DES HEROS BRISES ET UN NOUVEAU DIEU DU TONNERRE

Tel va le monde des comic-books, à l'ère d'Internet, que sans même avoir encore pu lire la conclusion de Fear Itself (qu'on suppose cataclysmique), une grande partie des Marvel fans se ruent déjà sur les teasers et autres anticipations qui permettraient d'en savoir un peu plus sur leur univers de fiction favori. A ce jour, la nouvelle principale vient bien entendu de ce teaser "SHATTERED HEROES" (les héros brisés), que Axel Alonso, le nouveau big boss de la compagnie, a commenté ainsi : Les héros sont brisés. Pourront-ils rassembler les morceaux à temps, pour faire face à l'orage qui vient?". Les super héros ne prennent donc jamais de vacances?
C'est aussi l'aréopage de héros représentés qui retient toute notre attention. Par exemple, on y trouve maintenant le nouveau Dieu du Tonnerre, Tanarua (Thor est mort. Non, ne riez pas. Je sais qu'il meurt en moyenne une fois par an ces temps derniers...), ainsi qu'un nouveau et mystérieux individu, qui appartient au groupe de newcomers définis comme les "Forgiven" (les Pardonnés). C'est Tom Brevvort qui commente le tout : "La guerre est achevée, et les combattants rentrent au foyer, portant avec eux les cicatrices de la bataille, cicatrices physiques et morales. Désormais, le coût de la bataille doit être évalué, les morts enterrés et regrettés, les décombres nettoyés et emportés. Mais les dommages subis par nos héros ne seront pas aisément réparés, les blessures ne guériront pas facilement. Des décisions sont prises, des vies changées à jamais. Les héros brisés pourront-ils trouver à nouveau le courage d'aller de l'avant?" Dire que ça devait être l'âge des héros, et la fin du Dark Reign ... Avec Marvel, quand il n'y en a plus, il y en a encore !

11 SEPTEMBRE 2001, LE JOUR OU FATALIS PLEURA

Il arrive parfois que l'actualité réelle entre de plein pied dans nos comic-books. Parfois c'est une simple apparition (le président Obama chez les Thunderbolts, récemment), d'autre fois c'est dramatiquement fort, même si souvent romancé à souhait (la seconde guerre mondiale avec Captain America au front, par exemple). Les attentats du 11 septembre 2001 ne pouvaient certainement pas laisser le petit monde de la Bd américaine sans réaction. C'est ainsi que chez Marvel, la conséquence immédiate et plus célèbre à ce jour fut un épisode très particulier de la série Amazing Spider-man, le numéro 36, réalisé par l'inévitable Straczynski et Romita Jr, à l'époque où il s'appliquait encore dans son travail. La couverture de cet épisode est d'une noirceur glaciale et évocatrice. L'ensemble donne à voir une sorte d'hommage vibrant à l'héroïsme des communs mortels, des secouristes, des pompiers, des simples new-yorkais qui doivent désormais accepter de vivre avec cette sourde menace sur leurs têtes, alors que les superhéros, qui donnent un coup de main pour les opération de nettoyage des débris et de recherche des corps, semblent impuissants et soudainement rendus à une dimension moins iconique, plus fragile. Mais la polémique s'installe vite, avec la présence également de plusieurs "vilains" et pas des moindres. en particulier, l'ignoble Doom (Fatalis), dictateur de Latvérie et peu connu pour ses accès de sensiblerie. Au sujet du terrorisme, il en connait un rayon, c'est une pointure dans le genre. Et pourtant, on le voit ici pleurer sur "la mort d'innocents, au hasard". Et bien voyons, il faut s'en remettre, Victor, ça n'est jamais que ce que tu passes le clair de ton temps à faire de ton coté, depuis les années 60! Straczynski a admis que l'idée n'était pas de lui, qu'il avait juste donné quelques consignes à Romita Jr sur les personnages à présenter dans l'épisode (il voulait d'ailleurs absolument Fatalis) et que c'est le dessinateur qui a forcé la dose avec ces larmes de crocodile assez surprenantes. Celui ci a confirmé cette version, en ajoutant qu'il ne fallait pas voir le dictateur pleurer, mais plutôt une métaphore de l'humanité en pleurs, puisque même le pire des coeurs endurcis ne pouvait rester insensible devant la catastrophe. Il n'empêche, en relisant ce "tribute" au 11 septembre, je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire amer. Si le discours sur la tolérance et le courage de vivre tous ensemble, tenu par l'auteur, est assez réussi et touchant, j'ai encore du mal, bien des années après, avec cette version "cry baby" d'un des personnages les plus sanguinaires de Marvel...




En Vf, retrouvez cet épisode dans Spider-man 32 de septembre 2002.

MARVEL DELUXE : SPIDER-MAN UN JOUR DE PLUS (ONE MORE DAY)



Panini prend des risques : voici venir un beau gros Marvel Deluxe consacré à ... One more day ! Avec l’opération OMD Spider-man a donc subi un relaunch des plus controversés. Depuis les récents événements sans retour liés à « Civil war », durant laquelle Peter Parker avait révélé sa double identité au grand public lors d’une conférence de presse mémorable, les choses sont allées de mal en pis. Peter a fini par douter des méthodes de son nouveau mentor, Tony Stark, et a rejoint le maquis avec les autres super héros dissidents. Ensuite Kingpin, caïd du crime, n’a eu aucun mal à commanditer l’assassinat de la légendaire Tante May, même si en retour il a du subir une humiliation douloureuse, sous les poings vengeurs de Spidey. C’est là que Marvel est pris de court : comment aller plus loin encore dans le « noir » ( L’Araignée endosse à nouveau son costume sombre pour mieux faire comprendre que par les temps qui courent, mieux vaux ne pas lui chercher de noises ) sans renier les fondements mêmes du personnage, depuis toujours insouciant et ironique, et qui avait fini par devenir un énième redresseur de torts torturés et au modus operandi violent. Comment venir à bout d’un statut-quo qui a tenu en haleine pendant des mois ( la Tante May en fin de vie aux urgences, Spidey fugitif est recherché par ses pairs, son identité secrète est à l’eau…) mais qui menace de finir vite dans une impasse narrative, Peter Parker ne pouvant avoir un destin, une trajectoire, à la Matt Murdock (et encore moins à la Frank Castle); et il reste un détail non négligeable dans l’affaire : Marvel, tout comme DC, est une major du comic-book et en tant que telle, ses parutions doivent être rentables et éviter les prises de risque alambiquées, comme peut l’être la métamorphose caractérielle radicale d’un de ses héros de référence. Abracadabra, Deus Ex Macchina des plus classiques, un bon gros tour de magie et l’affaire est dans le sac ! C’est Méphisto ( en gros le Diable ) qui sort Peter du pétrin, en sauvant son identité ( plus personne ne se souvient de la fameuse conférence de presse…) et sa tante ( qui gambade à nouveau comme en quarante, et d'ailleurs, elle se marie par la suite avec le père de Jameson, pour n'apparaître plus que sporadiquement dans la série. Cela valait-il de jeter un mariage par la fenêtre, Peter? ), en échange, tout de même, de son couple. Exit Mary-Jane Watson, épouse Parker, notre bon vieil homme araignée est à nouveau célibataire, fauché comme les blés, journaliste free-lance au Bugle ( qui va changer de nom et de propriétaire ) et capable de blaguer et faire les pires calembours dans les situations les plus extrêmes. Il suffirait de ressusciter Steve Ditko, de lui confier la partie graphique, et on se croirait dans les sixities, les amis !




Alors quid du pour et du contre, deux ans après ce grand chambardement ? Dur à dire, même si le public hardcore a encore du mal à digérer l'événement. D’un coté, la série fleure bon la nostalgie, avec le retour de tant de personnages et de héros qui avait fini par disparaître ces dernières années, où les scénaristes ( Straczynski en tête ) préféraient aller de l’avant, encore et toujours, quitte à intervenir directement sur les fondements mêmes du personnage. C’est ainsi que l'arachnide démasqué est mort et revenu d’outre tombe, avec cette fois une véritable toile organique, comme dans les films, au lieu de lance-toile artisanal, et bien sur une double identité en béton. Tout cela est gommé, effacé, oublié, renié. Harry Osborn n’est même pas mort, lui non plus, figurez vous ! Il était également en Europe ( expédient déjà utilisé pour le père Osborn, Norman ) et il est revenu animé de bonnes intentions, prêt à reprendre sa place dans le cast en tant que meilleur ami friqué de notre cher Peter Parker. On revoit de plus en plus souvent Betty Brant, la secrétaire de Jameson, qui se remet peu à peu de son éviction du Bugle, et de son grave infarctus, au point qu’il brigue désormais la marie de New-York. Spidey est encore et toujours une menace, et il ne sait plus comment s'y prendre avec le sexe faible. Plus de mariage, plus de fille dans le lit, et ça se comprend, Peter redevient un roi de la loose en matière de drague. Mais toute cette opération « nostalgie canaille » se heurte à un problème de fond : la série qui avait atteint un paroxysme inattendu au niveau de la tension narrative et de la précipitation des événements ( 40 ans d’aventures soudain remis en question en six mois ) est repartie sur de nouvelles bases, plus sereines, mais qui souvent ronronnent. Reste le grand suspens qui tient en haleine les lecteurs pendant de nombreux mois, aux States : mais qu'à bien pu murmurer Mary-Jane à l'oreille de Mephisto, au moment où elle décide d'accepter le pacte fatidique? Quelle condition a t'elle bien pu poser? Pour vous donner un ordre d'idée du caractère insoutenable de ce suspens, sachez que Joe Quesada, redacteur en chef de Marvel à l'époque, tout de même, et illustrateur de l'événement, a admis par la suite avoir eu "une vague idée" au moment où paraissaient les planches incriminées, mais aucune certitude, et qu'il comptait résoudre le mystère par la suite! Les lecteurs de la VF apprécieront le timing, puisque la réponse à cet imbroglio sera fournie à partir de début septembre dans la revue Panini du tisseur de toile. Reste que c'est du Spidey, donc c'est vendeur, que c'est Quesada qui dessine, donc c'est assez beau, qu'il y a quand même de l'émotion (une petite larme sur le couple qui se sépare) et que ça a marqué son temps, en bien, ou en mal. Il n'en fallait pas moins, pour vous convaincre de débourser 28 euros, quand même...
 
Rating : OOOOO

NOS ANNEES STRANGE : LES ANNEES LUG/SEMIC


Si aujourd'hui quasiment toute la production de comic-books de qualité, en provenance de chez Marvel, finit par trouver sa place dans les kiosques ou en librairie, il n'en a pas toujours été ainsi, loin de là. Que tous ceux qui grognent perpétuellement, pour une page rognée de ci de là, ou un macaron en couverture, se rappellent ce que nous autres trentennaires ou quadras appellont l'âge d'or des comics en Vf, c'est à dire toute la période où nos chères Bd étaient adaptées par Lug, puis Semic. Le fer de lance de la production de la maison d'édition lyonnaise était bien sur STRANGE, hôte de Spider-man (des plus grands moments du tisseur) mais aussi de Daredevil (de Miller notamment, entre censure et version expurgée), d'Iron Man, des Vengeurs, de séries mythiques ou cultes comme Rom (le Chevalier de l'espace, à quand une réedition en VF?) ou encore Captain Marvel. Pour lire les aventures des mutants, il fallait par contre se rabattre sur SPECIAL STRANGE, qui présentait les aventures des X-men sur un rythme d'abord trimestriel, puis tous les deux mois. D'autres revues sont venues étoffer l'offre. NOVA (avec les Fantastiques, le Surfer d'Argent...) en petit format riquiqui avant de finir sa carrière dans une carrure plus adaptée. STRANGE ORIGINES, lui, relatait les premiers pas de nos héros, ou republiait des récits fondateurs à l'attention des novices, le tout assorti de quelques fiches bien pratiques sur les personnages. TITANS, le frère du pauvre, que j'achetais seulement pour les New Mutants de Sienkiewicz. Les Récits Complets Marvel et les TOP BD étaient eux les ancêtres des albums libriairies d'aujourd'hui : des parutions un peu plus soignées (et plus chères!) toutefois distribuées en kiosque. Pour revivre cette épopée super héroïque, qui nous a tous marqué et nous a transmis cette passion qui nous anime encore bien des années plus tard, je vous recommande le livre de Sébastien Carletti et Jean Marc Lainé, à paraître chez Flammarion : NOS ANNEES STRANGE 1970/1996. Je n'ai pas encore eu le plaisir de le lire, mais nul doute qu'il y a de quoi s'y plonger pour un sacré bol de nostalgie. Vous pouvez le commander sur amazon.




Voici le livre ont je vous parle, avec le nouveau visuel, à la demande de l'auteur, qui nous a gentillement transmis cette nouvelle maquette. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...

MAGNETO N'EST PAS UN HEROS ?


MAGNETO est probablement un des personnages mutants les plus controversés de l'univers Marvel. Bien difficile de déterminer s'il s'agit d'un héros ou d'un vilain hors catégorie, d'un dictateur sanguinaire ou d'un combattant pour la liberté des siens. Est ce un terroriste ou le Messie des mutants? Il a même été le directeur de l'Institut Xavier, et l'enseignant des Nouveaux Mutants, dans les années 80! S'il est revenu dans le giron des X-Men et s'est racheté une énième conduite, nous le découvrirons en novembre dans la mini série éloquente : Magneto:Not a Hero, signée Skottie Young et Clay Mann. Pour reprendre les paroles de Skottie, le scénariste : "Peu importe à quel point les X-men font confiance à Magneto, ils ne devraient jamais abaisser leur garde complétement", mais aussi "C'est une mini durant laquelle Magneto devra affronter qui il est véritablement. Un problème identitaire." Bref, doit-on s'attendre à ce que le personnage redevienne pour le coup un bad guy? Pour mémoire, nous avons déjà du lire deux dizaines de revirements de la sorte, sans compter les innombrables morts de Magneto, sa regression au stade enfantin, son état catatonique ... Les auteurs vont devoir se surpasser pour nous convaincre d'investir dans cette parution. Mon conseil? Rendez-nous le Magneto majestueux et surpuissant des premiers épisodes dessinés par Jim Lee, pour l'alors nouveau mensuel X-men.

GREEN LANTERN : ORIGINES ET RENAISSANCE pour tout savoir sur le personnage


Vous n'avez jamais osé pénétrer le monde cosmique de Green Lantern, et pourtant vous êtes un lecteur assidu des épopées du Silver Surfer, de Thanos, et autres consorts marvéliens? L'heure est arrivée de faire amende honorable, en ce mois d'août, avec pas moins de deux parutions indispensables offertes (façon de parler...) par Panini. Tout d'abord, commençons par le commencement, c'est à dire par les origines du héros, le récit d'un pilote d'essai, Hal Jordan, un peu casse cou et grande gueule, qui se voit investit d'un anneau vert par un alien venu s'echouer sur notre planète, et de là devient le plus éminent membre du corps des Green Lantern, la grande police du cosmos made in Dc. Un récit qui peut donner un film franchement médiocre (voir ici même) ou une série incontournable, surtout depuis l'arrivée d'un certain Geoff Johns, qui a littéralement fait explosé les préjugés des anciens détracteurs, et poussé le monde des Green Lantern sur le devant de l'affiche, à coups de ventes mirobolantes (pour une époque, la notre, plutôt avare, crise oblige). "Secret Origins" regroupe les épisodes 29 à 35 de cette série, publiée voilà quelques années sur les pages de Dc Universe. Johns avait décidé de marquer une pause dans son épopée, pour représenter, et retravailler la légende fondatrice du mythe. Un flash back de sept épisodes idéal pour les novices (un peu plus redondant pour les autres, certes...) où reviennent en scène Abin Sur, Sinestro, les premières missions de Jordan, son serment avec la lanterne, bref, en 160 pages, absolument toutce qu'il faut savoir pour comprendre les origines 2.0 de ce superhéros Dc, dans une nouvelle collection intitulée sobrement "Best comics". Le tout pour moins de dix euros, ce qui en fait un passage obligé pour ceux que je citais en début d'article. Au moins vous ne finirez pas l'été idiot, et vous pourrez entrer sereinement dans le cercle fourni de ceux qui pensent qu'en plus, Ivan Reis est un fichu bon dessinateur, qu'il faudra suivre de près ces prochaines années!

Depuis fin juillet est aussi disponible l'album de la collection Dc Deluxe, le très beau Green Lantern Renaissance, de Johns et Van Sciver. Rebirth en VO, car le personnage de Hal Jordan a connu des hauts, mais aussi des bas profonds dans sa carrière. Pour tout vous dire, il avait fini par succomber à une entité extra terrestre qui se nourrit de la peur de ses victimes, et qui le logeait jusque là dans les lanternes vertes, d'où leur vulnérabilité à la couleur jaune (de la couleur de la créature maléfique). Jordan est donc devenu Parallax, et pris de folie, a anéanti le corps des Green Lantern, et est devenu une vraie menace d'ordre cosmique. Il s'était partiellement racheté en sauvant la Terre de l'extinction totale du soleil (voir l'album de la collection Semic books, en Vf, Extinction) et en fusionnant avec le Spectre. Mais le mensuel Green Lantern ne relatait plus ses aventures : depuis le temps, d'autres avaient pris le relais, comme le jeune dessinateur Kyle Rayner, le colérique Guy Gardner, ou le maladroit John Stewart (une de ses bévues a condamné un monde entier!). Mais on enterre pas totalement un tel potentiel super héroïque, et Geoff Johns le savait bien. Avec cette saga intitulée Rebirth, il va replacer Hal au centre de l'univers des GL, en faire à nouveau un héros sans peur et sans reproche, capable de (se) pardonner et d'avancer, et donner le ton pour un relaunch du titre phare, qui reprend donc du numéro 1. Enorme succès de cette opération, qui va voir revenir sur le devant de la scène des ennemis comme Sinestro, Black Hand, Hammond, et de grands moments comme la Sinestro Corps War, ou Blackest Night. Ce bel album est en conséquence la première belle pierre de l'éxistence moderne du personnage, qui plus est illustré de manière remarquable par Ethan Van Sciver, inspiré et lisible. On ne reprochera que le prix de l'objet (25 euros...) mais certainement pas sa pertinence. Si vous avez de quoi vous le procurez, soyez certains que vous n'aurez pas envie de le revendre dans la foulée! Et que vous aurez entre les mains de quoi enfin défricher le monde des Green Lantern, qui n'attendait plus que vous !

Rating :

OOOOO (secret origins) Pour les néophytes, bien entendu

OOOOO (Rebirth)

EN ATTENDANT LA NOUVELLE WONDER WOMAN DE STRACZYNSKI EN VF


Mais que devient donc Wonder Woman, et quelles sont les chances de voir réapparaître la belle amazone, avec l'arrivée de Dargaud sur la catalogue Dc? Je ne suis pas voyant, je ne pourrais vraiment vous répondre, mais il serait intéressant que les nouveaux venus se penchent sur le run de Straczynski (Wonder Woman:Odyssey), qui après avoir redonné un coup de fouet à la légende asgardienne de Thor (avec Olivier Coipel), s'est attaqué au destin de Diana la princesse. On la retrouve dans un autre continum temporel, là où personne n'a jamais entendu parler d'elle, où elle est privée d'une partie de ses pouvoirs, comme celui de voler, ou encore de son lasso de vérité. Themyscira n'existe plus, et il ne reste plus pour l'héroïne que de partir à la recherche de ses soeurs amazones, et de son propre passé, le tout nimbé dans un profond mystère avec un ennemi particulièrement inquiètant. N'est pas une déesse qui veut, et la Wonder Woman de ces aventures est plus jeune, plus humaine, en pleine reconstruction personnelle et narrative. Je vous passe le couplet sur le nouveau costume, qui se substitue à la classique culotte étoilée, et qui trouve toutefois son sens dans cette réalité particulière, bien que nous privant des classiques évolutions les cuisses et fesses à l'air de l'icone Dc. Straczynski est un architecte patient mais qui ne s'embarasse pas toujours des fondations qu'ont au préalable ébauché ses prédecesseurs. Il poursuit son oeuvre, entre révisionisme et hommage moderne, et divise toujours autant les fans. Avec un grand mérite, celui de toujours tenter, d'oser, de vouloir aller de l'avant, sans jamais tomber dans le pathétique, le jeunisme, ou le ridicule (une spécialité -trop souvent- de Loeb). Si Dargaud envisage la parution de beaux albums, calqués sur le modèle des 100% Marvel de Panini, voilà l'exemple parfait de ce qui pourrait bien voir le jour dès le premier trimestre 2012. Croisons les doigts.

MURDER FALCON : WARREN JOHNSON ET LE METAL POUR SAUVER LE MONDE

 Avec un titre pareil, on s’attend à du bruit, de la fureur et une aventure fracassante. Murder Falcon (ici réédité dans une version augmen...