SUPERGIRL (DC PRIME) TOME 1 : MÉSAVENTURES À MIDVALE


 Promis, par respect pour le travail des artistes – et parce que j’aime me montrer aussi objectif que possible. Au fait, ne venez pas me casser les pieds avec les tirets cadratins et Chat GPT – je n’ai aucune intention de descendre en flammes ce premier tome des nouvelles aventures de Supergirl. Mais un distinguo s’impose d’emblée : je ne suis absolument pas, même de très loin, le public cible de ce titre. À première vue, il s’agit d’une tentative de DC Comics de séduire un lectorat adolescent. La série respire le young adult, bien loin des aventures plus solennelles et tragiques de Superman. Ici, la cousine de l’Homme d’Acier retourne à Midvale, le petit bourg dans lequel elle a grandi. Elle est censée y reprendre l’identité de Linda Danvers et retrouver ses parents. Sauf que l’accueil est pour le moins tiède, et que rien ne va se dérouler comme prévu. À peine revenue dans ce qui fut autrefois son foyer, Kara découvre que tous les habitants semblent sous le charme de Supergirl. Problème : personne ne connaît sa double identité, et cela fait longtemps qu’elle n’est pas revenue accomplir de nouveaux exploits. L’explication est aussi simple qu’inattendue : une autre Supergirl sévit en ville. Il s’agit en réalité d’une habitante de la cité-bouteille de Kandor, Lesla-Lar, bien décidée à imiter (voire supplanter) celle qu’elle jalouse. Pour parfaire l’illusion, elle va jusqu’à hypnotiser les parents de Kara afin qu’ils l’adoptent comme leur propre fille. Et comme si cela ne suffisait pas, cette nouvelle venue entreprend de ridiculiser la véritable Supergirl, la présentant aux yeux de toute la ville comme une pâle copie (un plagiat, même). Entre quiproquos, retournements de situation et démonstrations de pouvoirs, la série ne se prend jamais au sérieux. On est ici très proche de la bande dessinée humoristique, bien plus que d’un récit super-héroïque classique. L’ensemble est d’ailleurs truffé de super-animaux, qu’ils soient alliés (comme Krypto le chien ou Streaky le chat) ou ennemis, à l’image d’une version féminine de King Shark. Un peu plus loin, un lapin doté de super-pouvoirs vient compléter ce bestiaire improbable. Autant dire que prendre tout cela au premier degré n'est pas très recommandé.



Les motivations et la caractérisation de Lesla-Lar restent, elles, réduites à l’essentiel. D’où cette impression persistante d’un comic book pensé pour un public adolescent. Passée sa jalousie envers Supergirl, le personnage se révèle animé par un besoin simpliste : être aimé, se faire des amis. Et, comme chacun sait, l’amitié change une vie. Dès lors, la dynamique évolue rapidement : entre une jeune fille sauvée par Supergirl, l'entrée en scène de la fille de Lex Luthor, et cette rivale devenue alliée, une étrange sororité se met en place. Avec au menu une virée entre copines dans un bar gothique, tandis que Supergirl prend sous son aile celle qui, quelques pages plus tôt, cherchait à l'humilier, afin de lui apprendre les bases du métier de super-héroïne. Le tout est rapide, coloré, presque bubble gum, et ne cherche jamais la profondeur. Ce qui surprend davantage, en revanche, c’est de voir ce type de récit publié sous le label DC Prime. Un album de ce genre aurait trouvé toute sa place dans une collection parallèle, pour assumer pleinement son orientation juvénile. Mais ici, avec des épisodes qui font ponctuellement référence à la continuité récente de DC Comics, la rupture de ton interroge. Comment passe-t-on d’une héroïne évoluant dans l’ombre de son célèbre cousin à une adolescente aux préoccupations et fréquentations aussi légères ? Le contraste a de quoi dérouter (euphémisme). Côté dessin, le travail de Sophie Campbell (également scénariste, donc) se révèle correct sans être particulièrement marquant. À ce jeu du décalage stylistique, d’autres artistes, comme Michael Allred, assument bien davantage leurs choix esthétiques et en tirent une véritable identité visuelle. Bref, vérifiez bien que vous avez compris de quoi il en retourne, avant l'achat de ce premier tome qui annonce le film que vous savez… 



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