Le scénario, coécrit par Mignola et Thomas Sniegoski, va droit au but. Pas de détour inutile ni de prétention excessive : l’objectif est clair, proposer une aventure rythmée, généreuse et accessible, qui lorgne vers un jeune public novice en Hellboyologie. Et sur ce point, le contrat est rempli. Certes, l’intrigue reste simple, presque scolaire dans son déroulement, mais elle avance avec suffisamment d’énergie pour donner envie de s'enfiler les quatre épisodes. Disons que l’on ne vient pas ici chercher une révolution narrative, mais plutôt un plaisir de lecture immédiat, sans rougir. Graphiquement, Craig Rousseau relève un défi délicat : s’inscrire dans l’héritage visuel de Mignola tout en apportant une identité propre. Son trait reprend les ombres marquées et les silhouettes expressives caractéristiques de la série, mais y injecte une légèreté inhabituelle. Les créatures ont du caractère, l’action est lisible, et l’ensemble dégage une énergie communicative. Oui, c'est réussi, enthousiasmant, et ce n'était pas gagné d'avance ! Cette impression est renforcée par les couleurs de Dave Stewart, qui troque les ambiances sombres habituelles pour une palette étonnamment lumineuse. L’île baigne dans une clarté presque insolente, comme si l’insouciance du jeune Hellboy contaminait littéralement le monde qui l’entoure. Le contraste avec les récits plus sombres de la série principale est frappant, et ça nous change avec plaisir. Vous l'aurez compris, Young Hellboy ne cherche pas à réinventer la roue. L'album préfère raconter une bonne vieille histoire d’aventure, avec ses codes, ses créatures et son sens du spectacle. Une parenthèse légère dans une mythologie souvent plus grave, qui rappelle qu’avant de devenir une icône tragique, Hellboy fut aussi un gamin curieux et très vivace. Vous avez dit lecture sympatoche ?
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