BATMAN LA COUR DES HIBOUX (DC COMICS LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS TOME 7 CHEZ EAGLEMOSS)

Encore et toujours du (très bon) Batman dans la collection Dc Comics/Eaglemoss avec le premier de deux volumes consacrés à la lutte farouche entre le justicier et les terribles Hiboux. Déjà un classique.
Lorsque Dc comics décide d'effectuer la refonte en profondeur de l'intégralité de ses titres, c'est ce qu'on appelle la déferlante des New 52, du nombre de séries mensuelles produites. Si certains héros perdent au change, d'autres entament ainsi une nouvelle existence. Pour Batman, les lecteurs ne sont pas lésés : c'est Scott Snyder qui est aux commandes, lui qui s'est déjà illustré avec brio les mois précédents durant Sombre Reflet. Ici, il poursuit son travail d'appropriation complète du personnage, en le mettant en scène face à une organisation criminelle de tout premier ordre, inédite et en apparence triomphante. Les Hiboux ont toujours existé dans le folklore de Gotham, mais on les connaissait avant tout comme une sorte de légende fantasmagorique, pas comme cette secte de notables et milliardaires issus des grandes familles de la cité, bien décidés à s'emparer définitivement de leur proie. Après des décennies à tramer dans l'ombre, les voici qui pointent le bout du nez au grand air, poussés par un vaste plan immobilier lancé par Bruce Wayne, et qui les force à agir. Cette menace est de suite ancrée à la perfection dans le quotidien des Wayne, de Gotham, et ses ramifications s'étendent jusqu'au cirque Haly, là où les parents de Dick Grayson ont trouvé la mort et a grandi le futur Nightwing (et premier Robin). Il faut imaginer cette Cour des Hiboux comme une gigantesque métastase qui a prospéré sans que personne ne puisse s'apercevoir de la maladie, et qui touche désormais à tous les points sensibles de Gotham. La symbolique entre la chauve-souris et le hibou coule de source, et explique probablement la dualité et la cruauté de cette confrérie envers un héros aux abois. 

D'emblée, on (re)fait la connaissance avec une méchante galerie de vilains liés à l'univers de Batman. Celui ci est de retour à Gotham, et il intervient pour sauver les meubles à l'asile d'Arkham, lors d'une tentative d'évasion collective. Effet d'optique ou pas, la sensation que le Joker lui même vient prêter main forte à son ennemi de toujours est saisissante. Sauf que non : merveille de la technologie, c'est Dick Grayson, le premier Robin, désormais rebaptisé Nightwing, qui se cache sous les traits pixélisés du cinglé par excellence. S'ensuit une revue des troupes, avec tous les anciens et nouveaux Robin réunis autour de Bruce Wayne, un discours tire larmes de ce dernier, lorsqu'il affirme vouloir faire de Gotham une ville projetée vers le futur, et une scène de meurtre perverse, où notre justicier recueille un peu d'Adn sous les ongles de la victime, horriblement lardée à coups de couteaux. Une enquête complexe débute, qui va aboutir à la découverte, cachée dans une dent creuse, d'un sceau en forme de hibou stylisé, la chouette athénienne, symbole de pouvoir et de richesse dans la Grèce antique. De là, Batman en arrive à l'Ergot, à savoir la main armée du clan des Hiboux, qui de légende urbaine commence à assumer une forme bien trop tangible... Greg Capullo est au sommet de sa forme et entraîne le héros dans une impressionnante descente aux enfers, avec des pages tout en maîtrise, alternant angles de vue et scènes spectaculaires, jouant aussi avec la composition des planches mêmes (il en renverse le sens normal de lecture) lorsqu'il s'agit d'immerger le lecteur dans la folie qui assaille Batman, drogué et prisonnier des Hiboux. Aucune faute de goût dans ce qui est la première partie du face à face entre le Dark Knight et ces nouveaux ennemis qui ont planté leurs griffes dans le tissu originel de la ville, à l'insu d'un Bruce Wayné dépassé, et qui ne peut pas toujours prévoir ce que feront ses opposants, surtout lorsque ceux-ci prospèrent dans la discrétion. Un petit bijou qui séduit autant les nouveaux lecteurs que les fans de longue date, et qui trouve tout naturellement sa place dans la collection proposée tous les quinze jours par Eaglemoss.

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