NINJAK TOME 1 : L'ARMURERIE (CHEZ BLISS COMICS)

Le catalogue Valiant continue de s'étoffer chez Bliss comics, avec l'arrivée d'une nouvelle série Ninjak, dont le tome 1 est proposé au prix d'appel de 10 €, comme il est désormais de coutume. Le héros de cette histoire se nomme Colin King; autrefois il appartenait aux services secrets britanniques. C'était un simple espion qui n'était pas forcément porté sur la baston, et qui a peu à peu affiné ses dons au point de devenir une arme redoutable. Il maîtrise aujourd'hui à la perfection tout un arsenal de techniques de combats empruntées aux arts martiaux, et il possède une armure furtive dotée d'un très grand nombre de gadgets bien utiles. Derrière la façade se cache toutefois un homme meurtri avec une enfance très difficile derrière lui, qui revient sous forme de flash-back dans ces cinq épisodes écrits par le scénariste Matt Kindt. Ce dernier nous montre que le jeune Colin a eu bien des problèmes dans la relation avec ses parents absents, et qu'il fut élevé par un domestique violent, qui jouait de la ceinture, voire bien pire encore. Un rapport de haine s'était installé entre les deux au point que le jeune garçon a même tenté d'empoisonner celui qui le maltraitait. C'est assez drôle de voir le contrepoint pris par cette histoire avec l'entente qui a pu régner entre Bruce Wayne et le majordome Alfred. Un contre-exemple parfait de ce qui se fait dans l'univers de Batman. Il est donc aujourd'hui très difficile pour Ninjak de subir, de prendre une rouste sans réagir, de se laisser malmener sans briser la nuque de ceux qui s'attaquent à lui. Pourtant il va bien devoir se forcer et accepter l'idée de subir un passage à tabac, car cela fait partie des épreuves nécessaires s'il veut parvenir à gagner la confiance de Kannon, un des 7 personnages influents qui composent une cabale secrète, répondant au nom des sept ombres. L'initiation n'est pas simple, et ce n'est pas le super héros mais l'homme (Colin donc) qui est appelé à prendre sur lui, pour montrer patte blanche et infiltrer ainsi une organisation qui autrement ne peut être abattue, car trop tentaculaire et mystérieuse. Mieux vaut en prendre le contrôle, mais pour cela il va falloir réussir le plus difficile, s'y infiltrer avec subtilité.

Kannon est la clé pour accéder à l'Armurerie, c'est-à-dire une organisation, un vaste réseau clandestin, qui peut fournir à ses clients toutes les armes possibles et imaginables, voire même l'inimaginable. Ninjak s'apprête donc à remonter la filière pour porter un coup décisif à cette cabale, mais cela serait compter sans l'une des gardes du corps du maître shinobi (Roku) qu'il combat après l'avoir sauvée des geôles d'une prison russe. Elle est dotée d'une chevelure meurtrière et d'une habileté au combat exceptionnelle. En somme, une épine dans le pied des plus douloureuses.
Au dessin nous trouvons Clay Mann, dont les planches sont fort belles,  soignées et toujours en mouvement. C'est plastiquement assez réaliste et fort agréable à regarder, même si la mise en couleurs paraît froide par endroits, ou tout du moins artificielle. Quand à Butch Guice, que nous avons déjà vu sur la série Captain America par exemple, il offre quelques bonus époustouflants dans son style si caractéristique, et nous replonge dans le passé de Colin, à l'époque où il débutait dans l'espionnage, et où il a commis la malencontreuse erreur de nouer une relation sentimentale avec celle qui était censé le former et le superviser. Des explications fort intéressantes qui reviennent sur les premiers pas d'un héros pas comme les autres, et renforce l'intérêt de ce récit d'espionnage dopé à l'adrénaline pure. Ces quelques pages supplémentaires se nomment les dossiers secrets de Ninjak, et ce sont des compléments de lecture pertinents et édifiants. Sans pour autant être la grande série à recommander en premier pour ceux qui décident de se plonger dans l'univers Valiant, il est évident que la nouvelle mouture de Ninjak a tout pour plaire et que ce premier tome mérite amplement d'être essayé, surtout au prix de 10 €. Vous ne risquez pas de vous sentir lésés, à une époque où les comics d'espionnage et de complots tentaculaires parviennent à trouver un public fourni. Il existe probablement une réelle place pour le personnage sur vos étagères, qui se situe quelque part entre le Gambit originel chez Marvel, Diabolik le célèbre cambrioleur italien, ou même Deathlock chez Dc comics. 



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THE NEW AVENGERS / THE TRANSFORMERS : LE CROSSOVER MARVEL / IDW DE 2007

Revenons quelques années en arrière (2007), juste avant le début de la grande saga "Civil War". Les Vengeurs de l'époque ont enrôlé Spider-man et Wolverine dans leur roster, pour se relancer suite à la tragique conclusion de "Disassembled". Leurs nouvelles aventures sont truculentes, fichtrement bien illustrées, et donne un sacré coup de fouet au titre, confié à Bendis. Mais de cette époque là, tout n'a pas été publié en Vf, preuve en est ce crossover entre les deux compagnies, Marvel et IDW Publishing, qui fait que la route des Avengers et celle des Transformers se croisent. Une aventure quasi irréelle, surfant bien entendu sur la vague alors imminente des films de Michael Bay. Stuart Moore envoie nos super héros en Latvérie pour enquêter sur une structure alien métallique, qui semble au centre d'un conflit entre les deux états voisins de la Latvérie justement, et de la Symkarie. Cette dernière possède l'arme nucléaire, et la première est dirigée d'un gant de fer par Fatalis : imaginez donc les étincelles qui peuvent faire s'embraser l'Europe de l'Est. Mais une fois sur place, rien ne va plus. Les Vengeurs commencent par se prendre la tête entre eux, et la tension monte inexorablement (on découvrira par la suite qu'un mécanisme de Fatalis exacerbe les tensions et l'excès de testostérone) alors qu'ils sont attaqués dès qu'ils pénètrent dans le complexe mystérieux. Cap est touché à la tête (juste ko, par chance...) et Spidey est capturé par la suite par ... Megatron! Car oui, les Vengeurs se retrouvent face à face, à la fin du premier épisode, avec une horde de camions parlants (ce qui ne manque pas de choquer Wolverine), les Transformers d'Omega Prime, et la seule manière intelligente de réagir qu'ils trouvent est de donner l'assaut (car oui, les héros n'ont pas toute leur tête, j'ai déjà expliqué pourquoi). L'occasion de sourire bêtement en voyant Miss Marvel se faire repousser dans son élan par un ... air-bag, qui se révèle être l'arme défensive par excellence face à une héroïne à la puissance pourtant remarquable. Que dire de plus? Pas grand chose... C'est vraiment du comic-book de consommation, réservé exclusivement aux fans hardcore des deux groupes de personnages. Tyler Kirkham n'est pas mauvais aux dessins, mais l'anatomie des héros est souvent trop anguleuse et hormi les premiers plans, ils souffrent d'un manque de caractérisation. Depuis il a beaucoup progressé. Cette mini série est composée de 4 parties, et d'un combat assez bourrin et stérile du début à la fin, tout juste sauvé par l'humour pas toujours très frais de Spidey (qui invite Fatalis à venir jouer à la X-box chez lui, par exemple...). Même si on a vu pire, par le passé, pour ce qui est de ce type de projet purement commercial, New Avengers/Transformers est quand même bien dispensable... Sauf si bien entendu vous ne voyez là qu'une bonne blague potache à se raconter pour se détendre un moment. 


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ALL-NEW WOLVERINE ANNUAL #1 : QUAND LAURA RENCONTRE GWEN

Il est bien loin le temps où Wolverine était un mutant trappu et agressif, qui ressemblait autant à un animal qu'à un homme, et qui luttait continuellement pour réprimer ses instincts les plus bestiaux. On l'a vu devenir directeur d'un institut pour étudiants, bref une sorte de proviseur vieux sage, et puis il est mort. Depuis son remplaçant est en fait une remplaçante, une jeune clone (nom de code X-23), qui a totalement fait changé d'horizon à la série. Là où autrefois nous avions un des titres les plus durs et sans concession de l'univers Marvel, nous avons aujourd'hui un mensuel qui lorgne clairement vers un public plus jeune, voir féminin. Je sais que cela ne plaît pas à tout le monde, et cet annual (premier du nom de la nouvelle mouture) va être l'occasion pour ces derniers de manifester leur mécontentement. Car non seulement c'est Laura, la nouvelle Wolverine, qui occupe le devant de la scène, mais en plus nous avons à ses côtés la Gwen Stacy d'un univers parallèle, celle qui porte le costume si seyant et qui fait d'elle la terrible Spider-Gwen. Les deux adolescentes ont échangé leur corps à leur insu, une autre jeune fille avide de vengeance à mis au point un rayon permettant ce genre de permutation, et aussi bien Gwen que Laura vont devoir s'habituer momentanément à gérer de nouveaux pouvoirs et un nouveau contexte familial ou social. L'une est devenue l'autre. Ce sera l'occasion idéales pour les habituels quiproquos, des bourdes parfois amusantes et une incompréhension générale. Mais globalement toutes les deux vont réussir à unir leurs forces pour remédier à cette situation absurde. Le final est plein de bons sentiments, et le tout est d'une inconséquence complète. Tom Taylor pond ici un scénario sympathique mais qui ne possède aucune profondeur, et ne s'adresse clairement pas au lecteur exigeant qui aime les comics adultes ou fouillés. C'est un annual au ton et au style adolescents, donc qui divisera une bonne partie du lectorat. Le dessin est signé Marcio Takara, qui justement convient bien s'il s'agit de faire quelque chose dans cette veine. Son style est particulièrement efficace sans être caricatural ou expéditif, il parvient à crédibiliser l'ensemble, à condition bien sûr qu'on se laisse prendre au jeu de cette trame superficielle et légère. Il s'agit donc bien d'une parution ancrée dans l'air du temps, le genre de petite respiration sans lendemain, apte à faire venir de nouveaux lecteurs, de les amener à découvrir le personnage, mais qui feront bondir ou rugir d'avantage ceux qui regrettent le bon vieux Logan, et ses méthodes expéditives. Pour dire toute la vérité, je sais bien que je ne suis pas le cœur de cible de cette Wolverinette, mais j'admets me lasser  de ce type de publication où il manque une profondeur, une âme.



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JUSTICE LEAGUE INTERNATIONAL VOLUME 1 : UNE EQUIPE DYSFONCTIONNELLE ET FORT DROLE

Lorsque DC Comics décide de relancer la série Justice League en 1987, il est fait appel à Keith Giffen, un scénariste qui pense en dehors des clous, et qui est habituellement une sorte de joyeux luron qui désacralise la morosité et la responsabilité super-héroïque. Il est appelé en duo avec Jean-Marc De Matteis, spécialiste de l'introspection et de la psychologie tourmentée. Le roster de l'équipe est lui aussi assez étrange; point de gros calibres ou 2 héros au pouvoir incommensurable, voici venir une galerie de personnages habituellement considérés comme des second couteaux, ou bien qui ne sont pas parmi les plus appréciés du lectorat. Certes il y a tout de même Batman en tant que leader de l'équipe, ici dans une version psychorigide, un pince-sans-rire qui s'oppose à merveille à Guy Gardner, à l'époque le nouveau Green Lantern. Celui-ci est une tête brûlée qui agit toujours et réfléchit ensuite, il est misogyne, porté sur l'action et absolument pas sur la réflexion, avec une jolie coiffe en bol, par chance tombée en désuétude. Gardner n'a pas de chance, à l'époque il est vraiment présenté comme un imbécile profond. Heureusement il a depuis quelques peu évolué. Au côté de ce couple baroque, nous avons d'autres héros à la dynamique dysfonctionnelle : Blue Beetle apporte une aide logistique avec son scarabée volant qui sert de quartier général dans les cieux, mais c'est du petit calibre par rapport à ce que comprend habituellement la Justice League. Mister miracle fait partie des heureux élus, mais il est là de passage et doit composer avec sa femme Barda qui ne voit pas d'un bon oeil son éloignement. Black Canary est la caution féminine; vous aurez compris d'emblée que sa force de frappe est relativement limitée, ce qui n'est pas de Captain Marvel, aujourd'hui connu sous le nom de Shazam. Mais il s'agit d'un adolescent de 15 ans enfermé dans un corps de super-héros, et donc en manque cruel d'expérience. Le docteur Fate est de la partie, mais ses pouvoirs mystiques font plus peur qu'autre chose à ses coéquipiers. Il y a aussi le Limier Martien, qui rivalise avec Superman en termes de puissance, mais ce n'est pas un terrien, et il a parfois quelques problèmes pour s'insérer au milieu des autres. Cette formation iconoclaste est récupérée par le multimilliardaire Maxwell Lord, qui voit là l'opportunité de mettre en action certains plans secrets... il force d'ailleurs la porte d'entrée pour l'un de ses poulains, Booster Gold, issu d'un futur prochain, et qui est venu à notre époque pour sa dose d'action super héroïque. Cette nouvelle Justice League va de l'avant cahin-caha, et même si ses premières missions sont des succès, l'ambiance entre les membres oscille entre ironie décapante et tension extrême. Bref, le lecteur s'amuse beaucoup.


Les premiers ennemis se nomment l'Homme Gris, ou encore un groupe de terroristes à l'ONU, et des rescapés d'un autre monde, détruit par le feu nucléaire, et venus sur notre planète pour neutraliser l'intégralité de notre arsenal atomique. La Justice League de Giffen s'en sort toujours, mais sa cohésion et sa crédibilité sont loin de faire l'unanimité. Batman passe son temps à rabrouer tout le monde, alors que Guy Gardner n'a de cesse de nous rappeler que son modèle de penseur, c'est Sylvester Stallone. Kevin Maguire est un excellent choix pour ce titre car il offre une palette expressive de premier ordre pour ce qui est des visages, pour retranscrire ce qui se passe dans la tête de chacun, des sentiments de frustration de Captain Marvel, à la répression chez Gardner, sans oublier un Blue Beetle qui se sait dépassé. L'adjectif "international" ne va venir que plus tard, avec le numéro 7, lorsque les machinations de Lord amènent la formation à obtenir le statut de force d'intervention reconnue par les Nations Unies. Elle peut ainsi ouvrir des ambassades un peu partout dans le monde, à la condition de recruter Captain Atom dans l'équipe, et aussi le super-héros soviétique Rocket Red, qui sert de caution pour les forces communistes. Juste à temps pour se retrouver parti prenante dans le long et vaste crossover Millenium, un événement majeur chez Dc Comics vers la fin des années 80, et qui a été traduit à la serpe chez nous, ce qui explique que cela ne dira pas grand chose à nombre d'entre vous.
Il s'agit d'un gros pavé, avec le prix fixé en conséquence. Il vous faudra débourser 35 euros pour (re)découvrir cette version cocasse et décalée de la Justice League, mais pour peu que vous gardiez un oeil nostalgique et sensible pour les comics d'il y a trente ans, sachez que vous lirez là des épisodes attachants et rythmés, truffé d'un humour qui fait (souvent) mouche, et qui mettent en scène des personnages par trop délaissés (Beetle et Booster Gold, par exemple, sont deux de mes héros mineurs d'adoption, je ne cache pas le plaisir de les revoir ensemble). Sans être un incontournable intemporel, ce titre a tout pour faire passer de bons moments, et vous prouver qu'il existe une autre manière de mettre en scène les plus grands super-héros présumés de la planète.





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D4VE : LA BONNE SURPRISE DU LABEL 619 (ANKAMA)

Aujourd'hui nous allons placer à l'honneur le label 619 chez Ankama, avec en guise de réjouissance un nouveau titre qui a débarqué chez nous en cette fin d'été. Il s'agit de D4ve mini série publié aux États-Unis chez IDW. La couverture tape-à-l'œil fonctionne et le titre est intelligent avec ce 4 qui remplace le A, permettant de susciter l'envie et la curiosité. Et cela tombe bien car l'intérieur est vraiment de très bonne qualité. Nous avons là une histoire de robots qui se sont substitués aux êtres humains. Cela ne s'est passé amicalement mais ils ont tout simplement décidé de tous nous exterminer, et de devenir ainsi les maîtres de la planète et de toute vie dans l'univers. D4ve faisait partie de ces robots soldats qui ont grandement contribué à instaurer ce nouvel ordre, mais depuis le terme des hostilités l'ennui et la routine ont fini par prendre le dessus. C'est là que ce récit est vraiment génial, car à travers une nouvelle race, celle de ces êtres de métal et au circuits imprimés, l'auteur (Ryan Ferrier) nous fait revivre tous les travers, les morosités, les psychoses de nous autres travailleurs du quotidien. Piégé dans la spirale de l'infâme boulot-métro-dodo, D4ve a une famille à charge, et des rêves mis en sourdine. les robots ont adopté le comportement humain, reprenant ce qu'il y a de plus banal dans notre mode de vie. Le quotidien du "héros" devient insupportable, sa femme se détache peu à peu de lui, le fils -qui a été acheté sur internet- est une sorte d'adolescent en crise perpétuelle, casquette vissée sur la tête. Nous avons la un robot complètement enfermé dans une grisaille qui ne correspond pas à son passé, son envie d'action, ses coups d'éclats d'autrefois. On pourrait penser qu'il est bon pour une visite chez le psychiatre, et ranger ses ambitions et ses rêves au placard, mais un beau jour débarque sur notre planète une race extraterrestre, qui ressemble à un croisement génétique Alien et Broods (pour les lecteurs des X-Men). Comme leurs intentions ne sont pas spécialement pacifique, il est bien évident que quelqu'un va devoir réagir et réveiller les consciences : c'est une nouvelle existence qui commence pour D4ve, et même son rejeton métallique finit par devenir un allié précieux, et apporter de la vie et du mouvement, là où autrefois il n'y avait que stagnation ou austérité. Rien de telle qu'une bonne guerre contre des extraterrestres pour s'éclater, lorsque la survie de la Terre et en jeu!



Voici un album qui nous a surpris, dont nous attendions peu, et qui offre beaucoup. Le prétexte des robots est une bonne trouvaille pour parler de nos travers, jouer avec malice sur notre société hyper connecté (références continuelles à notre cyber culture, de Apple à l'Internet), et proposer une énième histoire d'invasion venue d'une autre planète, en remaniant les conséquences et la typologie de résistance. Ryan Ferrier est parvenu à rendre ultra attachant un simple employé de bureau, autrefois bras armé d'une rébellion mortifère, et en plongée évidente vers le burn-out complet. Il insuffle énormément d'humour au récit, qui dans ses deux premiers épisodes flirent avec la perfection. Seule la résolution du conflit est un poil plus faiblarde, mais dans l'ensemble il y a une vraie évolution, et de vraies élans inspirés dans ce D4ve, qui se complait malicieusement à échanger les voyelles par des nombres. Valentin Ramon accompagne l'histoire avec des dessins de très bonne facture, qui allient l'efficacité et la clarté du trait, avec la faculté de nous faire compatir pour ces robots paumés. Ankama et le label 619 tienne là une petite pépite entre les mains, qui plus est imprimée sur un fort agréable papier granuleux qui permet un rendu d'excellente facture des couleurs. Entre les mains, le contenant est à la hauteur du contenu. Bref, si vous désirez oublier l'espace d'une lecture les encapés de Marvel ou Dc, vous avez là une opportunité en or.



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LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS CHEZ HACHETTE : LE FAUCON (Tome 17)

Voici que je viens de noter que la collection Hachette sort des cartons une mini série assez inattendue, mettant en scène un personnage que le cinéma a récemment remis à l'honneur. Je veux parler de Sam Wilson, alias le Faucon, un des amis et alliés les plus fidèles de Captain America. Dans cette histoire vintage (autrefois proposée dans le format récit complet Marvel, chez Lug), Sam ne ressemble pas véritablement à celui que vous avez pu découvrir sur grand écran. Durant le jour, il est assistant social et travaille dans le quartier du Bronx, où il est né et a grandi. Son identité héroïque est connue de tous, et d'ailleurs il est associé au quotidien à un flic de la vieille école, un certain Tork, pour qui le bon sens et l'action valent plus que le règlement du fonctionnaire idéal. Sam est aussi une sorte de "grand frère" pour une bande de jeunes du quartier, composée en majorité d'anciens délinquants sur la voie du rachat. Leurs méthodes se sont assouplies au fil des ans grâce à la médiation de notre héros, mais il suffit de peu pour que les rues ne s'embrasent à nouveau. C'est ainsi que le Faucon est chargé de solliciter l'autorisation d'organiser une marche pacifique dans le Bronx, pour laquelle il s'engage et donne sa parole. Le problème, c'est qu'il est attaqué à l'improviste par une Sentinelle défectueuse, qui était resté enfouie dans un chantier en construction, après un dernier combat contre les X-Men. Toujours en rapport avec les encapés au cinéma, nous retrouvons également Electro dans cette histoire. Le vilain se cache de la police dans le quartier, et quand il aperçoit le Faucon en action, son sang ne fait qu'un tour, persuadé qu'il est d'être épié, traqué. Cette mini série en quatre épisodes a un grand mérite : celui de déplacer le conflit habituel entre le bien et le mal sur le terrain des enjeux sociaux. Sam Wilson n'est pas un héros qui combat des menaces cosmiques ou mutantes, mais un homme bon et droit, qui est engagé dans la réhabilitation de son cadre de vie, et qui souhaite aider les autres, au beau milieu d'une décennie violente et impitoyable, qui voit l'Amérique tendre de plus en plus vers une forme de justice expéditive et implacable, dont les fers de lance peuvent être Charles Bronson ou encore le Punisher. 


Le Faucon n'est rien de tout cela, et c'est par le dialogue, la persuasion, qu'il parvient à aboutir à ses fins. Y compris sauver le président Reagan, enlevé par les loubards du quartier, grâce à l'aide de son ami Steve Rogers. D'ailleurs la scène finale entre Ronnie et les jeunes qui lui exposent leurs problèmes est attendrissante, et un peu too much. Cet album est scénéarisé par Jim Owsley (aujourd'hui connu en tant que Christopher Priest), qui fait donc preuve de sensibilité et de recul sur pas mal de points, et les dessins sont oeuvre de Paul Smith puis Mark Bright, un habitué de la série Iron Man. Trait clair, précis, planches très lisibles et dynamiques, c'est un plaisir pour les yeux sans être bouffi de prétention. En plus c'est très daté eighties, forcément, ce qui est sympathique en période nostalgique. Une petite pépite vintage que je peux relire sans me fatiguer, et qui m'a appris à apprécier un personnage ici bien campé, dans une incarnation intéressante et engagée, et dont les origines sont de surcroît clairement explicitées.
Mais dans ce volume vous avez droit aussi à des épisodes qui datent des années 60! Avec le moment historique où Steve Rogers et le Faucon vont se trouver face à face. Il faut dire que le second cité est au service du terrible Crâne Rouge, qui aime faire joujou avec le cube cosmique, bon moyen de façonner des personnalités et de tendre des pièges inéluctables. C'est à cela que sert dans un premier temps Sam Wilson, qui va par la suite s'émanciper, se racheter, avant de devenir la nouvelle icone américaine, reprenant titre et bouclier de son prédécesseur en tant que Captain America. Stan Lee et Gene Colan sont aux manettes, pour une trilogie restée dans les annales, et régulièrement citée comme un des moments les plus importants de la longue épopée du vengeur étoilé. Un bon numéro que sort Hachette, il n'y a pas à dire.




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LES NEW 52 (DC COMICS) : NOTRE PETIT BILAN / TOP FIVE

Petit jeu ce vendredi : nous allons tenter de trouver cinq points positifs apportés par les New 52 chez DC Comics. Il s'agit bien entendu d'un avis totalement subjectif; vous n'aurez peut-être pas la même opinion. Envie de faire la même sélection? Voici donc ce qui nous a le plus intéressé, interloqué, dans un ordre modifiable. (Non, on parlera pas de Superman, c'est à notre avis un petit désastre...)

Animal Man de Jeff Lemire. Disons le tout de suite, s'il y a bien une série qui m'a plu dès le premier numéro et n'a jamais dérogé à cette règle, c'est celle-ci! Le scénariste n'a rien inventé de nouveau, en grande partie il a opéré la réactualisation du travail de Grant Morrison. Il a néanmoins ajouté une bonne dose de sentiments développés avec finesse, et quelques détails narratifs disparates, qui ont fait de Animal Man un personnage ultra cool. A signaler un crossover avec Swamp Thing de Scott Snyder, qui mérite lui aussi d'être cité dans cette catégorie.

La Cour des Hiboux. Du duo Snyder/Capullo. Oui si vous regardez bien le run complet du scénariste sur Batman vous vous rendez compte qu'avec le temps certaines pistes sont discutables, et une lassitude évidente fini par poindre. Mais je relis toujours avec le même plaisir le début cette Cour des Hiboux, terrifiante et très bien écrite, qui place dans Gotham une nouvelle menace aussi crédible qu'omniprésente. Une excellente saga dans la saga, qui entre dans les classiques modernes du chevalier noir.

Forever Evil. Alors là, j'entends déjà hurler à l'hérésie, et ceux-là n'auront peut-être pas tort, car oui, cet événement n'a rien d'exceptionnel, ce n'est pas quelque chose de qualitativement parfait, mais ce qui m'a plu, c'est le côté cataclysmique, les héros retranchés dans leur derniers extrêmes, le sentiment que cette fois ils ont perdu et que le mal a triomphé. Bref, c'est un travail un peu pompier, comme regarder un bon blockbuster l'été, une bière à la main : aucune chance d'obtenir une palme d'or, mais parfois sur le moment ça Fait diablement plaisir!

Earth 2. Oui j'ai bien aimé cette série, surtout les deux premiers arcs narratifs, car par la suite il y a une baisse évidente. Pourquoi je cite ce titre dans ce top five? Tout simplement parce qu'il est la preuve aujourd'hui qu'il est possible de redéfinir un univers super héroïque, en partant de standards connus de tous, et en le modifiant de manière intelligente et moderne, pour capter l'attention et proposer un produit de qualité. Du Green Lantern gay doté d'un pouvoir extrait d'une source alternative, au Flash recevant du dieu Mercure sa vélocité, nous avons eu des choses agréables, des variantes intelligentes de l'univers DC, avec une trilogie sacrée sur la touche. Et puis Nicola Scott aux dessins, c'est fort joli non?

Aquaman. Franchement vous croyez vraiment que sans le passage de Geoff Johns sur la série, vous auriez eu un jour la chance de voir arriver un long métrage centré sur le personnage, avec Jason Momoa? Aquaman est un peu un loser, le type de héros que peu de gens prennent au sérieux... de ces jugements hâtifs Johns a su tirer son épingle du jeu, pour présenter avec patience et habileté un justicier cool et divisé entre deux cultures, qui gagnent ses galons aux cotés de ses pairs de la Justice League. Et comme il est aidé par les dessins de Ivan Reis, qui sont parmi les plus soignés et spectaculaires des New 52, l'ensemble fonctionne d'emblée. 

Et vous donc, quels seraient vos 5 meilleurs moments "New 52" ?




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ESCAPE TOME 1 : LA GUERRE ANTROPOMORPHE DE REMENDER ET ACUNA

 Avec Escape , Rick Remender ne signe pas simplement un récit de guerre progressiste et bourré de bons sentiments comme bien d'autres. I...