Le plaisir coupable de ce numéro vient aussi des récits annexes, franchement sympathiques. Le duo Daredevil / Green Arrow, signé Kevin Smith et Adam Kubert, est un petit bonheur nostalgique, sincère et généreux, qui donne envie d’un album entier. En plus, c'est assez drôle. Captain America et Wonder Woman fonctionnent étonnamment bien ensemble, même si le récit reste trop court pour exploiter pleinement la noblesse du tandem, magnifié par le dessin élégant de Terry Dodson. Mention spéciale à la parenthèse aussi absurde que charmante qui réunit Jeff le requin et Krypto le super-chien : un moment de pure régression, totalement assumé, qui se passe de dialogues (forcément). Vous allez aussi découvrir Rocket Raccoon doté d'un anneau de Green Lantern, ce qui n'est pas forcément une excellente idée de la part des Gardiens d'Oa. Et on repart aussi vite dans la sinistrose et la testostérone avec la contribution de Frank Miller, qui oppose des versions caricaturales de Batman et d’Old Man Logan, mais qui n'apporte absolument rien aux deux personnages. Respectueuse par principe, mais difficile à défendre sur le plan artistique, cette courte histoire rappelle surtout à quel point certaines légendes n’ont plus besoin de prouver quoi que ce soit, et qu'il serait peut-être de bon ton de les laisser prendre une retraite méritée, histoire de ne pas prendre le risque de les contraindre aux travaux de trop (pour Miller, on y est déjà, clairement). Le numéro se conclut sur une note surprenante et inspirée, avec l’apparition de Logo, fusion de Wolverine et Lobo, clin d’œil évident à l’époque Amalgam Comics. De quoi réveiller chez les lecteurs d’un certain âge une nostalgie très ciblée… et une curiosité sincère pour la suite. Parce que lire du Logo dans un vrai épisode complet, moi je valide ! Au final, ce premier Batman/Deadpool est un objet paradoxal : techniquement solide, historiquement important, mais narrativement en dents de scie. À recommander surtout aux amateurs des deux personnages et aux nostalgiques des grands crossovers intercompagnies. Urban Comics a su se hisser à la hauteur de l'événement, avec un coffret fort soigné, agrémenté de deux superbes posters. L'objet vaut le détour, si vous hésitiez encore.
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