Les nouvelles aventures de Rocketeer, telles qu'elles sont présentées chez Delcourt dans ce second volume, sont absolument parfaites pour découvrir le personnage. Il s'agit en réalité d'un florilège d'histoires courtes d'une dizaine de pages, systématiquement scénarisées et dessinées par des artistes différents. Le point commun de ces derniers, c'est la qualité et la versatilité. On se retrouve donc avec toute une sélection de récits qui permettent de passer de l'action à l'humour, le tout dans un contexte vintage, c'est-à-dire l'amorce de la Seconde Guerre mondiale avec la menace des nazis et la nécessité pour l'Amérique de se préparer à un conflit qui semble inévitable. Parmi les grands noms qui sont au travail dans cet album, vous allez découvrir par exemple Bill Sienkiewicz, qui lui se concentre sur des pages qui mettent en scène une version animée du personnage, à l'occasion d'une projection au cinéma. C'est sympathique mais c'est loin d'être le meilleur moment de cet album. J'adore le trait anguleux, particulièrement inspiré et dynamique d'Eric Canete, qui nous offre une petite leçon d'histoire et nous montre à quel point l'héritage de Rocketeer pourrait être, dans un lointain futur, hissé au rang d'exemple universel. Nous trouvons également le regretté John Paul Leon qui nous replonge dans une des évidences de cette série, à savoir le rapport entre Chris Secord, le héros, et Betty sa fiancée, caricature de la pin-up plantureuse inspirée par la célèbre Betty Page, qui explique que de nombreux récits sont basés sur l'univers du cinéma, les acteurs et les actrices de l'âge d'or d'Hollywood. Ce qui n'est pas sans alimenter la jalousie du fiancé, qui n'est pas très heureux de voir que sa promise côtoie au quotidien des célébrités telles que Clark Gable, ou en tous les cas est attirée par les strass et les paillettes du septième art. Au menu encore dans cet album, Adam Hugues, Walt Simonson ou John Byrne… bref, difficile de s'ennuyer et de ne pas se rincer les yeux avec bien des styles différents, mais à chaque fois des planches de toute beauté.
Parce que si on traite les gentils comme des méchants, au bout d'un moment, plus personne ne voudra être un héros.. voilà ce qu'on peut lire dans la première histoire de cet album, scénarisée par Marc Guggenheim et dessinée par Sandy Plunkett. Les temps sont durs, la guerre approche, mais le Rocketeer est un véritable héros : c'est-à-dire qu'il n'hésite pas à se mettre en danger, pour le bien commun et sans rien attendre en retour. Il suffit d'ailleurs de lire l'histoire écrite par Tom Taylor pour s'en rendre compte. Peu importe la menace et la pluie de balles, si jamais il s'agit d'aller sauver un soldat tombé au front, il ira, sans se préoccuper de savoir si la mission peut-être périlleuse. Mentionnons aussi le petit chapitre qui voit l'association de Paul Dini et de Bill Morrison, pour une histoire très sympathique où c'est Betty qui crève l'écran, comme le dit le titre. Alors qu'elle est occupée à tourner un film, Chris doit absolument contenir de sa jalousie et respecter la promesse de ne pas aller la déranger sur son lieu de travail. Oui mais voilà, le moindre prétexte peut faire l'affaire, et en réalité il va même pouvoir se rendre utile en jouant au héros, sans que personne (et surtout sa fiancée) ne sache qu'il était là. Sauf que bien évidemment, les images sont filmées et vont être insérés dans le film, ce qui risque de provoquer une petite surprise au moment de la projection. Bref, c'est souvent naïf, truffé d'action, assez drôle, et comme je n'arrête pas de vous le dire, dessiné par des artistes de très grand talent. Ce qui fait que même le lecteur complètement novice risque fort de passer un bon moment avec ce personnage beaucoup trop méconnu ici, qu'on se réjouit de retrouver régulièrement ces derniers mois chez Delcourt.
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