Et au centre du ring (dans tous les sens du terme, vous verrez), Fisk. Vincent D’Onofrio compose une nouvelle fois un personnage impressionnant de maîtrise. Il ne force jamais le trait. Son Fisk reste persuadé d’agir pour le bien commun, et c’est précisément cette conviction qui le rend si inquiétant. Son pouvoir peut sembler excessif, mais il est porté par une logique interne qui tient, avec son épouse comme centre de gravité émotionnel. Mais bon, comme la réalité semble dépasser la fiction, ces derniers mois… La série élargit aussi son regard. La ville réagit, les habitants prennent position, les médias influencent les perceptions (le podcast de BB Urich est une incarnation moderne et intelligente). L’affrontement dépasse largement le cadre personnel : il devient une lutte pour imposer une vision du monde. Qui mérite d’être soutenu ? Qui doit être arrêté ? Rien n’est tranché de manière simple. Tout n’est pas non plus parfaitement maîtrisé, dans cette seconde saison. Certaines incohérences liées à l’univers Marvel subsistent, notamment dans la gestion des événements passés ou des capacités/pouvoirs des personnages. Certains détours narratifs auraient gagné à être resserrés, on se perd parfois dans des détails qui peuvent faire bailler. Mais ces limites n’effacent pas la cohérence d’ensemble, qui reste assez louable. Car cette suite fonctionne comme une conséquence directe de ce qui a précédé. Ce qui a été amorcé trouve ici son prolongement, souvent de manière violente. Les affrontements sont plus présents, mais surtout plus significatifs. Ils ne sont jamais gratuits, et ça tape sans pitié. Sans oublier une tension sourde et un climat de menace terrifiant, quand les poings se taisent. La scène en voiture, entre Buck (l'homme de confiance de Fisk) et Daniel (le directeur de communication, joué par un excellent Michael Gandolfini) est un pur joyau du genre, digne de Breaking Bad. Malgré une tonalité sombre, la série laisse entrevoir une forme d’espoir. Discrète, fragile, mais réelle. Matt Murdock continue de croire qu’il est possible d’agir sans céder à la facilité/fascination de la violence absolue. Une position difficile à tenir, mais qui donne tout son sens à son combat, comme dans les comics, par ailleurs. Dans un univers cinématographique souvent tenté par la neutralité ou la pusillanimité, Daredevil : Born Again préfère s’engager. Certes, dans la direction convenue et prévisible, pour qui connaît les idées de Marvel, le progressisme des comics et du personnage. Mais ce choix, même imparfait, même maladroit, lui donne une vraie identité, et un parfum de vérité évident.
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