SUR LES TRACES DE ... DEADSHOT : FLOYD LAWTON EN SOLO CHEZ URBAN COMICS

Deadshot sous les projecteurs. Inutile de se le cacher, il s'agit là d'un des effets évidents du film Suicide Squad, et de l'interprétation du personnage par Will Smith à l'écran. Foncièrement méchant (il assassine ses victimes sur commande, mercenaire du crime) mais en partie racheté par son statut de père de famille et de leader de la Squad, ce Deadshot là peut facilement susciter l'empathie du public, mais est-il pour autant aussi sympathique dans les comics? Sur les traces de Deadshot est en fait la publication Vf d'une mini série, Suicide Squad most wanted : Deadshot.
D'ailleurs Floyd est en mission, dès l'introduction. En Amérique du Sud, face au cartel de la drogue de Guillermo “Che” LaPaz (bonne idée donc), sur les ordres de la détestable Amanda Waller, qui traite ses hommes comme des pions sacrifiables. La situation empire lorsque Deadshot s'apprête à recevoir de la concurrence, en la personne de Will Evans, qui a la réputation de ne jamais rater sa cible. Cela tombe mal, c'est aussi la spécialité de Lawton. On pourrait s'attendre logiquement à un scénario longuet, se contentant de comparer ce qui rapproche et différencie les deux hommes, mais en réalité les choses évoluent (bien) lorsque Lawton décide de prendre la tangente et de déserter la mission qu'on lui a assigné, pour se rendre au chevet de son père mourant. Et pas pour lui apporter des fleurs ou une boîte de chocolat. Vous pouviez penser, d'ailleurs, que les géniteurs de Deadshot étaient morts depuis belle lurette. Et non, Brian Buccellato, qui désormais se pique de jouer aux scénaristes, vous prouve le contraire, et réinterprète à sa façon le backgroud du mercenaire. 

Un des axes choisis par Buccellato, c'est de comprendre pourquoi Deadshot a cette rage et cette personnalité. Certes, il ne s'agira pas de le justifier, mais d'éprouver un minimum d'empathie, de confirmer la règle que souvent, en creusant un peu en arrière, on finit par comprendre comment un homme peut perdre son chemin, et devenir ce qu'il n'aurait jamais du être. On pourra tiquer par contre sur le costume de Deadshot, qui a tendance à ressembler à un tonneau de vin, adapté au format comic-books avec de multiples gadgets assassins. Mais Viktor Bogdanovic assure avec efficacité la partie graphique. Son style est parfait lorsqu'il s'agit d'insuffler du dynamisme, de donner corps à des scènes d'action, ce qui est la raison d'être, à la base, de ce type d'anti-héros. Il reste encore des progrès à faire au niveau des expressions faciales, des détails et des tout premiers plans, mais le sens du story telling, dès lors qu'il faut secouer le lecteur, c'est déjà acquis et maîtrisé. Avec un petit coté Greg Capullo qui ne vous échappera pas. Deadshot est actuellement en train de vivre sa petite heure de gloire, et en attendant qu'un film solo voit le jour et n'enfonce le clou, ce type de parution est le meilleur moyen, pour ceux qui ont la fascination des bad-guys maudit, flirtant (sans la toucher) avec la rédemption, d'assouvir leurs envies de comics de ce type. Ma foi, pas mauvais du tout, si vous savez ce que vous allez lire. 



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LE MEILLEUR DU PREMIER TRIMESTRE 2017 : NOTRE SELECTION

L'année 2017 commence sous les meilleurs auspices, au moins pour ce qui est des comics: jetons un œil au premier trimestre de l'année et au sorties immanquables qui nous attendent entre janvier et fin mars. Nous avons sélectionné pour vous cinq albums à posséder ou lire absolument, selon nous le meilleur ou presque de ce que vous allez trouver en librairie, concernant les comics et les super-héros. Voici donc notre top five du 1er trimestre... que de la qualité je vous le garanti! 


On commence avec le Moon Knight de Jeff Lemire. Celui-ci a un talent incroyable pour écrire des histoires qui mêlent l'intime et l'héritage classique super héroïque; c'est ce qu'il fait une fois encore avec Marc Spector, en l'envoyant directement dans un asile psychiatrique, duquel il tente de s'échapper. Le lecteur se perd dans un récit formidable qui mêle tentative de domination du monde par des puissances occultes, folie pure et dure du personnage principal, et faux-semblants continus, avec les masques qui tombent. Dessiné par Greg Smallwood, il s'agit d'un album purement stupéfiant, aussi bien au niveau de son ambition narrative que graphiquement. Ne le perdez surtout pas, ce serait bien dommage. Disponible le 8 février chez Panini.


Paul Dini a été victime d'une agression brutale une nuit, qui l'a envoyé aux urgences de l'hôpital, et a laissé des séquelles physiques mais aussi et surtout psychologiques. Ce sentiment d'être à la merci de l'inconnu, la peur à vaincre et surmonter pour repartir, tout ceci a donné naissance à un one shot remarquable qui sera publié le 3 février chez Urban Comics. The Dark Knight : une histoire vraie est un récit différent de ce que vous avez déjà pu lire sur Batman. A recommander même à ceux qui ne sont pas habitués à lire des histoires de super-héros.



La Panthère Noire est est de retour : il faut dire que son apparition sur grand écran en 2016 a recueilli un succès certain. La nouvelle série est consacrée à la géopolitique interne du Wakanda, cette union étrange de technologie moderne et de traditions ancestrales. Les us et coutumes qui sont autant de barrières qui étouffent famille royale et peuple. Jamais auparavant un auteur n'avait autant creusé dans la société wakandaise, comme le fait Ta-Nehisi Paul Coates, écrivain et journaliste de formation . Une histoire dont la crédibilité sociale est aussi renforcée par les dessins inspirés de Brian Stelfreeze, plus en forme encore qu'à l'accoutumée. Les fans du personnage devront absolument être au rendez-vous le 8 février, car ce titre est un des plus ambitieux actuellement chez Marvel.



Longtemps réclamée à corps et à cri par les lecteurs, La Wonder Woman de George Perez débarque enfin chez Urban Comics : il s'agit d'un run particulièrement important qui a redéfini le personnage et l'a enraciné plus encore dans une dimension mythologique, avec une vision stupéfiante de ce qu'est la société des Amazones d'autrefois, leur organisation sociale, le rapport aux dieux et déesses de l'antiquité. Pour ne rien gâcher, Georges Perez fait un travail remarquable au dessin, avec un sens du détail et de la mise en scène renversant. Son trait classique et en même temps d'une grâce absolu, a marqué à jamais l'histoire de Wonder Woman, et cette publication en intégral de sa présence sur le titre commence avec un premier tome à sortir le 17 mars, que les amateurs de comics un peu vintage se doivent absolument de récupérer.



Enfin I hate Fairyland. Les amateurs du style cartoony de Skottie Young l'attendaient avec impatience, ils seront exaucés dès le 3 février. La petite Gertrude rêvait, comme bien d'autres fillettes avant elle, de vivre quelque temps au pays des contes de fées. Sauf que cela fait maintenant 27 ans qu'elle y est bloquée, dans le corps de la gamine qu'elle est donc restée. De quoi péter un câble et nourrir des envies sanguinaires, et passer à la moulinette tout ce que le merveilleux, le féérique, peut lui dresser sur sa route. Young arrose au napalm cet univers chatoyant et ingénu, pour en faire une fable pleine de vice et d'hémoglobine, un défouloir irrévérencieux où il peut donner pleine mesure, à la limite de la méchanceté malsaine. Mais c'est aussi drôle, enlevé, furieux, bref il y a de fortes chances que vous accrochiez à ce délire tout personnel. En plus le tome 1 sera proposé à dix euros!

STAR-LORD #1 : PETER QUILL, UN ETRANGER SUR TERRE

Ce n'est pas vraiment la meilleure période pour Peter Quill. Star-Lord vient en effet d'essuyer une série de revers qui plongeraient n'importe qui dans la dépression. Les Gardiens de la galaxie ont littéralement implosé, et leur vaisseau est hors d'état de fonctionner; sa relation avec Kitty Pryde est arrivée à un point de rupture, et sa période en tant qu'empereur de Spartax n'aura pas été très longue, et ce sera bien mal terminée. Dans ces conditions, son retour sur Terre n'est pas si facile, d'autant plus que même s'il est né sur notre planète, Peter est en réalité peu accoutumé à nos habitudes, notre style de vie, il n'est pas vraiment à sa place chez nous. Ce qui explique que le scénario oscille continuellement entre le drame intime et l'humour... on sourit beaucoup dans cette nouvelle série, mais en même temps le ton a quelque chose de tragique, avec l'histoire d'un homme qui n'est clairement pas à sa place, et aurait franchement envie d'être ailleurs. Ce qui explique que les guest stars impliquées dans ce premier numéro font une apparition logique et pertinente. Aussi bien Howard le canard que Old Man Logan sont en effet aussi prisonniers d'un monde ou d'une époque qui ne leur appartient pas. Cela crée forcément des liens, et explique pourquoi cet épisode se termine dans un bar, avec une traditionnelle scène de beuverie, mais aussi de règlement de compte entre clans de malfaiteurs, ce qui servira d'ailleurs de cliffhanger pour le mois prochain. 
Chip Zdarsky semble avoir parfaitement assimilé les caractéristiques du personnage, et paraît vouloir en approfondir le côté étranger à nos us et coutumes, tout en nous montrant que derrière la façade désinvolte se cache un homme qui peut vite se sentir seul et décalé, et qui n'a pas encore compris et donné un sens à son existence. Les dessins sont de Kris Anka : si ce n'est pas à la base mon artiste préféré, il faut admettre que son trait minimaliste mais pourtant soigné permet une caractérisation précise des différents personnages, et colle très bien à l'ambiance de cette série. Il parvient à travers les attitudes, les expressions et les gestes, à traduire parfaitement les intentions du scénariste, et il est évident que le binôme fonctionne pleinement, comme s'il l'un était l'accomplissement naturel du travail de l'autre. Alors certes l'histoire est terre-à-terre... certes nous sommes très loin des aventures cosmiques qui ont habituellement marqué le quotidien de Star-Lord, mais il est évident que dans le prochain numéro la trame prendra de l'ampleur. Pour l'instant il s'agit d'une sorte de titre tragi-comique, agréable à suivre, un travail propre et bien effectué qui mérite amplement que vous y jetiez un coup d'œil.


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CIVIL WAR II : COUP D'ENVOI CHEZ PANINI (CIVIL WAR II DAY)

Le 4 janvier Panini a décrété le Civil War II Day. Autrement dit en vous rendant dans votre comic shop préféré, vous pourrez recevoir un épisode gratuit, offert (sans condition d'achat) pour lancer et présenter la nouvelle guerre civile entre super-héros. De quoi s'agit-il au juste?
Essayons donc d'en parler, sans pour autant trop en révéler, afin de ne pas gâcher la surprise de ceux qui ne lisent que la Vf. Une première constatation, il y a bien un point commun évident entre le récit publié il y a plus de 10 ans et celui d'aujourd'hui, à savoir une catastrophe gigantesque, une destruction massive qui risque de bouleverser l'opinion publique, et de provoquer de fortes dissensions dans la communauté super héroïque. Autrefois c'était les New Warriors et leur stupide émission de téléréalité qui s'étaient révélés imprudents face à un certain Nitro, cette fois nous avons affaire à une situation plus complexe. Néanmoins il semblerait que les Inhumains et ce fameux nuage terrigène -qui semble se balader autour de la planète depuis des mois, entre temps Secret Wars est passé par là, et on aurait pu croire qu'un nuage, ça finit par se dissoudre, disparaître, au fil des jours...- ne soit pas pour rien dans ce qui se produit. En tous cas on démarre avec un numéro 0 est assez énigmatique. Nous avons Miss Hulk alias Jennifer Walters, qui démontre à quel point une excellente avocate ne peut rien, face aux préjugés et aux pressions que subissent parfois les jurys populaires... elle tente bien de sauver la peau du Pitre, ancien super-vilain de troisième zone opposé à Daredevil dans les années 80, mais ce sera peine perdue. Autre protagoniste, James Rhodes, qui semble sur le point de prendre du galon, ou en tous les cas on lui fait miroiter un avenir assez surprenant. Les pions se mettent lentement en place, avec un Olivier Coipel absolument stupéfiant : jamais de votre vie vous ne verrez une plus belle et convaincante Miss Hulk.

Tout le monde semble solidaire dans les premières pages de Civil War II, quand il s'agit de repousser la menace cosmique d'un Céleste qui a débarqué sur Terre, et qui ne nous veut pas que du bien. Sa stature, son attitude, tout nous fait penser à la venue de Galactus, qui s'était rendu sur notre planète pour en faire son casse-croûte. Mais cette fois les héros sont sur le pied de guerre, unis et motivés, et ils ont un nouvel atout de poids, les Inhumains. Ces derniers, gouvernés par la sagesse et le sens pratique de Medusa, ont un sacré bonus dans leur manche, un jeune homme dont les dons sont apparus après la diffusion du célèbre nuage terrigène, et qui semble en mesure de pouvoir prédire le futur, en tout du moins d'en percevoir les pire moments, et de pouvoir ainsi les anticiper. Une manière pro-active d'éviter les soucis à venir. On se croirait dans un remake de Minority Report, mais ça passe assez bien car les dialogues et l'écriture de Bendis semblent inspirés et font mouche, avec un naturel évident. Là où le numéro un s'emballe et commence à perdre quelques lecteurs tatillons, c'est quand un des proches de Tony Stark s'enrôle en douce dans l'équipe de Carol Danvers, pour s'en aller stopper Thanos, dans ses mauvaises oeuvres. S'ils savent que le titan prépare un mauvais coup, c'est grâce à Ulysses et ses pouvoirs déjà évoqués d'anticiper l'avenir. Seulement voilà, à vouloir changer le cours des choses sans se concerter, on peut y laisser des plumes... Bilan des courses, un premier mort à déplorer (un personnage que nous connaissons depuis des décennies, ce qui va provoquer la deuil et la colère noire de Stark) et un autre Avenger parmi les plus puissants qui ne va guère mieux et pourrait même ne jamais remarcher. Et la communauté super-héroïque qui se fracture à nouveau, autour d'un thème clair et simple, changer le futur, ou le protéger. Du coup Iron Man et Captain Marvel vont être les fers de lance de la grande division à venir. Et pour mettre ça en image, Marvel a confié son bébé à David Marquez, en lui donnant le temps et les moyens de livrer le meilleur de lui-même, ce qu'il fait avec une minutie et un sens du spectacle rassurant. Cette Civil War là est entre de bons crayons, c'est évident.


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BONNE ANNEE 2017 SOUS LE SIGNE DES COMICS

Franchement est-ce qu'il est bien sérieux de lire des bandes dessinées super héroïques passée la quarantaine? Je me pose la question car je suis dans ce cas de figure... qu'est-ce qui peut bien me pousser  -nous pousser- à lire et lire encore, à collectionner ce genre de publication? Sommes-nous donc de grands enfants attirés par les jolies couleurs, et les planches explosives, ou bien de véritables amateurs d'art, qui ont compris que le 9e est loin d'être le dernier, et que les comics on tout à fait leur place au Panthéon du genre? Pour ma part, j'ai appris à lire avec ce type de bandes dessinées. À l'âge de 3 ans mes grands-parents étaient très souvent chargés de veiller sur moi, pendant que mes géniteurs vaquaient à d'autres occupations. Mon grand père avait une étrange conception des loisirs d'un enfant de cet âge... pour lui, ramener du marché des bd petits formats en noir et blanc (Yuma avec Zagor, Rodeo avec Tex, Zembla...) ou super héroïque (Spidey, Strange...) était l'idéal pour le distraire. Le pire c'est que ce qui me semblait probablement des hiéroglyphes à première vue est vite devenu une passion indispensable, qui a marqué de son empreinte ma jeunesse, mon adolescence, et plus encore ma vie d'adulte. Une partie des valeurs qui sont les miennes, des reves et ambitions que j'ai pu nourrir et conserver aujourd'hui encore, relèvent de ces lectures mirifiques. Qui parlent de chutes, de grandeur et décadence, d'humanité dans ce qu'elle a de meilleur, de pire, prolongement évident et moderne des fables et légendes de l'antiquité, d'une ère des héros dont les flammes brûlent encore aujourd'hui grâce au génie et à l'inspiration d'artistes formidables, qui rendent concrets et presque vivants des créatures de papier pourtant plus vraies et fiables que bien de nos semblables. Les comics, c'est l'école de la vie, en bande-dessinée.

Mais lire des comics cela reste une passion onéreuse, qui demande sacrifices et un minimum de disponibilité économique. Passé un certain temps, une sorte de snobisme naturel nous pousse à abandonner le kiosque, là où pourtant à germé notre amour des comics, et nous nous tournons vers les parutions à dos carrés, celles qui font pleurer la tirelire et la carte bleue. De mon côté, je suis désormais un adepte de ce type d'ouvrage quasi exclusivement. Le kiosque ne me sert plus que pour les séries les plus récentes (all new all different Marvel) et en parallèle j'achète beaucoup de versions originales. Autre obstacle pour l'amateur de comics en devenir, savoir comment débuter, quelles séries acheter, mais vous en conviendrez également, il y a un plaisir indéniable à reconstituer petit à petit la généalogie de ces héros, présents depuis des décennies, à combler les vides mois après mois, pour mieux en appréhender l'histoire. La lecture des comics est bien plus exigeante qu'elle ne semble. Si on peut parfois s'arrêter à une vision superficielle ou primaire, il serait dommage de passer à côté des nombreuses possibilités d'interprétation de beaucoup d'histoires, sans oublier le caractère adulte et hautement intelligent du catalogue de labels ou maisons d'édition comme Vertigo par exemple, ou Image. Les comics ce ne sont pas que des héros en slip moulants, avec une cape, c'est une vision du monde dans lequel nous vivons, c'est la réalité géopolitique culturelle et économique de nos sociétés occidentales, qui sont sublimées et digérées, passées au filtre de ce média, qui a enfin gagné ses lettres de noblesse chez le grand public, en empruntant des chemins de traverse, notamment le cinéma. Aujourd'hui lire des comics n'est plus une activité de gamin attardé et asocial. Quand vous lisez des comics à 40 ans, vous en devenez presque cool, et on vous demande même d'animer conférences et interventions culturelles, pour lesquels vous pouvez être rémunérés! Quelque chose d'absolument incroyable pour le gamin que j'étais, qui était montré du doigt dans la cour de récré, lorsqu'il sortait son Spécial Strange en cachette, pour suivre les mésaventures de Cyclope, Phénix et autres mutants. J'ai aujourd'hui la quarantaine, comme un grand nombre d'entre vous qui suivent ce blog, et que je remercie d'ailleurs toutes et tous au passage. Et si je pouvais formuler un vœux pour l'avenir, ce serait celui d' avoir encore autant de temps devant moi pour savoir et profiter de ce que nous réserve Marvel, DC, et les autres! Vive les comics, et souhaitons-nous une excellente année 2017 sous cet angle, riche en lectures passionnantes et en belles découvertes.


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SPIDER-VERSE : LE RETOUR DE LA GRANDE SPIDER SAGA EN LIBRAIRIE

Pour bien comprendre ce qu'est Spider-verse il faut remonter à l'époque où le scénario et la destinée de Spider-Man étaient confiés à Michael Straczynski. C'est lui qui a en effet pris l'initiative de nous expliquer l'origine totémique des pouvoirs du héros en collant. Qui avait affronté un certain Morlun, une sorte de vampire se nourrissant de ladite puissance totémique, donnant naissance à une bataille titanesque dont les lecteurs se souviennent bien encore aujourd'hui. Attiré par les émanations arachnéennes de Peter Parker, Morlun l'avait traqué sans répit, pour s'en repaître, avant de revenir à l'assaut durant la saga L'Autre. Ce même ennemi est aujourd'hui de retour et cette fois il est loin d'être seul puisque c'est toute sa famille, les Héritiers, qui traverse le multivers à la recherche de toutes les incarnations de Spider-Man sur toutes les Terres possibles et imaginables qui peuplent ces innombrables univers parallèles. Nous assistons à un carnage à travers les dimensions; des femmes, des enfants, des monstres, des versions futuristes et des versions animalières, c'est tout un cheptel de Spider-Men qui disparaît peu à peu, la force vitale absorbée par ces chasseurs que rien ne semble pouvoir ralentir. Pour Morlun et les siens c'est un incroyable festin. La seule et unique chance qui reste à disposition des différents tisseurs de toile est de s'unir autour de la quintessence même du personnage, le Peter Parker de notre monde, celui dont nous suivons les aventures depuis notre plus jeune âge. Spider-Man est bien entouré puisqu'il a de nombreux alliés qui vont pouvoir lui prêter main forte, comme par exemple Spider-Woman ou bien Silk, cette jeune héroïne qu'il a récemment découvert et qui aurait été mordu par la même araignée radioactive qui lui a autrefois conféré ses pouvoirs. Le Spider-Man 2099 est également de la partie tout comme la version Ultimate du personnage (Miles Morales) ou bien encore Gwen Stacy en costume sous l'avatar incroyable et inattendu de Spider-Gwen (en réalité la Spider-Woman de son monde!

Une vraie bonne saga comme on les aime, avec un Olivier Coipel fabuleux au dessin. Le frenchie démontre ici qu'il est au sommet de son art, en pleine maturité artistique, et le choix des cadrages, le dynamisme qui explose de chaque page, fait de son travail une raison évidente pour se procurer cet album. Avec lui nous avons Giuseppe Camuncoli, qui sans avoir le même sens du détail et de la mise en scène, est devenu un habitué de la maison, de ceux qui sont capables de rappeler l'héritage du tisseur tout en l'adaptant aux exigences de la modernité. Excusez du peu. 
Certains parleront de fan-service, d'envie de s'adonner à l'orgie arachnéenne, et d'offrir aux lecteurs tout ce et ceux qu'ils auraient secrètement envie de voir évoluer ensemble. Peu importe, car en dehors du caractère un peu "wtf?" du projet de départ, Dan Slott parvient à tisser une trame qui se tient, donne sens à ce que nous savions déjà, tout en donnant à Spider-Man une importance de premier ordre dans la hiérarchie des héros à travers la tapisserie du multivers. Cet album (le troisième de la série Amazing Spider-Man en cours) ne contient pas les nombreux tie-in qui ont jalonné Spider-Verse, mais en dehors de quelques ellipses narratives peu claires, vous n'aurez aucun mal à comprendre enjeux et évolution du récit, qui se révèle avoir bien plus d'ambition et de fun que la moyenne. Sacré Dan Slott, quel parcours avec Spider-man!



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GAMORA #1 : UN TITRE SOLO POUR LA FEMME LA PLUS DANGEREUSE DE LA GALAXIE

Tous ceux qui connaissent le personnage savent que Gamora est la femme la plus dangereuse de l'univers, et qu'elle a été adoptée par Thanos, qui en a fait sa pupille. Par contre, en dehors de ces détails techniques sur le personnage, il est bien difficile d'aller récupérer des informations ou des fragments de vie concrets. Si les autres membres des Gardiens de la galaxie ont eu le droit à une série -ou plusieurs séries- personnelle, nous étions toujours en attente de celle consacrée à la dernière rescapée du monde des Zen-Whoberis. En effet sa planète a été exterminée par les Badoons, une race haineuse et guerrière, responsable de génocides à travers l'univers. Recueillie et adoptée par Thanos, élevée à la dure dans le respect de la vengeance, la violence, et le maniement de toutes sortes d'armes -sans oublier les techniques martiales les plus efficaces du cosmos- Gamora est devenue une arme vivante qui reçoit pour cadeau d'anniversaire, à l'adolescence, la possibilité de se venger, en allant exterminer la famille royale badoon, responsable de sa triste condition. Une mission en solo expéditive et en définitive manipulée par Thanos, qui n'aboutit pas à un résultat complet, car l'héritière du trône finit par pouvoir s'échapper, puisque tout le monde ignorait l'existence d'une petite fille, appelée un jour à devenir la régente de cette empire. 
Au-delà de l'action, c'est surtout l'introspection qui prime, notamment le rapport qui unit Gamora et Nebula, les deux filles de Thanos, qui pourtant ne le sont pas vraiment, ni l'une ni l'autre. Une concurrence qui tourne à la haine, une volonté d'être la favorite du patron plutôt que du père, une soumission qui n'accepte pas la présence d'une autre dans la même situation, et surtout la réaction du Titan fou, qui se déclare ouvertement pour Gamora, choisissant et préférence celle-ci au détriment de Nebula, allant même jusqu'à vexer et humilier cette dernière, par des commandements ou des choix qui auront des répercussions importantes. Nicole Pearlman, qui a travaillé sur le script des Gardiens de la galaxie, signe ici un premier numéro fort intéressant, qui peut se lire comme un préquel pertinent du film, que nous avons tous adoré. Le dessinateur italien Marco Chechetto sort une prestation remarquable, nous offrant un grand moment de science-fiction spatiale, qui plus est appuyé par le coloriste Andres Mossa, avec qui il travaille toujours. Le duo forme une équipe soudée, et on sent qu'il y a de la complicité jusque dans les moindres détails. En définitive, même si Gamora n'est pas le titre que vous attendiez le plus en cet hiver 2016-2017, je vous recommande tout de même de lui donner sa chance, car il porte en soi tous les critères demandés pour être une des lectures les plus surprenantes du moment. 


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