OLDIES : LE PROJET PEGASUS (MARVEL TWO-IN-ONE)

Tous les profanes qui ignorent la réalité de notre univers super-héroïque sont parfois surpris des termes, du jargon qu'il nous arrive d'employer chaque jour. Nous qui nous extasions pour des crossover, ne jurons parfois que par la sacro-sainte continuity et pestons devant certains fill-in. Une des expressions les plus compréhensibles, et dans le même temps si appréciée des Marvel fans, c'est le team-up. Autrement dit, deux personnages qui se rencontrent et unissent leurs forces dans un but commun. Dans les années 70, la Maison des Idées décident de surfer sur l'engouement, et propose un mensuel justement titré Marvel Tem-Up. Au départ, c'est Spider-Man qui a la vedette (avec quelques apparitions de la Torche) et se retrouve en bonne compagnie, mois après mois. Le succès aidant, c'est ensuite Ben Grimm qui décroche sa propre parution, basée sur le même principe. Ainsi est née une des séries emblématiques de son époque, Marvel Two-in-one. Il faut dire que dans les seventies les Fantastiques ont un gros noyau de fans, et pour être exact, ce sont surtout La Chose et son comparse Johnny Storm (qui eut droit à des aventures en solo sur les pages de Strange Tales) qui charment le lecteur. Un peu d'auto-critique tout de même : Marvel Two-in-one n'a pas non plus été un trésor continu, et il arrivait fréquemment que certaines histoires n'avaient rien d'inoubliable, et d'ailleurs MTIO sera abandonnée dans les années 80 au profit de The Thing, tout bonnement. Le Projet Pégasus, lui, obtient un succès d'estime notable. Tout d'abord, le prologue de la saga est présenté dans les numéros 42 et 43, avant que l'histoire ne s'accomplisse du #53 au #58. Il est né un peu par hasard, lorsque Ralph Macchio est appelé à remplacer à l'improviste le scénariste Roger Slifer. Première mesure : plonger Ben Grimm au coeur du quotidien du projet Pégasus, un vaste complexe sous-terrain qui abrite une ribambelle de super vilains en détention, et peuplé par des scientifiques et leurs passionnantes recherches. 

Au projet Pégasus, nous trouvons aussi l'étrange Wundarr, un être surpuissant mais doté du cerveau d'un enfant, auquel Ben Grimm était venu rendre visite (puisqu'il était plongé dans le coma suite à une exposition massive aux rayons du Cube Cosmique). Rapidement les machinations ourdies par un groupe subversif vont faire précipiter la situation, Et obliger la Chose à affronter de sérieuses menaces. Lorsque la trame commence à prendre de l'ampleur, Macchio reçoit le renfort du regretté Mark Gruenwald au scénario, et les deux compères vont pouvoir jouer avec le Marvel Universe en faisant intervenir nombre de personnages plus ou moins connus, pour le plaisir des lecteurs. Parmi les intervenants les plus cotés, signalons Captain America, ou Quasar, pour lequel Gruenwald aura un vrai coup de foudre, au point de lui consacrer un titre personnel une décennie plus tard. Mais encore Man-Thing, Giant-Man (Bill Foster l'ancien Goliath, qui change de patronyme durant la saga) , la sauvage Thundra (dans une incarnation catcheuse), ou encore le cyborg Deathlock (loin de la version télévisuelle vue lors de Marvel's Agents of Shield, et qui se paye le luxe de blesser La Chose!). C'est aussi durant cette période que les vicissitudes de Wundarr touchent à leur terme, avec la naissance de l'énigmatique Aquarian. Bien entendu les vilains ne manquent pas et nous rencontrons au fil des pages Klaw le maître du son, Solarr, Nuklo, ou bien les Amazones. Contrairement aux comics de nos jours (certains épisodes se lisent en cinq minutes chrono) ces numéros sont marqués par un verbiage redondant et qui n'a pas toujours très bien vieilli, ce qui peut rebuter le lecteur habitué aux boutades à la Bendis ou à l'ultra décompression moderne. Par contre le dessin risque d'en attirer plus d'un : Passons sur Sal Buscema qui joue les comètes provisoires, et saluons le travail de John Byrne (maître incontesté du comic-book mainstream)  encré par le vétéran Joe Sinnott, et de George Perez qui livre des planches raffinées et inventives pour l'époque. Sans pour autant être une aventure incontournable, le Projet Pégasus est une éloquente plongée dans les comics Marvel des années 70, un témoignage précieux de ce que fut la production dite mineure d'alors. Pour lire cela en Vf, il faut se procurer les Special Strange de 1983 (du #53 au #58) ou attendre que Panini se décide à publier tout cela dans un album de la collection classic, en kiosque. Après tout il a été annoncé que la publication allait reprendre dans quelques mois alors...



Commentaires

  1. Une très bonne critique de cette saga qui demeure toujours agréable à lire.

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  2. Merci beaucoup. Merci à ceux qui prennent ici le temps de laisser parfois un petit mot et bon week-end

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  3. Merci pour cette chronique qui pourrait donner des idées à un éditeur qui relance une collection de classiques chez Marvel. Et merci pour les souvenirs qui vont avec ces lectures dans Special Strange!

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  4. Ce serait une histoire candidate parfaite pour un Marvel Classic chez Panini, en effet! Merci!

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  5. Un classique en effet. On y fait régulièrement référence. Dans la 4ème série régulière de Nova par exemple (Marvel Universe en VF).
    Par contre il me semblait que ce projet Pegasus avait été Publié dans Spécial Strange 30 à 35. Cela reste à confirmer. Il faudrait que je me replonge dans mes cartons, mais à vue de nez cela serait bien plutôt ça.
    Merci pour ces chroniques de qualité et le partage de cette passion commune.

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  6. Pour les références c'est comicsvf qui m'a servi de base car je n'ai pas les Special Strange en question (je ne conserve pas les revues Lug/Semic). Si tu les as sous les yeux, tu pourras confirmer ou infirmer. Bonne semaine!

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  7. Bon alors j'ai vérifié et les 6 numéros en question ont bien été publiées en VF dans Spécial Strange 30 à 35. Je pense que ton erreur vient du fait que les épisodes MTIO de The Thing n'ont pas été tous publiés en France d'ou ce décalage avec la numérotation Américaine.
    En tout cas grâce ou à cause de toi j'ai fait le ménage et le tri dans mes collections LUG ;-).

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  8. C'est vrai qu'à l'époque Lug ne s'embarrassait pas des souhaites des "complétistes" et ne publiait pas tout. Bon tri dans tes revues d'époque, ciaociao

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