Marvel, recomposé sous forme d'un patchwork unique en son genre, c'est aussi l'intime qui prend le dessus, chez l'ancien dictateur latvérien. Ce qui lui échappe, ce qu'il ne peut avoir, ce qu'il désirait et enviait chez son rival, la famille, l'amour, la descendance. Ce qui est à Richards est à lui, et ce vol inouï est aussi le ressort du dernier acte des Secret Wars, dont l'explosion finale se joue entre deux être plus humains que jamais, et permet de justifier habilement le sort réservé aux Fantastiques, qui vont devoir se placer momentanément en retrait de l'univers Marvel, pour assurer la pérennité de ce dernier. Voilà qui explique pourquoi Ben Grimm part dans l'espace avec les Gardiens de la Galaxie, par exemple. 
Esad Ribic est tout bonnement somptueux. Ses planches qui ressemblent à des aquarelles, aux tons pastels fabuleux et à la justesse plastique remarquable, offre à ce dernier épisode un écrin à la hauteur de ce qui s'y déroule. Un univers entier est dans la balance, et point de Dieux ou d'entités cosmiques, la conclusion est aussi une affaire de poings, de sueur, de suprématie personnelle, de réalisation humaine. Bref ces Secret Wars nous ont baladés pendant des mois (avec un retard tel qu'elles se terminent alors que Panini vient d'entamer la Vf) pour nous amener sur un sentier de campagne qui n'était pas prévu au programme du voyage, mais qui est pile l'endroit où le lecteur le plus romantique et le plus attaché à ces personnages légendaires aurait souhaité atterrir. Oui messieurs dames, pour une fois un event Marvel trouve une digne conclusion, et possède un sens évident, et une qualité artistique indiscutable. De quoi nous faire oublier tous les reboot et autres catastrophes conspirationistes envisagés au départ. 


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SUPERMAN/WONDER WOMAN TOME 1 : COUPLE MYTHIQUE

Finalement quoi de plus logique que de voir ces deux-là se mettre ensemble? Après tout il s'agit du couple le plus puissant de l'univers DC Comics; d'un côté nous avons Superman, un extraterrestre adopté par notre planète, dont la force est incommensurable et qui est le super-héros par excellence. De l'autre nous avons une amazone guerrière redoutable, descendante directe de la mythologie grecque. Ce couple surpuissant en apparence complémentaire a de quoi inquiéter les observateurs les plus pusillanimes (ou lucides); certains en viennent en effet à se demander ce qui pourrait se produire si deux êtres aussi formidables venaient à avoir une descendance, ou tout simplement quelles seraient les conséquences d'une rupture ou de problèmes relationnels entre les deux tourtereaux. Tant de pouvoir concentré entre un homme et une femme attire logiquement la crainte et la méfiance. Les deux amants se posent également des questions toutes personnelles à savoir si se préoccuper l'un pour l'autre en plein combat ne finit pas par devenir un handicap pénalisant plutôt que de constituer un atout. Bref la somme des parties est-elle supérieure aux individualités prises à part? La question se pose lorsque Superman et Wonder Woman se retrouvent aux prises avec des fugitifs en provenance de la zone fantôme; c'est tout d'abord la terrible machine de destruction Doomsday qui malmène sérieusement l'Amazone. C'est ensuite le général Zod qui débarque sur terre. Lui aussi est un kryptonien mais ses objectifs et sa moralité sont bien différentes de ceux de Superman et il représente très vite un danger potentiel de très grande envergure pour la Terre. Heureusement depuis qu'il est en couple Superman a donc un renfort de charme et de choc pour faire face aux crises les plus importantes. 


La nouveauté, c'est donc que cette fois, Dc assume le couple Superman/Wonder Woman. Parfois ébauché sous forme de flirt anodin, ou présenté dans des réalités alternatives ou futuristes, cette fois il au centre du nouvel univers sentimental de l'homme d'acier. Exit donc Lois Lane, journaliste qui n'a pas froid aux yeux mais reste bien humaine. Place à une compagne déesse. Et les sentiments sont avoués, franchement. Les mots comptent, et Clark Kent laisse parler son coeur et avoue ce qu'il ressent. Chose toute aussi significative, si Diana peut avoir des doutes par endroits, elle aussi se laisse prendre au jeu et communique sur ce qu'elle ressent. Mais aussi forts et puissants soient-ils, les deux amants ont aussi des limites, qui peuvent par ailleurs être exacerbées par l'intervention sournoise de créatures divines (comme Apollon) qui viennent en aide à leurs ennemis. Du coup, si vous voulez voir Superman poussé dans ses derniers retranchements, terrassé et capable de renverser la vapeur en prenant des risques incroyables, plaçant dans la balance sa propre survie et celle de Wonder Woman, voilà un album qui devrait vous satisfaire. Le général Zod et sa compagne sont des créatures elles aussi presque invincibles, et avec Doomsday qui rôde dans l'ombre et va bientôt se déchaîner, on en plaindrait presque Superman, que Charles Soule humanise tout en soulignant ses extraordinaires facultés. Le dessin est signé Tony Daniel, un de ces artistes appréciés ou détestés, selon que le style réaliste et plastiquement dynamique vous intéresse ou pas. Pas de prétention arty ici, mais des planches iconiques, voire (pas toujours mais cela arrive) somptueuses, certes nimbées d'une froideur esthétisante, mais qui sont d'un assez bel effet. On le préfère sur les splah-pages ou les cases de grande envergure, beaucoup moins quand il s'agit de fignoler les vignettes secondaires. En tous les cas, voilà une romance qui sort l'artillerie lourde, et a un sens quand on réalise à quel point ces deux héros sont finalement au dessus du commun des mortels, avec de telles facultés, et un tel potentiel salvateur ou destructeur. Un tome 1 en forme de blockbuster efficace, à déguster avec des pop-corns. 






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LA COVER DE LA SEMAINE (semaine 6)

Voici donc notre petite rubrique du dimanche, avec les plus belles couvertures publiées ce mercredi 13 janvier. Les sorties de cette semaine nous ont réservés encore une fois de belles choses, et je vous laisse vous faire votre opinion et choisir la cover de la semaine. car c'est un des plaisirs des comics, celui de la couverture, variant ou regular

Au menu : 

Batman 66 Meets The Man From Uncle #2 de Mike Allred
Legend Of Wonder Woman #1 de Renae De Liz
Robin War #2 variant de Lee Bermejo
New Suicide Squad #16 de Juan Ferreyra
All New All Different Avengers #3 de Alex Ross
Black Knight #3 variant de Tim Bradstreet
Mighty Thor #3 variant de Simone Bianchi
Secret Wars #9 de Alex Ross
Web Warriors #3  variant de Tom Whalen
Descender #9 de Dustin Nguyen
Huck #3 de Rafael Albuquerque
Star Trek  #53 variant de Cat Staggs
Red Sonja Vol 3 #1 de Marguerite Sauvage
















SUPERMAN ACTION COMICS TOME 1 : MONSTRES ET MERVEILLES

Superman a beau être un extraterrestre, il a grandi dans une famille accueillante et une ferme du Kansas profond. Aujourd'hui il est devenu le plus grand héros et défenseur de la planète et il a entamé une relation plus qu'amicale avec l'Amazone la plus redoutable de toutes, la magnifique Wonder Woman. Mais il y a d'autres femmes dans le passé de Superman, ou plutôt pour être exact dans le passé du jeune Clark Kent; c'est ainsi que ce premier album proposant en librairie la série Action Comics nous permet de découvrir la rousse Lana Lang. On devine qu'il y avait entre les deux une très forte sympathie et probablement quelque chose de plus, mais la jeune femme est partie de Smallville pour découvrir le monde en tant qu'ingénieure en électronique, alors que notre héros est devenu journaliste à Metropolis. La personnalité de Lana et le rapport entre elle et Clark est tout d'abord élucidé par le biais d'un épisode qui est situé à l'époque de l'an zéro, un événement qui a été raconté sur les pages du titre mensuel Batman. Ce plongeon dans le passé permet donc au lecteur qui ignore tout du personnage de se familiariser avec celle qui sera au centre du récit dans une aventure qui va mettre aux prises Superman avec une civilisation souterraine. Lana Lang à en effet découvert (alors qu'elle participer à des opérations de creusage au Vénézuela) une créature gigantesque à l'aspect monstrueux, sortie des entrailles de la planète. Menacée et apeurée elle reçoit l'aide de son super-héros de meilleur ami qui à peine intervenu sur les lieux du désastre est à son tour agressé par le soldat fantôme, un militaire doté d'une combinaison ultramoderne, qui a le pouvoir de se rendre intangible et qui parvient à dématérialiser son arme pour la rematérialiser dans la poitrine de Superman. Le genre de chose qui peut faire mal et laisser quelques traces, quand on est cueilli à froid alors qu'on souhaite avant tout aider. 


En fait les monstres ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit. L'apparence est une chose, mais derrière l'horreur ou l'étrangeté peut se cacher tout autre chose. Par exemple, cette créature sortie droit des entrailles de la Terre, là voici qui se métamorphose en une sorte de jeune enfant-diablotin, fragile et perdu. Superman est le parfait boy-scout, et vous le savez, il ne manque jamais l'occasion d'aider tout le monde. Du pain sur la planche pour l'homme d'acier, qui va aussi être confronté, lors de sa visite au royaume de Subterranea, à de gentils lémuriens exploités pour leur capacité à produire de l'énergie. Epaulé en ce sens par Lana, le héros décide de rétablir une certaine forme de justice, mais parfois, en voulant bien faire, il arrive que nous nous trompions, car il est souvent impossible de maîtriser tous les paramètres. Greg Pack livre là un récit agréable à suivre, assez touchant et rondement mené, et qui a l'avantage de ne pas nécessiter une connaissance particulière de l'univers de Superman. Le scénariste place l'action à la portée de tous, et c'est en effet une bonne raison de publier un Tome 1, qui ne devrait pas vous décevoir, si vous souhaitez une lecture super-héroïque honnête et bien pensée. Le dessin est de Aaron Kuder, qui a un style assez particulier, associant la rondeur d'un Quitely aux prétentions caricaturales de Scott Kolins, par exemple. Si son travail reste encore quelque peu irrégulier, il est évident qu'il parvient à capter notre attention en donnant corps aux nombreuses scènes d'action, de batailles, de luttes, qui rythment de manière effrénée ce premier tome. Une bonne surprise donc, avec une Lana Lang plus aventurière et entreprenante que jamais (un petit coté Lara Croft non désagréable) et un Superman toujours aussi positif et convaincu que la vie, il n'y a rien de plus précieux. A découvrir. 




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THE SUPERIOR SPIDER-MAN : TOME 5

Toujours disponible en librairie, le tome 5 de la série Superior Spider-Man est une bonne occasion pour revenir sur ce qui fut une des très agréables surprises récentes dans l'univers Marvel. Peu convaincu au départ par ce projet, je me suis vite ravisé devant la qualité des aventures de ce nouveau Tisseur, plus radical et agressif, depuis que l'esprit du docteur Octopus est parvenu à se glisser dans le corps de Peter Parker, pour en prendre le contrôle, après avoir "switcher" sa conscience et sa personnalité avec le malheureux petit neveu de Tante May. Cette dernière est d'ailleurs déçue et n'apprécie guère la froideur et l'insensibilité démontrée par celui qui fut depuis toujours un modèle de gentillesse, à la limite du crétin couillon, prêt à traverser la ville accroché à ses toiles pour sauver la tantine d'une énième crise cardiaque et lui apporter ses médicaments chèrement payés (un des gimmicks éculés dans les années 60 et 70); alors que la vieillarde a finalement repris du poil de la bête et s'est mariée voilà peu avec le père de l'irascible J.Jonah Jameson. Tout partait d'un bon sentiment (Spider-Man délivre sa tante des griffes d'un certain Blackout, à lire dans l'annual qui ouvre cet album) mais les méthodes ne passent plus. Comme le laisse supposer la couverture, la suite est fort rythmée puisque notre héros se retrouve face à Venom, ennemi récurrent qui lui a toujours donné du fil à retordre. Mais Venom n'est plus ce monstre chargé de haine dépeint par Micheline et McFarlane, dans le Marvel Icons (Tome 1) fraîchement édité par Panini. Désormais, il s'agit de Flash Thompson, l'ancien meilleur pote/tortionnaire de Parker au lycée, qui a perdu ses jambes dans un conflit au Moyen-Orient mais a compensé en se mettant au service du gouvernement, qui l'utilise comme une arme corvéable à merci. Flash pense pouvoir maîtriser le symbiote et se rendre utile, mais tout cela, le Spidey/Octopus l'ignore, et dans ses souvenirs, Venom a tout de l'épouvantail qu'il faut prendre à coups de poings serrés dans la figure. En parallèle, d'autres pistes, d'autres lignes narratives parcourent ce tome 5, comme la relation sentimentale entre le Superior Spider-Man et la scientifique AnnaMaria Marconi. Cette dernière est loin des standards féminins fréquentés jusque là par l'ancien tisseur, et apporte un éclairage sensible sur qui est vraiment Octopus, et le petit garçon apeuré qu'il continue d'être probablement derrière la morgue et la façade arrogante. Et  n'oublions pas Carlie Cooper, la dernière petite amie de Peter Parker avant qu'il ne sorte de scène bien malgré lui, et qui a été kidnappée par le Bouffon Roi. 
Point d'orgue de ce volume, la tentative du Superior Spider-Man pour "guérir" Venom (en fait neutraliser le symbiote alien) qui aboutit à la formation momentanée d'un Venom Supérieur qui aurait presque mérité qu'on s'y attarde un peu plus. C'est toujours aussi fun, rapide, explosif, et truffé de bons moments inventifs et surprenants. Et comme au dessin Humberto Ramos est en forme olympique, avec des planches magnifiques car audacieuses et dynamisantes, vous êtes assurés de passer un très agréable moment de lecture. On en voudra guère à Javier Rodriguez de ne pas être à la hauteur du maître Ramos quand vient son tour de se mettre en valeur, mais y parvenir aurait été une gageure. Il ne vous manque pas à vous, ce Superior Spider-Man?




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THE TOTALLY AWESOME HULK #1 : LA REVIEW ALL-NEW ALL-DIFFERENT

Bon je ne vais pas vous mentir, et puis de toutes façons vous le savez. Ces temps derniers, Hulk n'a pas été le héros le plus en vue de l'univers Marvel. Ses séries sont loin de passionner les foules, et même durant Secret Wars, il a occupé un rôle marginal pour ce qui est de la saga principale. Alors pour remonter dans notre estime, cette nouvelle série qui présente un Hulk totally awesome a intérêt à faire fort, très fort. D'emblée la question se pose : qu'est devenu le docteur Banner, et ses accès de rage qui en faisaient à la fois un scientifique fragile et une machine de destruction massive? Aujourd'hui le Hulk est un jeune homme de dix-neuf ans, certes considéré comme un génie et une des dix plus grandes intelligences de la planète, mais avec des préoccupations et des réactions en accord avec son âge. Au combat ce Hulk là ne dédaigne pas flirter avec les demoiselles en détresse, et quand il se retrouve associée à des héroïnes plus âgées que lui, c'est un peu comme s'il entendait sa mère lui prodiguer des conseils. Greg Pack est le co-créateur d'Amadeus Cho, et il emmène son héros avec lui pour ce titre qui se veut fun et très jeune dans l'esprit. Cho peut devenir un géant vert à volonté, il est censé maîtriser parfaitement la rage qui couve en lui, mais quelques petits éléments nous laissent à penser que rien n'est aussi parfait ou bien rodé qu'il voudrait le laisser croire, à sa soeur particulièrement. D'un Cho à l'autre... nous arrivons à Frank Cho, qui s'amuse comme un fou avec des planches explosives et truffée d'action, où on voit un double pruneau en pleine poire abattre deux ennemis en même temps, lorsque Hulk et Miss Hulk couplent leurs forces, le temps d'un team-up qui voit aussi le nouveau Spider-Man (Miles Morales) se joindre à la bataille. Ce Hulk là n'a rien d'effrayant, de pathétique, de monstrueux, c'est un colosse de jade cool, qui fait de l'humour, se place dans des situations difficiles et maladroites, une sorte de peluche dopée aux rayons gamma dont la mission première est pour le moment de courir à travers le globe pour aller stopper l'apparition de vrais monstres ce coup-ci, arrivés de nulle part. On trouve un peu de cette touche décalée et satirique que Peter David avait pendant si longtemps su maintenir sur la série, à ses grandes heures, mais en même temps il manque de la profondeur, une justesse psychologique, pour que ce titre mérite vraiment d'être applaudi des deux mains. ce Totally Awesome Hulk est une sorte de dessin animé rassurant avec un héros gigantesque mais bon, qui frappe le sourire aux lèvres et emballe tout ce qui bouge en même temps. A des années lumière du Banner mesquin et torturé, bien ancré dans une opération de rajeunissement de la ligne éditoriale, ce qui va quand même défriser plus d'un lecteur bien rodé, qui va sentir le vide s'ouvrir sous ses pieds. Hulk, la série qui donne la banane et se consomme au troisième degré? Sacrilège ou coup de génie? 



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