Le deuxième épisode accélère ainsi brutalement le tempo et offre ce que beaucoup attendaient : une guerre spatiale d’ampleur démesurée. Les batailles s’enchaînent, les races s’affrontent et T’Challa s’impose comme l’un des personnages les plus impressionnants jamais écrits par Hickman. Froid, stratège, inébranlable, cette Panthère cosmique rappelle celle de New Avengers et ne s'embarrasse pas de remords ou de petites hésitations. Le revers de la médaille ne tarde pas à arriver, aussi : une multitude de personnages, d’intrigues parallèles et de retournements de perspectives, qui peuvent perturber même quelques lecteurs aguerris, alors pour ce qui est du novice complet, ça risque de coincer. Graphiquement, la série frôle l’irréprochable. Iban Coello et Federico Vicentini livrent des planches spectaculaires, parfois surchargées mais toujours lisibles, magnifiées par les couleurs de Federico Blee. Chaque page respire la démesure et donne à cette guerre cosmique une ampleur rare. J'ai juste plus de mal, à titre personnel, avec ces pages où les vignettes horizontales format cinémascope s'empilent. Un rythme que je ne goûte guère et qui tend à se retrouver trop souvent, ces temps derniers, dans les comic books qui me tombent sous la main. Reste une question essentielle : l'émotion, le plaisir, est-il vraiment au rendez-vous (on parle de Hickman, la question doit être posée) ? Deux personnages perdent leurs enfants, et pourtant l’émotion reste étonnamment distante. Puis l'un des deux tombe à son tour, et un troisième larron (Nova, pour ne pas le nommer) fait son grand retour et décide d'exploiter tout ce qui reste de la mémoire collective du corps des Nova de Xandar, au risque de faire disparaître à jamais cet héritage s'il commet un impair. Hickman privilégie les enjeux politiques et stratégiques au détriment de l’intime, et il faut un peu se forcer pour ressentir, l'artiste étant beaucoup plus doué pour les cathédrales narratives structurées que pour susciter l'empathie directe. Imperial impressionne, fascine même, mais peine parfois à toucher. C'est ce qu'essaie de faire l'épisode consacré à T'Challa, qui vient boucler ce numéro (avec de superbes dessins de Cafu), mais ici le problème est différent : c'est une redite de ce qu'on a lu juste avant, et ça n'apporte qu'une faible valeur ajoutée à l'ensemble. Des objections nécessaires, mais qui ne changent rien à la conclusion finale : oui, vous devriez vraiment miser sur Imperial, parce que l'avenir du cosmique Marvel se joue ici, et maintenant, entre janvier et février, dans deux numéros où le cosmos se déchire et se recompose.
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