SKYBOURNE #1 : LA NOUVELLE SERIE DE FRANK CHO

Frank Cho est de retour avec une série en creator owned, chez Boom Studios. Ces temps derniers l'artiste avait surtout fait parler de lui pour des couvertures variantes consacrées à Wonder Woman, qui se sont attirées les foudres du scénariste Greg Rucka, ou par un ensemble de dessins polémiques visant à titiller les grenouilles de bénitier qui ne supportent pas la représentation des formes abondantes, dont Frank s'est fait une spécialité. Cho n'est pas seulement un artiste qui met en scène des femmes dénudées à la poitrine exubérante, il est aussi capable d'écrire autre chose, et se Skybourne en est pour le moment la preuve. Il s'agit d'un récit qui met en scène 3 membres de la même famille, tous issus du célèbre Lazare de la Bible, le même qui a ressuscité et qui a eu des rejeton immortels. Ces derniers sont à la recherche d'artefacts mystiques, comme par exemple l'épée d'Excalibur, celle qui nous intéresse dans ce premier rendez-vous. L'héroïne Grace Skybourne tient elle plus d'Indiana Jones ou de Jakita Wagner (dans Planetary) que des pin-up dépoitraillées ou des affriolantes guerrières (Shanna) qui errent dans la Terre Sauvage, avec une simple peau de bête sur les cuisses. L'héroïne est très puissante, elle est capable de déchirer des hommes à mains nues, et ne s'en prive pas. Certaines scènes sont sanguinolentes et particulièrement explicites; l'artiste montre tout et ça gicle et éclabousse. Le début de ce premier numéro est assez drôle, l'humour donc est présent dans Skybourne, avec quelques scènes truculentes comme une chute d'un avion qui se termine sans la moindre égratignure. On a du mal à comprendre quelle direction va vraiment suivre cette série, car finalement il ne se passe pas énormément de choses dans ces pages. Cho a probablement beaucoup à dire mais il préfère initialement cacher ses meilleures cartes, qu'il réserve pour les lecteurs qui accepteront de tenter l'aventure, et achèteront la suite. Le dessin est bien entendu assez alléchant, exubérant, Frank Cho essaie de soigner au maximum ses planches, et même si je continue de penser qu'il y a un coup de moins bien parfois, sur les gros plan au niveau des visages, il reste qu'il est capable de donner une souplesse plastique bluffante aux personnages qu'il met en scène. Nous ne trouvons pas énormément de dialogues ou de didascalies, mais beaucoup d'action. C'est assez joli à voir, et  avec suffisamment de mystère et de non-dits pour donner envie de savoir ce qui va venir après. Sans rien réinventer ou sans être une sortie totalement indispensable, ce nouveau titre mérite pleinement l'adjectif "agréable" qui lui colle à la peau parfaitement.


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ALL-NEW IRON MAN & AVENGERS HORS SERIE 1 : LE CHEVALIER NOIR (BLACK KNIGHT)

Ma passion pour le personnage de Dane Whitman remonte au moment où la série Avengers était écrite par Bob Harras et Steve Epting. En gros, dans les années 90, durant mes dernières armes au lycée. Les plus jeunes ne se souviennent peut-être pas, mais alors le Black Knight était devenu un héros d'envergure au sein des Vengeurs (ainsi les nommait-on), très humain et attachant. Malheureusement des choix éditoriaux peu glorieux le remisèrent dans le cône d'ombre de Marvel, et ces dernières années le pauvre Dane n'a pas connu les projecteurs, si ce n'est pour des apparitions superflues au sein de l'Euroforce ou du service secret anglais du Mi-13. Une façon pudique de dire que personne ne savait trop quoi en faire. Changement de ton avec l'opération All-New All-Different qui sort le personnage du placard. Le voici dans sa propre série mensuelle, pour de nouvelles aventures totalement inédites. Dane n'est pas sur Terre, mais bel et bien sur le Weirdworld, ce monde où tout semble aussi absurde que dangereux, et l'impossible devient le quotidien. Si vous avez oublié de quoi il s'agit, c'est que vous n'avez pas suivi les Secret Wars (qui se sont achevées juste avant les titres All-New All-Different, et qui cinq mois durant ont plongé l'univers Marvel dans un long et gigantesque What If...?) et le chamboulement des mensuels de la maison des idées. Bonne idée du scénariste Frank Tieri, il glisse un petit résumé habile des caractéristiques du héros, qui se remémore les capacités et les enchantements de son arme (l'épée d'ébène) et de son premier détenteur, Sir Percy, qui combattit pour le Roi Arthur lui-même. Une malédiction flotte sur celui qui possède la lame, et Whitman n'y fait pas exception. Puis nous sommes plongés dans l'action, avec une bataille rangée sur le territoire de la Nouvelle Avalon, dont Dane est devenu le souverain (je vous laisse le soin de découvrir comment), face à une armée de reptiles bizarres. D'autant plus étranges qu'il ne reste rien de ces créatures après leur défaite, puisqu'elles se volatilisent et sont réduites à néant. Nous faisons ensuite la connaissance de deux aides de camps précieux, Alkyra et Bolten, qui se haïssent mais appuient les gestes du Black Knight et l'encadrent, militairement et politiquement. Dane Whitman a pris de la stature, le voici respecté et au centre de la scène, mais sur un monde où les liens avec son passé sont coupés. 

C'est qu'il se passe des choses très insolites sur le Weirdworld (forcément, vu le nom), jusqu'à l'apparition hors de propos d'un sous-marin atomique de la seconde guerre mondiale! Dane mène l'enquête, tout en entretenant le mystère sur les raisons qui font qu'il ne peut revenir en arrière, et ne souhaite pas rentrer sur Terre. Même si certains de ses anciens alliés se décidaient à venir le chercher? Tieri fait vraiment du bon travail pour ce qui est de la recherche de nouveaux objectifs, nouveaux défis, nouvelles bases, pour crédibiliser Dane Whitman. On le découvre tourmenté, humain (lorsqu'il enregistre ses exploits et mémoires), évasif. Beaucoup d'éléments sont ensuite dévoilés, à commencer par l'implication des Uncanny Avengers, qui débarquent pour raisonner leur ancien allié, qu'ils soupçonnent sous l'influence néfaste d'une épée d'ébène qui fait la malédiction de ceux qui la brandissent. Luca Pizzari fait de son mieux pour que le dessin s'adapte à l'environnement, avec des planches tourmentées, fantasmagoriques, sous subtile influence des années 70. Si les visages représentés ne sont pas toujours excellents, le dynamisme est de mise, et l'ensemble est solide. Kev Walker également est de la partie, avec des planches plus massives et grasses. La série emprunte ses influences à tout un tas de domaine, convoque des super-héros on ne peut plus classique pour jouer en parallèle la carte de l'ésotérique et du fantastique le plus pur, bref c'est un joyeux pot pourri qui m'a assez convaincu, même si je le souligne, j'adore l'ami Dane. Ce n'est pas le cas de tout le monde car le titre a vite été stoppé aux States, comme quoi si Marvel cherche toujours à expérimenter, les lecteurs sont aussi à retenir coupable pour certains déboires regrettables. La vf arrive dans un hors série dont Panini nous régale régulièrement, autrement un rapport pages/prix que les américains nous envient. Pour moins de six euros, l'investissement en vaut clairement la peine.


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STAN LEE L'AUTOBIOGRAPHIE COMICS : Amazing Fantastic Incredible (A Marvelous Memoir by Stan Lee )

Pour un peu tout le monde, Stan Lee est le créateur de l'univers Marvel. C'est partiellement vrai, c'est partiellement faux. Certes Stan est à la base d'un très grand nombre de héros et il a redéfini le concept de super-héros dans les années 60. Il est aujourd'hui une icone, au même titre que certains des personnages donc il est le père fondateur, comme Spider-Man par exemple. Mais sa méthode de travail laissait une grande part de liberté au dessinateur qui l'accompagnait, et qui devrait être à tous les effets considéré comme le co-créateur des séries sur lesquelles il officiait. Pour autant, après des décennies d'aventures, c'est bel et bien le nom et l'image de Stan Lee qui perdurent en tant que label déposé. Car ce cher Stanley Lieber a toujours été très doué pour vendre son image. La preuve avec cette autobiographie en bande dessinée, qui ressemble tout autant à une sorte de gigantesque célébration de soi. Les étapes fondamentales du développement de l'industrie des comics américains -de Marvel en particulier- sont ainsi représentées en parallèle avec la vie et les œuvres de celui qui est considéré, par un peu tout le monde, comme le patriarche et l'inventeur du super héros moderne, avec ses supers problèmes. L'importance de Stan est bien sûr quelque peu exagérée, que ce soit pour Hulk, Iron Man, Spider-Man ou les autres et tous ceux qui ont travaillé à ses côtés, comme Steve Ditko, Jack Kirby ou John Romita, voient leur influence et leurs trouvailles revues à la baisse. De même la carrière de Stan the Man n'a pas été parfaite, et ses échecs, les problèmes relationnels avec les autres artistes, où les tragédies personnelles, sont rapidement évincés, et on ne plonge jamais dans l'autobiographie psychologique, ou dans la prise de conscience de certaines erreurs; pas de mea culpa ou de regrets, le parcours de Stan se doit d'être brillant. C'est ainsi qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui. 


Colleen Doran est la dessinatrice qui s'occupe de mettre en images tout ceci (et Peter David arrange et peaufine le "scénario" si je puis dire...). Son style est classique et propre, et alterne de superbes splash page avec des planches plus ordonnées et formelles, et elle se concentre tout particulièrement sur la représentation des intervenants, dont bien entendu Mister Lee en personne. Chaque personnage possède un petit détail qui le caractérise, et qui sert à le rendre identifiable immédiatement pour le lecteur. Par exemple, le cigare de Kirby, dont la fumée est représentée en suivant le style des Kirby Dots (ces tâches ou points de couleur qui servaient à mettre en évidence la puissance ou les explosions dans certaines cases). Nous trouvons aussi l'intérieur des représentations convaincantes de couvertures ou de pages célèbres de quelques comics, qui ont été restaurées par Alan Harvey à cette occasion. Bien entendu le lecteur devra tenir compte qu'il ne s'agit pas là d'une œuvre à prendre au pied de la lettre, qu'elle est particulièrement influencée par une vision idéalisée et distante de la réalité de l'importance de Stan Lee, n'empêche il serait bête d'attendre la disparition d'un tête bonhomme pour se rendre compte à quel point il est important, quelle chance nous avons de le compter toujours parmi nous (et l'année 2016 a été bien cruelle jusque là...) Travail un petit peu menteur et affabulateurs sur les bords, mais comment lui en vouloir d'être devenu la vitrine d'une entreprise idéalisée, à l'heure où le monde qui nous entoure devient chaque jour d'avantage narcissique et porté sur l'image. Stan a tout compris, depuis le début.

Paru en vo en novembre 2015 chez Touchstone édition. 


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Pour finir, rendez-vous ce mercredi 14 septembre, à 17h, à la bibliothèque Louis Nucéra de Nice. Nous aurons le plaisir de vous y recevoir pour la première d'un cycle de conférences "comics", intitulée "comics et géopolitique". Derrière cela, une grosse heure consacrée aux liens entre les comics et l'histoire, de la grande dépression et la seconde guerre mondiale, à nos jours. Vous aurez peut-être aussi la chance de remporter des albums Marvel amicalement mis à disposition par Panini, que nous remercions au passage. En plein centre ville, derrière la place Garibaldi, vous ne pouvez pas vous perdre. A tout à l'heure!




CYBORG REBIRTH : DES ORIGINES SANS INTERETS

Ce n'est pas une surprise si Cyborg a droit à son numéro Rebirth, le personnage va devenir de plus en plus important, et il sera mis en avant comme un des membres fondamentaux de la Justice League au cinéma. Du coup nous revoici plongés pour la centième fois dans ses origines... rien de très original me direz-vous! John Semper Jr (plus habitué aux animés, pour la télévision) décide de procéder de la manière suivante : ils organise dans le présent un combat entre le héros et une entité technologique malveillantes du nom de Malware. Pendant que les deux se tapent dessus et que Cyborg en prend plein la tête, au point de se deconnecter momentanément de la réalité, nous plongeons dans le passé, et nous remontons à l'époque où le scientifique Silas Stone rencontre celle qui va devenir son épouse, et lui donner un fils, Victor. Un peu de pathos pour tirer des larmes et expliquer ce qui va suivre, avec l'épouse qui tombe malade, le père qui délaisse le fiston parce que cherchant un moyen de sauver celle qu'il aime, et enfin pour finir, un tragique accident qui laisse le pauvre Victor Stone dans un état plus proche du puzzle qu'autre chose : il ne reste quasiment plus rien à part des reste calcinés, que le père décide de faire fusionner avec du métal et des circuits informatique d'origine extraterrestre, en utilisant un laboratoire top secret, inaccessible au commun des mortels. Bref c'est ainsi que naît Cyborg, avec toute une partie assez maladroite où celui-ci découvre à quel point son humanité pourrait être remise en question, à travers une sorte de discours ampoulé, enregistré par son père. C'est bien lourdeau, on ne comprend pas trop pourquoi ce dernier a eu besoin d'expliquer et de témoigner sur bande de ce qu'il a fait. Le scénariste transmet donc au lecteur les informations essentielles pour unir tous les points de la tragédie, et il le fait de manière forcée, innaturelle, comme si nous étions encore dans les années 70. Bref au niveau de l'écriture nous sommes très loin d'une série moderne et audacieuse! 
Cyborg a au moins le mérite de bénéficier d'un dessinateur qui fait du bon travail. Paul Pelletier est ici en bonne forme, et les scènes de combat nombreuses sont suffisamment fortes et spectaculaires pour plaire au lecteur, et le convaincre de tourner les pages. Reste que cela semble si classique et si peu inspiré qu'on a du mal à imaginer ce qu'il va bien pouvoir se passer, dans les épisodes d'une série régulière en apparence attendue chez Dc, et on a bien peur que le manque d'enjeux finisse très rapidement par faire capoter le projet. On s'accrochera donc à la dernière page et à l'espoir d'une grosse et belle surprise très bientôt, sans y croire totalement.



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AGE OF ULTRON : RETOUR DANS LA COLLECTION MARVEL EVENTS

Age of Ultron revient encore et toujours, et cette fois c'est sous la forme d'un album de la collection Marvel Events. C'est drôle car c'est justement ce qui semble hérisser le poil de certains d'entre vous, cette répétition des "events" chez Marvel, cette façon de capter l'attention en continu. De quoi s'agit-il, et que s'y déroute t-il, demanderont les distraits? En fait, au départ de l'aventure, on ne sait pas trop où se situer. Une Terre alternative? Un bond dans le futur (ou bien j'ai vraiment manqué quelque chose)? Toujours est-il que New-York (et probablement le monde) est sous la coupe réglée de Ultron et de son armée robotique, et que les humains sont traqués, spécialement les anciens super-héros. Les Vengeurs ont trouvé refuge dans les décombres de l'héliporteur du Shield. Vous savez, ce gros vaisseau volant qui s'écrase au moins une fois par mois? Là, il est échoué en plein Central Park, et on se dit que ce n'est pas la tanière la plus discrète, mais passons sur ce détail. L'essentiel des premières pages est centré sur le sauvetage de Peter Parker, en pleine déconfiture, capturé par une bande de criminels notoires (entre autres, le Hibou et Hammerhead) pour être remis à Ultron en échange de passe-droits. C'est Hawkeye qui se charge d'être la cavalerie, avec son matériel habituel, dans un monde apocalyptique en ruine, qui n'est pas sans rappeler, en effet, Days of Future Past, petit bijou de l'histoire des X-Men. En effet, l'Amérique est tombée aux mains d'Ultron. Des Ultrons. Ils patrouillent partout, on en voit dans le ciel et dans les rues, comme un gigantesque essaim d'abeilles robotisées.  La faille, chez le robot généré par Hank Pym, c'est peut être que bien qu'étant un automate, il agit pourtant comme un humain, notamment dans son comportement, ses réactions, ses motivations intimes. Du coup, il semblerait qu'il soit encore possible de négocier avec lui. Dans le genre : je t'apporte un héros en collant que j'ai neutralisé pour toi, en échange je peux obtenir quelque chose à mon tour. Ce sera ça la seule possibilité offerte à la résistance, pour infiltrer le Qg de leur ennemi. Et se rendre compte à quel point s'en sortir parait illusoire... 

Vous savez tous ce que signifie l'effet papillon, dans la science-fiction? Revenir en arrière, et piétiner sans le savoir un simple papillon, peut avoir des conséquences désastreuses dans le présent, d'où l'impossibilité des voyages dans le temps sans risques. Comprenez donc que lorsque Wolverine, toujours bien pratique quand il s'agit de se salir les mains, remonte le temps pour aller planter ses griffes dans Hank Pym, créateur du robot Ultron, la ligne temporelle Marvel risque fort se se retrouver profondément modifiée. La belle Invisible des Fantastiques l'accompagne et tente bien de le dissuader, mais pour une fois, l'impossible, l'impensable, est au menu de Age of Ultron. C'est assurément le temps fort de toute la saga, l'instant où le lecteur se demande si tout ce qu'il est en train de lire va vraiment impacter ce qu'il est habitué à fréquenter, dans les pages des comic-books Marvel. Wolverine qui assassine Pym, sous forme de médecine préventive de choc, c'est une idée de génie, l'étincelle qui aurait du permettre de changer la donne, à jamais. C'est le vrai grand instant X de Age of Ultron, l'épisode où j'ai compris pourquoi j'aimais encore ces bd superhéroïques, avec ces moments bluffant où l'action vous assène un bon coup de massue. Sans vouloir vous révéler la suite (que vous connaissez, depuis le temps) disons que malheureusement, Marvel n'est pas allé au bout de son idée, et qu'il aura fallu se contenter de dégâts irréversibles dans le tissu de l'espace-temps, avec en conséquences majeures l'arrivée d'Angela (expatriée de l'univers d'Image) et la saga Hunger, où Galactus boulotte l'univers Ultimate. Du coup, oserez-vous tenter l'investissement, pour cet "event" qui a perdu de sa superbe en vue de la ligne d'arrivée... Allez, j'en vois qui vont se laisser tenter tout de même... ne serait-ce que pour les dessins de Bryan Hitch ou Carlos Pacheco (entre autres) et parce que Brian Bendis a forcément une bonne cohorte de fans purs et durs! On blague, cela reste une des sagas marquantes de ces temps derniers, qui devrait figurait logiquement sur vos étagères.


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BLOODSHOT REBORN TOME 2 : LA TRAQUE

Suite des aventures de Bloodshot chez Valiant, avec la très bonne série Bloodshot Reborn scénarisée par Jeff Lemire. Pour rappel, le héros a eu une brève relation avec la Géomancienne, qui avant de mourir lui a fait un cadeau empoisonné, en le débarrassant des nanites à la source de son pouvoir. Redevenu lui même, mais en quête de sa véritable identité et de ses origines, Ray Garrison (un nom d'emprunt, probablement) n'a pas trop le temps de s'adapter à sa nouvelle existence, car les robots microscopiques qui infestaient son sang se sont trouvés de nouveaux hôtes, qui perdent la tête et sont responsables d'horribles carnages dans le Colorado. Du coup, Bloodshot ne va pas rester longtemps sur la touche, et devoir se sacrifier, prendre la route, et aller récupérer les fameux nanites, pour les contrôler.
En cours de chemin notre héros a tissé de nouveaux liens sentimentaux avec une blonde un peu paumée, Cristal. S'il tente de ne pas prendre en considération l'idée de la protéger et de l'aimer, il est cependant difficile de résister à l'appel de la chair, et des bons sentiments. Car malheureusement, tout ceux (et celles) qui croisent sa route ont tendance à se mettre en péril, et ont une durée de vie assez limitée. En parallèle, deux agents spéciaux mènent l'enquête et suivent Bloodshot (ou plutôt les porteurs de nanites) à la trace, en arrivant après coup sur les lieux où le sang à coulé. Il s'instaure une relation assez détendue et sarcastique, et les dialogues forts naturels et très drôles aident à tempérer une tension palpable. Le ton est à la fois dramatique et désespéré, et entrecoupé de répliques ou de scènes brèves plus légères. Jeff Lemire fait un superbe travail sur ce titre, parvenant à rendre enfin humain et attachant un personnage trop longtemps présenté comme une machine de guerre impitoyable, tourmenté par un désir de se (re)connaître, mais sans jamais dégager une forte empathie, comme c'est le cas désormais. L'intrigue est efficace, rythmée, et se corse encore quand un des porteurs de nanites décide lui aussi de devenir le réceptacle de tous les autres, et part récolter tout ce pour quoi Bloodshot lutte. 



L'histoire est par ailleurs servie par un Butch Guice en très grande forme. Les plans resserrés, la manière de dessiner les visages, les expressions, le naturel époustouflant qui s'en dégage, font de ces pages de superbes exemples de comic-book soigné et réaliste, qui devrait ravir tous les amateurs de jolis dessins. Bloodshot Reborn continue donc d'être une des séries à suivre en ce moment, avec cette fois les épisodes 6 à 9, dans un second tome qui ne baisse pas une seconde d'intensité. 
A noter, pour être complet sur Bliss Comics, que l'éditeur annonce pour novembre la sortie de deux intégrales. Tout d'abord celle annoncée à la PCE avec la série Rai, 350 pages pour 28€. Et aussi Archer et Armstrong,  800 pages pour le prix raisonnable de 49€, c'est à dire 29 épisodes!


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OLDIES : MAXIMUM CARNAGE - LE CROSSOVER VIOLENT DE SPIDER-MAN EN 1993

Dans les années 90, Venom est un des personnages phares de l'univers Marvel : le symbiote extraterrestre, poussé par la haine et le ressentiment envers Peter Parker, a trouvé un acolyte idéal en la personne de l'ancien journaliste Eddie Brock. Celui-ci retient Parker responsable de sa déchéance professionnelle. Ensemble ils deviennent une sorte de monstre ou croque-mitaine protéiforme. Il connaît l'identité secrète de Spiderman et ne déclenche pas son sens d'araignée, bref l'ennemi ultime. Mais peu à peu, poussé par le succès auprès des lecteurs, le personnage se transforme en une sorte d'anti-héros, motivé par une conception toute personnelle de la justice et de la protection des innocents. Le curseur se déplace et la nouvelle créature maléfique, le nouveau mal absolu, devient Carnage. Il s'agit du rejeton du symbiote précédent, et il s'est associé avec Cletus Kasady, un sociopathe de la pire espèce, complètement incurable. Le costume est rouge sang, et sa façon d'agir est simple : le cahos et les meurtres en permanence. Lorsque Carnage est maîtrisé et emprisonné dans l'asile de Ravencroft (une sorte de Arkham à la Marvel), on pourrait penser que son parcours est momentanément terminé, mais comme le veut la tradition des comics, s'il est enfermé c'est pour mieux s'échapper! Non sans bien sûr laisser derrière lui une trace de sang et des morts à la pelle. Pour contrer cet ennemi particulièrement violent, Spider-Man va pouvoir compter sur toute une série d'alliés, et il va même temporairement faire équipe avec Venom. Il s'agit d'un crossover très marqué par l'esprit de son temps (1993) où coule hémoglobine à flots, et concerne toutes les séries du tisseur de toile.

Carnage n'est pas seul. Lui s'est trouvé une copine psychotique quasiment aussi aussi cinglée, et qui répond au nom de Shriek. Le couple dément bénéficie aussi d'une sorte d'enfant putatif, ou plutôt d'animal de compagnie, le doppelganger, à savoir un double difforme de Spiderman, qui remonte au crossover the Infinity War. Mais ce crossover présente d'autres super-vilains, qui font leur apparition, comme par exemple Carrion ou le Demogoblin. Du coup en face, il faut une véritable armada pour contrer tous les cinglés qui mettent la ville à feu et à sang. Beaucoup de personnages qui gravitent habituellement dans l'orbite du monde du tisseur vont prêter main-forte, comme la Cape et l'Epée, Morbius, Black Cat, ou bien d'autres un peu plus inattendus comme Captain America, Firestar et  Deathlock. Quand il y a plusieurs séries concernées, nous trouvons logiquement une liste  imposante d'artistes au menu. Dans ce  Maximum Carnage, au scénario, défilent par exemple Tom De Falco, David Michelinie, ou le spécialiste de la psychologie fouillée et torturée, Jean-Marc De Matteis, qui s'occupent de rendre la vie impossible à Spider-Man.  Côté dessinateurs j'apprécie tout particulièrement Sal Buscema et son trait rigoureux, qui à l'époque a marqué profondément la série Spectacular Spider-Man, où il est resté de nombreuses années durant en poste. Mais nous trouvons aussi Mark Bagley, qui officie depuis des lustres sur le personnage, ou encore Alex Saviuk, dans le style est beaucoup moins gracieux que ses collègues. Mentionnons également Tom Lyle, qui bénéficie d'un encrage lourd et d'une mise en couleur parfois criarde, ce qui fait que ses planches sont plus surchargées et moins lisibles que les autres. Nous avons là 14 épisodes qui ont marqué leur époque, et qui constitue un tournant dans l'histoire de Spider-Man, puisque il s'agit d'un plongeon angoissant dans une violence irréfrénable, une tentative évidente d'adapter les aventures de Spidey aux années 90. Globalement cela fonctionne bien si on regarde l'ensemble avec l'oeil  nostalgique du lecteur que nous étions alors, mais il est vrai qu'avec le temps cette avalanche de baston et de crimes n'apparaît pas comme le point culminant de la décennie pour le monte-en-l'air. Récréatif et bourrin, mais digne d'une réédition future en vf librairie.


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ESCAPE TOME 1 : LA GUERRE ANTROPOMORPHE DE REMENDER ET ACUNA

 Avec Escape , Rick Remender ne signe pas simplement un récit de guerre progressiste et bourré de bons sentiments comme bien d'autres. I...