THE PUNISHER V.8 1à10 : La course à la chute de Rick Remender


Retour ce jour sur la huitième mouture du titre The Punisher, une série confiée au bons soins de Rick Remender, pour une vingtaines de numéros. Contrairement aux récits publiés dans la collection « Max » et caractérisée par une ambiance urbaine et réaliste, de nombreux clins d’œil à la communauté super héroïque et à la continuité Marvel émaillent cette V.8, qui prend d'ailleurs racines en plein Dark Reign, cette sombre période de l'histoire Marvel où Norman Osborn a pris le pouvoir et règne en maître sur la défense américaine. Un psychopathe comme le méchant rouquin sait l’être ne pouvait que finir tôt ou tard sur la liste des victimes de Franck Castle, qui dès la première page est engagé dans une mission délicate : abattre Osborn d’une balle en pleine tête, à plusieurs kilomètres de distance, grâce à une arme skrull récupérée lors de la récente Secret Invasion. Hélas, c’est compter sans le zèle d’un garde du corps un peu particulier, Sentry le tout puissant, qui stoppe la balle entre deux doigts et décide de faire passer au Punisher son envie de faire joujou avec des armes à feu. La lutte est totalement inégale, mais notre justicier à la tête de mort a toujours plus d’un tour dans son sac, d’autant plus qu’il est aidé tout à coup dans sa fuite par un mystérieux informateur/hacker qui a piraté le réseau de surveillance vidéo et satellite de la ville de New-York. C’est à ce bienfaiteur que Castle doit de rester en liberté, voire en vie. Et c’est lui qui va lui mettre la puce à l’oreille, et lui donner les bons tuyaux pour entamer une nouvelle croisade contre le crime dans ses facettes les plus variées, ce qui va l’amener à devoir se confronter au nouveau roi de la pègre locale, The Hood, chargé par Norman Osborn (avec qui il est étroitement lié) d’en finir avec le Punisher. Bref, notre héros s’est mis à dos du beau linge, et il va falloir un petit miracle pour qu’il s’en sorte indemne…


L'aide du Punisher, c'est Henry, le fils du criminel Jigsaw, comme on l'apprend au bout de quelques numéros. Notre anti héros préféré a l'occasion de faire joujou avec tout un arsenal inédit, recourant aux particules Pym pour rétrécir à volonté et se cacher dans une pizza, par exemple. Remender construit patiemment son run sans jamais prendre en pitié ou chercher à défendre le personnage. L'obsession du Punisher l'amène à se priver de l'empathie et de la sympathie d'autrui, et même quand il est sur le point de devenir une figure paternelle de substitution pour le pauvre Hanry, il ne cesse de le rabrouer, de le repousser, flirtant avec l'indécence et l'humiliation. Bien sur, le grand coup de maître de Remender, c'est l'emploi de Hood, qui a la faculté de ramener d'entre les morts les individus de son choix, grâce au pacte passé avec un démon. C'est ainsi que Linus Lieberman Microchip, bras droit mythique de Frank Castle dans les années 80, fait sa réapparition. Consumé par le désir de voir renaître son fils décédé, il se laisse gagner par la désillusion de voir le mal revenir inlassablement à la charge, et contribue à  pister le Punisher. Une galerie savoureuse de vilains de série B est aussi ranimée et lancée au trousses de Castle, ce qui donne l'opportunité au scénariste d'écrire de belles scènes de vengeance inexorable, et de renvoyer ces has-been des bas-fonds à la poussière dont ils ont été tiré. Point d'orgue des résurrections de Hood, la famille du Punisher, avec sa femme Maria et ses deux enfants. Car disons le tout franchement, s'il s'agit véritablement des siens, comment justifier la violente réaction extremiste de Frank, qui préfère incinérer sur place ceux qu'il chérissait tant, plutôt que de les voir un instant de plus profaner le souvenir de ce qui fut?  Sait-il au fond de lui même que la transformation radicale subie par son quotidien et sa personnalité expose forcément toute idée de retrouvailles à un echec cuisant? Un geste totalement sublime et désespéré en même temps, un Punisher plus radical que jamais, qui mis devant l'accomplissement de ce pour quoi il a entamé sa croisade contre le crime, choisit  de s'arc bouter sur ses positions et de faire disparaître ceux qui firent autrefois son bonheur intime, aujourd'hui irrémédiablement perdu. Avec ce coup d'éclat, c'est le salut du Punisher qui disparaît à jamais, c'est le choix ferme et définitif de cheminer parmi les ténèbres, sans jamais plus avoir l'opportunité de revoir un jour la lumière. Dans les flammes, c'est le mince espoir de rédemption qui se consume, et c'est là que va naître chez Castle ce besoin presque étourdissant de s'auto punir, de se châtier, cette course suicidaire qui va trouver son apogée dans un combat singulier contre Daken, et une atroce fin de parcours. Avant d'aboutir à FrankenCastle, Rick Remender signe là une série de dix numéros tendus et sombres, qui se relisent avec une grande unité d'intention, et gagnent en crédibilité grâce à un récit inéluctablement porté vers un angoissant besoin de tomber, et disparaître. A relire en Vf sur les pages de Marvel Saga 4 et 6, publiés par Panini. 

Rating : OOOOO (pour les épisodes 1 à 10)

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