Car si jamais Hal Jordan est tombé en disgrâce, c’est désormais le moment pour Kyle Rayner d’entrer en scène. Voici un personnage qui va se révéler attachant en très peu d’épisodes. Inutile de le présenter longuement ou de nous raconter ses origines en long, en large et en travers. Nous avons ici un jeune dessinateur publicitaire, pas forcément très responsable dans la vie, qui fréquente Alexandra DeWitt, une journaliste-photographe avec laquelle il essaie régulièrement de se rabibocher. Un soir, dans une ruelle, l’un des Gardiens d’Oa se présente à lui et lui offre un anneau qui va lui permettre de devenir Green Lantern. On n’a pas le temps de comprendre le pourquoi du comment : Kyle devient très vite un super-héros et, à défaut de savoir précisément comment se comporter, il n’a pas peur et assume pleinement son nouveau statut. Tant mieux, car il va devoir se mesurer d’entrée à un adversaire du calibre de Mongul, dont nous vous avons déjà parlé. Sans l’aide de Superman, sa carrière n’aurait d’ailleurs pas été bien longue. Bien évidemment, ces premiers épisodes sont aussi marqués par l’un des drames les plus terribles et les plus célèbres de l’histoire des comics américains : la découverte de la fiancée morte, pliée dans un réfrigérateur, victime de Major Force, cette espèce de sadique surpuissant chargé d’exécuter les basses œuvres du gouvernement. Kyle va naturellement chercher à se venger, et ce drame intime résonne encore aujourd’hui dans le cœur et l’esprit de tous les fans de Green Lantern. Impossible également de refermer l’album sans évoquer une incursion dans les événements de Zero Hour, et surtout une double confrontation entre Kyle et Hal Jordan venu récupérer son anneau, et désormais transformé en Parallax. Hal pense sans doute bien faire, mais ses méthodes sont plutôt celles d’un super-vilain. Kyle parvient pourtant à lui tenir tête et démontre ainsi qu’il est définitivement devenu un héros. Ron Marz livre ici des épisodes avec un petit côté naïf, mais qui ont au moins le mérite de toujours raconter quelque chose : on ne s’ennuie jamais. Côté dessin, Darryl Banks propose des planches très lisibles, même si les fonds de case et certains détails peuvent parfois sembler un peu superficiels. Il est aidé également par d'autres artistes, comme Derec Aucoin ou Craig Russell (ce dernier ayant un style fort reconnaissable et bien plus fouillé). Quoi qu’il en soit, ce sont des aventures que tout fan de Green Lantern se doit de posséder et de connaître, et la collection DC Paperback offre justement l’occasion de combler d’éventuelles lacunes dans le domaine.
UniversComics, la communauté comics de référenceGREEN LANTERN EMERALD TWILIGHT EN DC PAPERBACK (URBAN COMICS)
MINOR ARCANA TOME 1 : JEFF LEMIRE ET LES TAROTS CHEZ DELCOURT
Dans la vie, Theresa affiche un parcours totalement cabossé. Elle préfère les filles, et celle qu’elle aimait vraiment est aujourd’hui en couple avec un policier du coin… avec qui elle a eu un enfant. Theresa a plus ou moins tourné le dos à ses anciennes connaissances du lycée et on la sent dévorée par un profond sentiment de culpabilité et de perdition, qui la conduit trop souvent à se réfugier dans l’alcoolisme. Bref, un personnage taillé sur mesure pour une œuvre de Jeff Lemire. L’auteur canadien est particulièrement attaché aux récits familiaux truffés de failles. Chez lui, la famille est à la fois un refuge, une valeur sûre, mais aussi l’endroit où tous les problèmes convergent : le lieu de toutes les trahisons et de tous les manques. Lemire est un auteur absolument génial, mais, comme vous le savez, les choses rares sont souvent belles, et les choses belles sont souvent rares. À vouloir trop écrire, lancer un nombre incalculable de séries en parallèle et accepter des travaux de commande à un rythme effréné, Lemire a fini par se banaliser, produisant des histoires de moins en moins marquantes. Soyons honnêtes : il n’est évidemment pas devenu un tâcheron, loin de là, mais cette étincelle, cette essence si particulière qui faisait de lui une voix et une sensibilité totalement à part, que nous adorions passionnément, semblait s’être estompée. C’est donc avec un immense plaisir que nous découvrons cette nouvelle série, publiée chez Delcourt et chez BOOM! Studios aux États-Unis. Minor Arcana condense toutes les thématiques chères au scénariste, abordées ici avec une pudeur et une sensibilité qui rappellent les grandes heures du passé. D’autant plus que Lemire est également au dessin : son trait volontairement brut se révèle d’une expressivité redoutable, avec juste ce qu’il faut de naïveté pour nous toucher en plein cœur avant même de chercher à impressionner. En bref, c’est du Jeff Lemire comme on aimerait en lire plus souvent. Du Jeff Lemire intime et sincère, plutôt que celui mis au service des grandes majors de l’industrie. Et ça, il n'est pas nécessaire d'être devin pour comprendre que ça justifie l'achat.
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R.I.P. SAL BUSCEMA (1936 - 2026)
C'est lui qui lança Peter Parker, The Spectacular Spider-Man avec Gerry Conway, une série sur laquelle il resta environ cent numéros, assurant fréquemment à la fois le dessin et l’encrage. Au début des années 1990, il revint sur le titre aux côtés de J.M. DeMatteis, avec un cycle aujourd’hui encore salué pour l’attention portée à la dimension psychologique des personnages (la mort de Norman Osborn, quel grand moment). DeMatteis évoqua d’ailleurs cette collaboration comme « l’un des sommets de ma carrière. Ce n’était pas seulement un grand artiste : c’était quelqu’un de profondément bon ». Le style de Sal Buscema se distinguait par une clarté narrative exemplaire, une solide maîtrise anatomique et une attention constante à la lisibilité de la planche. Il ne recherchait jamais l’effet graphique ostentatoire, lui préférant le rythme, la cohérence et l’efficacité du récit. Comme le soulignait DeMatteis dans une interview, Buscema savait raconter une histoire avec une telle évidence que « certaines pages auraient pu fonctionner même sans dialogues ». Pour nous lecteurs français, c'était l'époque des petits formats de chez Semic (Nova) qui passèrent ensuite au grand format. Au fil de sa carrière, Sal Buscema contribua également à la création de nombreux personnages et concepts de l’univers Marvel, de la Valkyrie à Lady Deathstrike, jusqu’au T.V.A, tribunal et organisme régulateur du temps, récemment porté sur le petit écran grâce à la série Loki des Marvel Studios. Avec Sal Buscema, c'est un géant discret, un immense artiste trop souvent méconnu ou sous-estimé, qui vient de nous quitter.
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HÉRÉTIQUE : ROBBIE MORRISON ET CHARLIE ADLARD FACE À L'INQUISITION
Lorsque plusieurs meurtres frappent Anvers, Agrippa est contraint de mener l’enquête. La mission est ambiguë, presque perfide : découvrir la vérité ou risquer de devenir lui-même un coupable idéal. L'Inquisition se sert de notre "héros", qui lui-même est persuadé que se mettre à son service, temporairement, sera le meilleur moyen de comprendre ce qui se trame vraiment. Morrison construit alors un récit intelligent et angoissant, où chaque avancée se heurte aux intérêts d’un système fondé sur l’ignorance entretenue et la peur savamment cultivée. L’enquête révèle peu à peu la violence d’un ordre social où la religion ne sert plus Dieu, mais la domination des corps et des esprits. La souffrance des victimes, notamment celle d’une femme juive livrée à l’Inquisition (puis de son père), expose sans détour le cynisme d’un pouvoir prêt à tout pour préserver ses privilèges. L'antisémitisme (le vrai, pas celui dont on éclabousse aujourd'hui plus ou moins n'importe qui) est une plaie qui suinte dans cet album, par ailleurs. Le dessin de Charlie Adlard sublime cette sortie très élégante. Son noir et blanc dense et texturé est remarquable et fera taire tous les détracteurs qui se contentent de le juger sur les pages les plus rapidement expédiées, dans la longue saga de The Walking Dead. Tout ici est axé sur la lisibilité, la composition et la force expressive des visages. De rares éclats de couleur surgissent comme des coups de scalpel, on y est, on ressent, on admire. C'est vraiment beau. Alors certes, la filiation avec Le Nom de la rose s’impose naturellement. Comme chez Umberto Eco, un esprit rebelle et versatile transmet son savoir à un jeune disciple, dans un monde où la connaissance est perçue comme une menace. Morrison décrit des institutions qui excitent la peur, désignent des boucs émissaires et prétendent défendre l’ordre et la pureté. À la croisée du thriller, du récit historique et de la critique politique, Hérétique s’impose comme un roman graphique puissant, qui réalise un sans faute d'un bout à l'autre. Jetez-vous dessus.
COPRA VOLUME 5 : MICHEL FIFFE EN TOUTE LIBERTÉ (CHEZ DELIRIUM)
Sur le plan graphique donc, le cinquième tome confirme la virtuosité de son auteur. Fiffe multiplie les trouvailles de mise en page, joue avec le découpage et le rythme, et exploite l’espace de la planche avec une inventivité constante. Les couleurs, volontairement sourdes (ça s'appelle de la synesthésie, et comme Fiffe joue avec nos sens, c'est pertinent), demandent un temps d’adaptation, mais elles s’avèrent souvent très efficaces, notamment lorsqu’elles accompagnent des séquences d’action ou des moments plus contemplatifs. On sent et respire le trait du crayon de couleur, on repère toutes les imperfections, mais on les aime. C'est un style, c'est un art. Narrativement, cette nouvelle fournée de six épisodes repose sur une réunification progressive de l’équipe. Les rencontres successives, qui pourraient sembler artificielles, s’inscrivent en réalité dans une continuité logique pour qui suit la série depuis ses débuts. Tous les personnages finissent par converger vers un même point, parfois contraints, d'autre fois réticents : ça permet à Copra de renouveler sa dynamique collective et son goût pour le conflit permanent. On quitte ainsi ce qui est la "zone négative" revue et corrigée par Michel Fiffe, pour voir les membres de Copra reprendre forme et fonction, avant qu'une partie ne se retrouve à aider le tyrannique Comte Compota dans sa tentative de reprendre le pouvoir à Mekado, dans le territoire fictif qu'il dirige d'une main de fer. Vous avez dit Fatalis ? Pendant ce temps-là, la Team X est chargée d'intercepter Pasaron, un fugitif international, avant que tout parte de travers et que la formation soit expédiée à Miami, là où précisément les barbouzes de Copra vont atterrir après leur escapade chez Compota. Le cinquième round se conclut sur un récit centré sur Castillo, l’équivalent du Punisher dans l’univers de Michel Fiffe. C’est peut-être même le sommet du recueil. Plus introspectif, visuellement très travaillé, le personnage bénéficie d’une histoire à la fois simple dans sa structure et riche en images fortes. L’action presque muette et le découpage rigoureux témoignent d’une grande maîtrise formelle, là où la narration suit les grandes heures du Punisher War Journal, avec un anti-héros qui commente sa croisade. Là encore, la conclusion ne prend tout son sens que pour les lecteurs déjà familiers de la série, mais du reste, il est rare d'entamer un titre avec le volume 5. Qui en l'espèce concentre toutes les qualités et toutes les limites de Copra : une œuvre profondément personnelle, inventive, imparfaite, mais portée par une énergie créative rare, si singulière que beaucoup n'ont pas encore trouvé l'élan nécessaire pour s'y plonger. Il faut aimer les comics, leur naïveté, leur puissance évocatrice, il faut vouloir accepter que le dessin et la mise en page soit un défi permanent à nos vieux reflexes, nos attentes, nos limites. Copra n'est pas là pour flatter ou répéter, mais pour aller de l'avant, libre comme peu d'œuvres ont pu l'être ces dernières années.
Tous les volumes de COPRA sont chroniqués ici
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CRISIS ON INFINITE EARTHS DANS LA COLLECTION DC PAPERBACK (URBAN COMICS)
En fait, il faut savoir toucher le fond pour remonter. Axiome simpliste mais évident. En 1985, la maison d’édition DC comics fait grise mine, régulièrement laminée au niveau des chiffres de vente par la concurrence Marvel. La raison de cette déroute s’appelle la continuity, c'est-à-dire l’héritage de toutes les histoires passées, et à venir, qui fait que chaque univers super-héroïque acquiert une unité, une consistance, voire une crédibilité. En gros, c'est donc l'ensemble des interactions entre séries et personnages, qui fait que si Flash attrape la grippe en janvier, il va contaminer Wonder Woman en février, et elle passera donc l'hiver à tousser, d'autant plus que l'amazone passe le plus clair de son temps en légère tenue… Tout de même, un atout non négligeable et attachant, qui se transforme parfois en chaînes lourdes à porter, si mal gérées. En 1985 donc, DC comics ne sait plus trop quoi faire, avec ses nombreux univers parallèles, mondes alternatifs, chacun avec sa propre version des héros classiques ( Flash, Superman, Wonder Woman…) qui finissent par se confondre , se répéter, se mélanger, au point que le public n’y comprend absolument plus rien, et les histoires deviennent des casses têtes sans aucune logique. Ce fut donc le duo Marv Wolfman et Georges Perez qui se chargea du grand ménage de printemps, avec cet impératif : rendre à l’univers DC comics une simplicité, une fluidité de lecture, pour reconquérir le public déçu, et poser les bases d’un futur plus radieux. Leur trouvaille est ce vaste crossover, Crisis on Infinite Earths, qui sera élu par la critique et les fans le second plus important de ces cinquante dernières années. C’est tout dire. L'architecture comprend douze parties, mais les graines avaient été semé bien avant le début de la moisson, c'est fort naturel. L'Anti Monitor, le grand vilain de l'histoire, a commencé à pointer le bout de son (gros) nez deux ans auparavant, et au terme de Crisis, Dc a pu capitaliser sur le succès et le nouveau statu quo pour patiemment réintroduire et relooker tout son parc de personnages et séries, durant des années. Il s'agit donc d'une page fondamentale de la vie de l'éditeur, et des comics tout court.
La Crise est loin d’être simpliste : elle implique des dizaines de mondes différents, des centaines de personnages, des fers de lance classiques à d’obscurs héros de seconde zone. George Perez étale son génie au dessin, et réussit le tour de force de captiver l’attention par ses planches qui fourmillent de détails, jusqu’à la dernière case. Son grand atout est sa capacité à placer dans un même dessin une véritable nuée de super-héros en action, sans jamais bâcler le moindre croquis. Le grand méchant de l’histoire est donc tout nouveau, pour l’occasion. C’est l’Anti Monitor, pendant négatif du Monitor, une sorte d’observateur tout puissant de l’univers. Son désir est de faire disparaître à jamais les infinités de mondes et dimensions existantes, pour recréer un univers tout neuf et en être le despote absolu. Ce qui tombe bien car c’est aussi l’ambition de DC comics à l’époque ; repartir de zéro, anéantir les incohérences et faire table rase, pour reconstruire en paix. Pour une fois, le crossover tient toutes ses promesses, et le monde DC est bouleversé de fond en comble. Aucune série n’échappe à des remaniements, souvent radicaux. Des grands noms trouvent la mort, les séries repartent de zéro, et donnent l’occasion à Byrne de s’illustrer sur Superman : Man of steel (chez Urban Comics, publiée dans la collection Superman Chronicles) ou encore à Perez de reprendre Wonder Woman et Frank Miller de refonder Batman. Bref, Crisis est un tournant crucial dans l’univers DC, le point de départ idéal pour tous ceux qui voudraient se plonger dans les années 1980 mais en ont le mal de tête rien qu’à envisager la chose. Armez vous de courage et de patience, et tentez donc de pénétrer cette grande aventure, qui détient les clés de tout un univers narratif. Préparez aussi vos mouchoirs si vous êtes un fan du bolide écarlate : car pour venir à bout d'une crise d'une telle ampleur, il fallait bien un sacrifice exemplaire, un bouc émissaire disposé à s'effacer pour que perdure l'univers. Barry Allen, la Terre, les Terres de chaque plan d'existence, te doivent une fière chandelle ! Nouvelle chance pour tout le monde, donc, avec les DC Paperbacks et leur date de première publication sur le dos des albums, qui incite diablement à se constituer une jolie collection.
Le contenu du premier tome (36 euros) : Swamp Thing #39; Batman #389-391; Detective Comics #555-558; Justice League of America #244; Green Lantern #194; Wonder Woman #327; DC Comics Presents #78; Infinity, Inc. #18-19; The Fury of Firestorm #41; All-Star Squadron #50-52; Crisis on Infinite Earths #1-4; The Losers Special #1
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LE PODCAST LE BULLEUR PRÉSENTE : GOD BLESS AMERICA
- La sortie de l’album Jeune et fauchée que l’on doit à Florence Dupré la Tour ainsi qu’aux éditions Dargaud sous le label Chari vari
- La sortie de l’album Naufrage en Patagonie que l’on doit au scénario de Christian Perrissin, au dessin de Matthieu Blanchin et le tout est sorti aux éditions Futuropolis
- La sortie de l’album La dialectique du calbute sale que l’on doit au scénario d’Ovidie, au dessin d’Audrey Lainé pour un album paru chez Marabulles
- La sortie de l’album Lady Nazca que l’on doit à Nicolas Delestret, un titre publié aux éditions Grand angle
- La sortie de l’album Kid Francis que l’on doit au scénario de Marius Rivière, au dessin de Grégory Mardon pour un titre édité chez Casterman
- La sortie du septième tome de l’intégrale des aventures de Lucky Luke, un album qui reprend les histoires imaginées par René Goscinny et Morris et que publient les éditions Dupuis.
GREEN LANTERN EMERALD TWILIGHT EN DC PAPERBACK (URBAN COMICS)
Hal Jordan a beau être le plus grand Green Lantern de l’Histoire, même un super-héros de cette trempe peut craquer et basculer du côté obscu...
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Comme chaque samedi désormais, nous vous proposons de plonger dans l'univers de la bande dessinée au sens le plus large du terme,...
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3,99 €, c'est la somme fort modique qu'il vous en coûtera pour découvrir Deadpool la collection qui tue , chez Hachette. Le ...
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